29.10.2008

Le début de la saison NBA…et les Français qui y jouent

parker.jpgSi le fait de jouer en NBA, quand on n’est pas américain, suffisait pour être un grand joueur international, la France serait au minimum la 2è nation du basket.  En effet 10 de ses joueurs opèrent  ou vont opérer dans le plus prestigieux des championnats de la planète. Cela fait beaucoup par  comparaison avec les champions du monde espagnols qui ne sont que 5, nombre identique à celui des champions olympiques argentins en 2004. Au vu de ces chiffres, on pourrait donc en conclure qu’il est impensable que l’Equipe de France ait été absente des derniers Jeux Olympiques,  et qu’elle ne soit pas encore qualifiée pour les Championnats d’Europe qui auront lieu l’année prochaine.

Cela étant, malgré leur nombre imposant, les joueurs français sont tous loin d’être ce que l’on appelle des stars NBA. En fait il n’y en a qu’un seul, Tony Parker, qui a d’ailleurs participé à deux reprises au All-Star Game et qui est le meneur de jeu titulaire d’une des toutes meilleurs franchises, les San Antonio Spurs. Cela lui permis d’avoir déjà remporté 3 titres de champion et d’avoir été MVP des finales. Bref, Tony Parker est une véritable vedette aux Etats-Unis,  où il est considéré comme un des deux ou trois meilleurs meneurs de jeu et ce, bien qu’il soit encore jeune puisqu’il n’a que 26 ans. Derrière lui seuls Boris Diaw, Mickael Pietrus et Joakim Noah, ont de temps en temps leur place dans le cinq majeur. Quant aux autres, ils cirent le banc plus souvent qu’à leur tour ce qui n’est pas le cas, ou ne le sera pas, des joueurs espagnols par exemple.

Plus grave encore, ce n’est pas parce qu’on joue en NBA qu’on est forcément meilleur que ceux qui restent au pays ou qui jouent dans les clubs européens. Un Sciarra par exemple, qui fut le meilleur joueur de la finale des Jeux Olympiques en 2000 quand l’Equipe de France obtint la médaille d’argent, aurait sans aucun doute eu sa place en NBA, comme d’ailleurs Antoine Rigaudeau au temps de sa splendeur bolognaise. Et pourtant ni l’un, ni l’autre n’y ont joué ou fait carrière. En disant cela je pense à l’expérience tardive qu’a faite  Antoine Rigaudeau,  qui fut le meilleur joueur européen dans les années 90,  mais qui n’était plus lui-même quand il a intégré la franchise des Dallas Maverick en 2003 à 32 ans. ¨

Parfois même l’aventure en NBA se termine très mal  quand un joueur n’arrive pas à s’imposer, et dans ce cas le basketteur est obligé de retourner jouer en Europe où on ne l’attend pas nécessairement, ce qui l’oblige parfois à arrêter sa carrière. Avoir comme statistiques une quinzaine de match NBA avec 1 ou 2 points de moyenne et autant de rebonds pour quelques minutes de jeu, n’est pas réellement  valorisant auprès des grands clubs européens. Dans ce cas les joueurs font comme Gelabale ou Moïso, et ils signent là où ils peuvent sans que leur statut d’ancien joueur NBA leur garantisse du temps de jeu.

Voilà pourquoi les jeunes joueurs français devraient faire attention avant de s’embarquer à la légère dans des clubs où la concurrence est féroce, derrière les deux ou trois stars du cinq majeur. Prenons le cas des San Antonio Spurs que tous les amateurs de basket connaissent parce que c’est le club de Tony Parker. Comment un jeune joueur sans expérience et pas encore dégrossi comme Mahinmi peut-il espérer trouver sa place dans un cinq majeur, où évoluent trois des meilleurs joueurs NBA (Parker, Duncan et Ginobili) plus deux bons américains (Finley et Bowen) sans compter l’Argentin Oberto. Tout ce qu’il peut espérer, c’est une blessure d’un joueur majeur qui lui laissera une place éventuelle  dans la rotation. Parfois les jeunes joueurs jouent davantage, comme Noah, mais ils opèrent dans des équipes de seconde zone, ce qui est quand même un bon moyen de se mettre en valeur.

Tout cela nous fait dire que les parquets américains de NBA ne sont pas forcément accueillants pour tout le monde. Au contraire, il s’agit d’un univers impitoyable où seuls les très grands sont assurés de réussir. Et,  comme je l’ai dit précédemment, le basket français n’a que le seul Tony Parker à pouvoir entrer dans la catégorie des très grands joueurs. Voilà pourquoi les techniciens de notre pays ou d’ailleurs ne se bousculent pas pour devenir le coach de l’Equipe de France, malgré ses nombreux joueurs disputant le plus grand championnat au monde,  et ce d’autant plus qu’à part Diaw, Turiaf ou Pietrus, les autres joueurs semblent loin de faire de l’Equipe de France une réelle priorité. Cela est d’autant plus paradoxal que  le seul basketteur pour qui l’équipe nationale est vraiment très, très importante est…Tony Parker, qui pourtant n’a pas besoin d’elle pour ajouter à sa gloire.

Michel Escatafal

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27.10.2008

Les grands clubs n'ont pas d'équipe bis

stade.jpgLe sport de haut niveau aime à se nourrir de polémiques et de cachotteries, parfois même à l’insu des joueurs ou des entraîneurs. Par exemple, toute la semaine dernière,  on a supputé sur la composition de l’équipe du Stade Toulousain qui devait jouer au Stade de France contre le Stade Français. Cela étant, même si les supporteurs des deux camps ont fantasmé là-dessus, même si les journalistes se sont imaginés je ne sais trop quelle ruse de la part de Guy Novès, peut-être celui-ci n’avait-il  tout simplement pas décidé quelle équipe il allait aligner. On allait même jusqu’ à imaginer Kelleher à la fois en Afrique du Sud et au Stade France. Bref, on était en plein dans l’intox alors que tout le monde aurait dû savoir que le Stade Toulousain n’alignerait pas une équipe bis…parce qu’il n’en a pas.

De plus, comment imaginer que le Stade Toulousain allait se priver de très nombreux joueurs cadres, alors que ce match présentait quand même un enjeu relativement important, d’une part parce que 3 ou 4 points de plus au classement sont toujours bons à prendre à cette période de l’année avant les matches internationaux, et d’autre part parce que le Stade Toulousain affrontait la seule équipe qui puisse réellement lui être comparée en France, et peut-être même en Europe. En tout cas au vu de cette rencontre, on sait à coup sûr que dans quelques mois ces deux équipes seront très difficiles à battre en championnat et en Coupe d’Europe. Et pourquoi pas une finale de Coupe d’Europe franco-française ?

En tout cas pour le moment le Stade Toulousain paraît un peu plus fort que son adversaire, comme l’a démontré sa victoire au Stade de France qui, d’après tous les techniciens, ne souffre d’aucune contestation même si la sortie d’Hernandez n’a pas arrangé les affaires des Parisiens. Cela étant, au moment de la sortie du génial Argentin vers la 30è minute, le score était déjà de 20 à 7 pour Toulouse. On pourra aussi dire que Beauxis qui passait tout ou presque depuis le début de la saison a manqué 4 pénalités, alors que de son coté Elissalde réussissait tout. Malgré tout, le Stade Toulousain a marqué deux essais contre un au Stade Français, preuve si besoin en était de la supériorité des Rouges et Noirs.

Pour revenir à la composition de l’équipe toulousaine et à cette idée d’équipe bis, je ne comprends pas que certains puissent affirmer que ne pas aligner au coup d’envoi Pelous, Sowerby, Poux, Perugini ou Médard soit un gros handicap, comme laisser souffler Kelleher qui a fait tout le début de saison en Top 14 et en H Cup. Certes tous ces joueurs sont très importants pour l’équipe, mais je serais tenté de dire…comme beaucoup d’autres. Est-ce qu’une deuxième ligne composée d’Albacete et Millo-Chluski est un réel handicap par rapport à celle formée par Albacete et Pelous ? Et je ne parle pas des diverses charnières que peuvent aligner les Toulousains avec Elissalde- Skrela, Kelleher-Elissalde, Kelleher-Skrela, et bientôt Elissalde-Michalak, Michalak-Skrela etc.

Le Stade Français n’est pas mal non plus, mais il semble quand même qu’il soit un peu moins riche en grosses individualités, même si  des joueurs comme Mauro Bergamasco, Blin, Saubade ou Bousses auraient leur place partout ailleurs ou presque.  Tout ce joli monde ne sera pas de trop quand l’heure des phases finales sera venue, d’autant que malheureusement il faut toujours composer avec les blessures dans le rugby, surtout au niveau physique où l’on évolue dans le rugby professionnel. C’est pour  cela que, même si on peut le regretter, on retrouve chaque année en France les mêmes équipes en demi-finales. Et oui, le mot professionnel  dans les sports collectifs implique des différences au niveau des budgets que la vaillance ne suffit pas à compenser, même si l’argent ne fait pas tout.

Michel Escatafal

 

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24.10.2008

Un Tour de France 2009 qui plaît aux coureurs

tour.jpgPour sa 96è édition, le Tour de France s’est offert un look assez différent de celui des années passées. Sera-t-il plus intéressant ? Je ne le sais pas, même si pour ma part j’ai trouvé que celui de cette année avait été passionnant jusqu’au bout. Certes il n’y a pas eu de grandes envolées comme on les aime, mis à part celles de Ricco qui étaient trop belles pour être vraies, mais il aura fallu attendre l’avant dernier jour pour connaître le vainqueur. Sur le plan du suspens en tout cas l’intérêt était garanti,  et il se pourrait bien que ce soit encore le cas cette année avec cette innovation qui consiste à faire escalader le Ventoux la veille de l’arrivée à Paris.

Ce n’est en effet pas la tradition du Tour de France d’avoir une étape de montagne juste avant l’arrivée, contrairement au Giro où c’est très souvent le cas. Cela étant avec l’arrivée sur les Champs Elysées, il faut nécessairement faire appel « à la technologie » comme le dit  Christian Prudhomme, le directeur du Tour,  si on veut mettre de la haute montagne 24 heures avant l’arrivée à Paris. Est-ce que le Ventoux changera beaucoup de choses ? Je ne sais pas, même si ce col mythique ne laisse personne indifférent avec ses 21 km d’ascension à 7,6% de moyenne. En tout cas si ce jour là un coureur n’est pas bien, il peut perdre facilement 3 ou 4 minutes.

Mais avant cela il y aura 19 étapes et de nombreux cols à franchir, même si paradoxalement je ne trouve pas ce Tour très montagneux malgré ses 7 étapes de montagnes. En effet, pour ceux qui connaissent bien le Tour d’Italie, les cols que le Tour va escalader sont sans commune mesure avec le Passo Giau,  le Passo Fedaia ou la montée à Plan de Corones, mis à part le Tourmalet  bien sûr, et le Ventoux. Pour autant, cela ne signifie pas que le Tour soit facile car la montagne est bien présente partout, ce qui a pour effet d’amoindrir les capacités de ceux qui n’arrivent pas hyper préparés. D’ailleurs, le pur grimpeur qu’est Contador trouve ce Tour de France tout à fait à son goût. Il en est de même pour l’encombrant Armstrong… dont presque tout le monde souhaite qu’il ne prenne pas le départ. Sastre lui-même, le dernier vainqueur, a lui aussi été séduit par le parcours. Bref, ce Tour fait l’unanimité chez les coureurs.

En plus ce Tour de France plutôt innovant sur bien des points ne tourne pas le dos à son passé,  avec des arrivées dans des villes où il fait étape depuis bien longtemps. C’est le cas pour Perpignan qui a accueilli le Tour de France pour la 1è fois en 1910 (vainqueur Paumier), pour Evian ville-étape en 1925 (vainqueur Martin), pour Tarbes en 1933 (vainqueur Aerts), pour Colmar en 1931 (vainqueur Leducq), et pour Annecy en 1939 (vainqueur Van Schendel). Quant au Ventoux, il a été escaladé par le Tour pour la première fois en 1951 et c’est  Lucien Lazarides, 3è du classement général derrière Koblet et Géminiani, qui a eu l’honneur d’y être passé en tête. En écrivant ces noms, je m’aperçois qu’on est en plein dans l’histoire de la Grande Boucle et du vélo.

Il reste bien sûr à souhaiter que cette édition ne soit pas polluée  par des histoires de dopage, même si le fait de lutter efficacement contre ce fléau amène fatalement à démasquer des tricheurs. En disant cela, je ne peux m’empêcher de regretter la décision des chaînes publiques de télévision allemandes de ne plus suivre le Tour… parce qu’il y a trop de coureurs pris aux contrôles. C’est un prétexte que je trouve fallacieux dans la mesure où,  précisément, cela démontre que la chasse aux dopés est bien engagée, même si on peut toujours faire plus et mieux.

Que veulent les chaînes allemandes ? Je ne sais pas exactement,  mais si on ne fait que des contrôles où personne ne se fait prendre, je ne crois pas que ce soit le bon moyen d’apporter sa contribution à la lutte anti dopage. Au contraire les cas positifs détectés par l’AFLD ces derniers jours, avec effet rétroactif, ont redonné au Tour de France une crédibilité qu’il n’avait plus dans les années 90 ou au début des années 2000, époque où personne ne se faisait prendre alors qu’on a su après coup que nombre de coureurs étaient « chargés ». En attendant, la saison à venir va être diablement intéressante avec la confirmation du talent de Contador, la montée en puissance de jeunes tels qu’Andy Schleck ou Kreuziger, et la résistance que vont offrir les valeurs sûres comme Valverde, Cunego, Ballan ou Bonnen, sans oublier les « papys » tels que Sastre, Evans…et Armstrong.

Michel Escatafal

22.10.2008

Dans la boxe, les vétérans se portent bien

ber hopkins.jpgLa boxe a ceci de particulier que malgré sa dureté, comme en témoigne le décès hier d’Aguillon (boxeur mexicain de 24 ans), elle compte et a toujours compté des boxeurs qui sont toujours capables de se maintenir à un haut niveau bien au-delà de 40 ans. Pour ma part je me souviens de l’Américain Archie  Moore, qui était encore champion du monde des poids mi-lourds à plus de 45 ans. Et moi qui démarrait dans le sport (le rugby) je me demandais comment on pouvait être encore performant à 45 ans en boxe, alors que les rugbymen avaient depuis longtemps rangé leurs crampons, mis à part quelques piliers qui faisaient de la résistance en jouant jusqu’à 40 ans.

Même dans le cyclisme,  rares sont  les coureurs poursuivant leur carrière au-delà de 40 ans, et si c’est le cas ils montrent clairement qu’ils sont sur le déclin, à quelques très rares exceptions (Zoetemelk, Poulidor). Cela étant, de nos jours, on voit des nageurs concourir avec des chances de succès au-delà de 30 ans, voire même 40 ans comme l’Américaine Torres qui a été médaillée aux Jeux Olympiques de Pékin. C’est d’ailleurs de cette nageuse que s’est servi Armstrong pour justifier son retour à la compétition avec des ambitions avouées. Malgré tout ces vétérans qui gagnent sont peu nombreux, sauf en boxe.

Le dernier exemple en a été fourni ce week-end avec Bernard Hopkins (photo), dont tout le monde disait qu’il était fini depuis longtemps, et qui a trouvé le moyen de battre son compatriote Pavlik qui pourrait presque être son fils. En effet Bernard Hopkins a 43 ans et Pavlik seulement 26. Mieux encore, c’est la première fois que Pavlik (champion WBC-WBO des moyens) était battu, au point que certains se disaient qu’on avait en lui le successeur chez les moyens des Hearns, Leonard, Duran ou Hagler. En plus son punch semblait dévastateur  puisqu’il a gagné 30 de ses 34 combats par K.O., mais là il est tombé sur un vieux renard des rings qui ne lui a laissé aucune chance, Hopkins ayant  gagné à l’unanimité des trois juges.

Malgré tout, même si Hopkins demeure un grand boxeur, on ne m’empêchera pas de dire que la boxe professionnelle aujourd’hui n’a plus des champions comme il en existait dans les années 50, 60, 70 et même 80. Avec toutes ces fédérations, avec toutes ces titres mondiaux que l’on offre au rabais, un boxeur de 26 ans en pleine force de l’âge peut très bien se faire battre par un vétéran de talent, même si celui-ci n’est plus ce qu’il était. N’oublions pas qu’Hopkins n’est plus détenteur d’un titre mondial, et qu’il avait subi au cours de ses derniers combats plusieurs défaites qui laissaient penser que l’heure du déclin avait sonné. Je pense qu’elle a sonné effectivement, mais il faudrait un grand champion pour le battre ce que n’est sans doute pas (encore ?) Pavlik. Ce dernier comme beaucoup de champions détenteurs d’une ceinture mondiale, est pour le moment un bon boxeur capable de conquérir un titre, mais pas de l’unifier et de le garder au-delà de quelques mois.

Voilà pourquoi de nos jours, il y a si peu de grands boxeurs qui puissent être comparés aux géants du passé. Cependant, à quelque chose malheur est bon, puisque pour la première fois on a deux frères détenant chacun une couronne mondiale chez les poids lourds (WBC et IBF), les frères Klitschko…qui bien évidemment ne se rencontreront pas. En tout cas, aucun des deux frères ukrainiens ne peut être comparé à Marciano, Patterson, Ali, Frazier, Foreman, Holmes ou plus près de nous Tyson ou Holyfield. Tant pis, la multiplication des catégories n’étant pas prête de s’éteindre, cela fera une curiosité supplémentaire pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de ce sport.

Michel Escatafal

10:58 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

17.10.2008

les fratries célèbres du rugby

boniface.jpgcambe.jpgLe rugby est un sport d’équipe et,  à ce titre, il n’est pas rare de voir deux frères opérer dans une même formation. Parfois même cette fratrie aura marqué l’histoire du jeu, même si paradoxalement il y en a assez peu. Il faut déjà que les deux frères opèrent dans le même club, et ensuite il faut qu’ils y aient leur place tous les deux. A cela s’ajoute aussi la possible différence d’âge qui peut empêcher les deux frères d’opérer chacun à leur maximum dans la même équipe. Bref, il faut beaucoup d’ingrédients pour voir deux frères marquer ensemble de leur empreinte une même époque, ce qui explique que le cas ne se soit pas présenté très souvent.

Essayons donc de faire un peu d’histoire et remontons jusque dans les années 50, ce qui a priori laisse assez de place pour instruire la légende. A cette époque la première fratrie qui vient à l’esprit est celle de Jean et Maurice Prat, qui furent deux joueurs très importants de la plus grande équipe de rugby que l’on ait connue avant le passage du rugby au professionnalisme, le F.C. de Lourdes. Les frères Prat ont largement contribué à faire de la cité mariale une ville presque aussi connue pour son équipe de rugby que pour ses pèlerinages.

On a tout dit sur Jean Prat que les Anglais avaient surnommé « Monsieur Rugby ». Il fut 51 fois international, à une époque (les années 40-50) où il y avait beaucoup moins de matches qu’aujourd’hui, mais aussi 6 fois champion de France entre 1948 et 1958. Il savait tout faire sur un terrain et fut un 3è ligne exceptionnel, doublé d’un excellent buteur. C’était aussi un grand capitaine tant en club qu’en Equipe de France. Cela dit, son frère aussi aura marqué l’histoire du jeu. Plus jeune de 5 ans que son ainé, Maurice Prat allait former avec son compère Roger Martine, une des plus belles paires de centres que le rugby français et international ait connues.

Toujours à Lourdes, et à la même époque, il y eut les frères Labazuy qui formèrent entre 1952 et 1958 la charnière lourdaise. Antoine, demi d’ouverture et excellent buteur, fut 7 fois champion de France et international à 11 reprises, et son frère François 5 fois champion de France, mais jamais international…parce qu’il avait été formé chez les juniors treizistes carcassonnais. Il dut d’ailleurs attendre 18 mois sa qualification pour jouer au rugby à 15, ce qui ne l’empêchera pas d’être considéré comme un des tous meilleurs demis de mêlée de son époque. De nos jours, on est beaucoup moins regardant vis-à-vis des anciens treizistes. Au contraire on fait tout pour les attirer. Autres temps, autres mœurs comme dit le proverbe.

Un peu plus tard, dans les années 60, une autre paire de centres va énormément faire parler d’elle, les Boniface (photo). Tout le monde disait à l’époque qu’ils étaient les successeurs de la paire lourdaise Martine-Maurice Prat et c’était vrai, au point qu’on ne disait plus au début des années 60 d’aller à Lourdes si on voulait voir du beau jeu, mais à Mont-de-Marsan. Les deux frères ne se ressemblaient pas physiquement, André étant beaucoup plus grand que Guy. Ils n’avaient pas non plus la même allure, mais il était bien difficile de dire qui était le meilleur des deux. A ce propos, je citerai une phrase d’un ancien journaliste de l’Equipe, Robert Roy, qui avait trouvé la formule en disant : « le meilleur des deux Boniface, c’est celui qui n’a pas le ballon ». Rien n’était plus vrai.

André Boniface aura été 48 fois international, et  champion de France en 1963 avec son frère. Hélas Guy verra s’achever sa carrière prématurément suite à un accident de voiture qui lui coûta la vie un soir de réveillon, le 31 décembre 1967. Un destin cruel avait privé les amateurs de rugby du plaisir de voir évoluer ensemble,  pendant quelques années encore,  cette merveilleuse association de deux frères qui se comprenaient les yeux fermés et qui portaient si haut l’amour du beau jeu. En plus il avait emporté un jeune homme adorable aux yeux de tous ceux qui l’ont connu hors et sur les terrains de jeu.

Puis vint l’époque à la fin des années 60 des frères Camberabero (photo). Leur carrière fut nettement moins marquante que celle des autres fratries, comme en témoignent  leurs 14 sélections espacées entre 1961 et 1968. En fait leur gloire fut d’avoir permis au XV de France d’avoir réussi son premier grand chelem en 1968, grâce aux qualités de botteur de Guy, le demi d’ouverture, bien servi par son frère Lilian, demi de mêlée. Lui aussi d’ailleurs était un excellent buteur, mais c’était Guy qui se chargeait des pénalités. On a beaucoup discuté leur talent à l’époque, notamment parce que Guy était en concurrence en Equipe de France avec Jean Gachassin qui symbolisait la continuité du beau jeu à la lourdaise, depuis son passage de l’aile à l’ouverture. Les « Cambé » comme on les appelait, se sont retirés du rugby international en 1968, mais amenèrent leur club, La Voulte Sportif, au titre de champion de France en 1970. Rien que pour cela, ils méritent de figurer au Panthéon du rugby (La Voulte = 6000 habitants.)

Enfin, je terminerai cette évocation des frères célèbres en parlant des Spanghero, qui furent sans doute la plus belle famille du rugby français. Certes deux seulement ont marqué leur époque même s'ils ne furent jamais champions de France (ah ce drop de Cabrol à la 80è minute lors de la finale contre Béziers en 1974!), Walter qui totalisa 51 sélections entre 1964 et 1973, et qui fut un de nos plus remarquables  2è ligne et 3è ligne centre, et son frère Claude, de 5 ans son cadet,  qui avait peut-être encore plus de talent même s’il ne compte que 22 sélections entre 1971 et 1975. Mais la fratrie se composait aussi des autres frères,  Laurent, Jean-Marie, Guy et Gilbert. Tous firent en outre une brillante carrière hors rugby, qui dans le commerce de la viande ou du cassoulet, qui dans l’élevage de bovins, qui dans la location de voitures etc.

Bien sûr la liste des frères célèbres du rugby n’est pas exhaustive, avec de nos jours la famille Lièvremont qui a donné au rugby français 5 joueurs dont 3 furent internationaux, mais j’ai voulu parler de ceux qui ont le plus marqué l’histoire du rugby national et international. Ils symbolisèrent toutes les richesses de ce sport avec,  pour certains d’entre eux,  ce  fameux « french flair » qui faisait si peur aux Britanniques et aux joueurs de l’hémisphère Sud. Ils ont aussi apporté une contribution décisive au développement de ce sport merveilleux, au point que de nos jours il rivalise avec le football dans certaines contrées européennes, comme la France et les Iles Britanniques. Bref, ils ont rendu  au jeu une partie de ce que celui-ci leur a donné.

Michel Escatafal

08:36 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

14.10.2008

Enfin une bonne nouvelle...

Aujourd’hui je suis très en colère contre de nombreux journalistes qui ont largement outrepassé leurs droits et leurs devoirs d’information. Je pense notamment à ceux de Stade 2, dont je parlais ici même la semaine dernière, qui avaient cité des tas de noms… qui finalement ne figurent pas parmi les coureurs ayant pris de l’EPO CERA. C’est tout bonnement scandaleux de faire jeter l’opprobre sur des coureurs dont les échantillons étudiés confirment qu’ils ne se sont pas dopés.

Pour ma part je ne comprends pas comment les consultants, tous  anciens coureurs,  peuvent laisser les journalistes avec lesquels ils travaillent nourrir des rumeurs infondées en donnant des noms, sans le moindre début de preuve. Et tout ça pour faire dans le sensationnel, et pour montrer qu’on ne parle pas la langue de bois. En tout cas, ils auraient dû tourner  sept fois la langue dans leur bouche, plutôt que proférer de pareilles accusations à un moment où le sport qu’ils sont sensés servir subit des attaques de toute part.

Ils auraient dû au contraire souligner ce que nous sommes nombreux à affirmer, à savoir que le cyclisme fait de gros efforts pour éradiquer le dopage dans le peloton ou sur les pistes. Certes, il y a toujours des gens qui trichent, la preuve, mais si l’on attrape les tricheurs c’est parce qu’on les cherche et parce qu’on cherche ce qu’ils ont pu prendre. L’EPO CERA était, il y a peu encore, totalement indécelable et c’est pour cela que certains n’ont pas pu résister à la tentation. Cela étant, je mets sur le même plan pour ce qui concerne le tort fait au vélo les tricheurs et ceux qui en voient partout.

Voilà ce que j’avais à dire ce soir en apprenant cette nouvelle finalement assez réjouissante, qui montre que sur 180 coureurs ayant pris le départ du Tour de France, il y en a seulement sept à avoir été convaincus de dopage.  Certes c’est encore sept de trop, mais on est loin des chiffres annoncés ça et là. Et j’espère que l’année prochaine, quand le Tour de France sera terminé, nous en aurons aucun à avoir été pris dans les mailles du filet. Cela permettra en outre de confirmer que le peloton est réellement en train de faire sa mue. D’ailleurs, il suffit de voir les écarts qui sont faits dans les grands tours pour s’apercevoir qu’il n’y a quasiment plus d’exploits…stupéfiants.

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13.10.2008

Le Giro s'offre le duel Armstrong-Basso pour son 100è anniversaire

cent--giro.jpg«Je vais enfin pouvoir me rattraper, les gens disent que c'est pour me préparer pour le Tour de France, mais au contraire il se pourrait que je vienne en Italie pour m'imposer et que ce soit ma seule grande course de trois semaines dans l'année.» Voilà ce qu’a dit Lance Armstrong à la Gazzetta dello Sport , et au même moment on apprenait que Contador, qui vient de réussir son triplé historique en remportant les trois grands tours entre 2007 et 2008, restait chez Astana. Finalement les choses semblent s’arranger pour tout le monde en 2009, à commencer par le Tour d’Italie dont on va beaucoup parler pour son centenaire avec le nouveau défi d’Armstrong, le Tour de France parce qu’Armstrong n’y est pas tellement le bienvenu, et Astana parce que dans ces conditions les dirigeants de l’équipe à capitaux kazhakes sont sûrs et certains d’être invités par ASO avec Contador comme leader.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours pensé que l’on irait vers une solution de ce type qui contente tout le monde, et surtout qui permet à Astana de garder Contador. Cela dit, je pensais plutôt que Contador irait au Tour d’Italie qu’il a déjà gagné cette année, et Armstrong au Tour de France dont il semblait avoir de nouveau fait son unique objectif. Mais ces supputations je les ai faites avant le refus d’Armstrong de soumettre de nouveau ses échantillons de 1999 à la recherche d’EPO,  comme le lui avait proposé l’AFLD.  En tout cas, dans le sport en général et le cyclisme en particulier, on arrive toujours à trouver des solutions…pour le plus grand bonheur des organisateurs.

Les Italiens auront droit de nouveau au duel entre Armstrong et Basso, ce qui ferait beaucoup sourciller des gens comme Marc Madiot ou Jean-René Bernaudeau s’ils devaient courir le Tour, alors qu’au Tour de France le duel sera plutôt entre Contador, Andy Schleck, Sastre ou Cadel Evans qui, a priori, ne suscitent  aucunement l’opprobre du milieu du vélo.  Cependant, je prends tous les paris que les Italiens vont s’enthousiasmer pour ce Giro 2009, et Armstrong devra être très, très fort s’il veut s’imposer car les Italiens chez eux sont infiniment plus dangereux qu’au Tour de France ou au Tour d’Espagne. C’est d’ailleurs pour cela que rares ont été les coureurs à avoir fait le doublé Giro-Tour.

Ainsi va le vélo qui reste,  malgré toutes les affaires liées au dopage, un sport extrêmement populaire comme on a pu le constater dimanche à Paris-Tours où il y avait une foule considérable dans chaque ville ou village traversé. Et puis, à force de faire des contrôles, à force de faire la traque à ceux qui se dopent, avec l’argent investi par les équipes, on finira bien par trouver la parade pour déceler les produits interdits. Et dans ce cas, c’est tout le sport qui en tirera le bénéfice comme cela va être le cas pour l’EPO troisième  génération (CERA), que l’on va chercher dans les échantillons de certains participants aux derniers  Jeux Olympiques. En attendant, c’est encore le Tour de France 2008 qui est éclaboussé par ce mal absolu qu’est le dopage, puisqu’on vient d’apprendre ce soir  par l’Equipe que le 3è du classement général et meilleur grimpeur, Kohl,  aurait été contrôlé positif  à l’EPO CERA.

J’espère que c’est le dernier de la série car cela commence à faire beaucoup. Cela étant, comme je l’ai si souvent répété sur ce site, le cyclisme a raison de montrer la voie et s’avère un excellent précurseur pour les autres sports…qui doivent faire le même effort. Alors pour terminer sur une note optimiste  je me dis que l’an prochain, avec la mise au point de ces nouveaux tests, les coureurs feront peut-être un peu plus attention…à moins qu’ils n’aient un temps d’avance qui les protègera encore quelques années. C’est le combat qui continue entre le gendarme et le voleur !

Michel Escatafal

12.10.2008

Un tour d'Ovalie dans le temps

rugby.jpgAprès un week-end de Coupe d’Europe de rugby, on fait inévitablement les comparaisons avec nos amis anglais pour savoir quel est le meilleur rugby de club de l’hémisphère Nord. Disons pour être objectifs que les Anglais sont sûrement plus forts que nous en densité, mais les deux meilleures équipes de cette Coupe d’Europe sont sans doute françaises. Qu’il s’agisse du Stade Toulousain ou du Stade Français, ce serait bien le diable si un des deux clubs n’allait pas en finale et ne gagne pas cette H Cup, comme disent les Britanniques.

Le Stade Français cette année est impressionnant comme en témoigne son début de Top 14, malgré les blessures qui ont affecté son effectif. En tout cas hier ils ont montré qu’ils étaient plus forts que la province de l’Ulster, ce qui est toujours une performance d’autant qu’ils jouaient chez l’adversaire. Quant au Stade Toulousain, même s’ils ont été menacés jusqu’au bout, jamais on a eu l’impression qu’ils allaient perdre ce match contre le leader du championnat anglais. Il faudra de nouveau battre Toulouse pour gagner la Coupe d’Europe.

En revanche les autres clubs français engagés sont loin des deux Stades. La preuve, ils ont été battus par des adversaires que Toulouse et Paris auraient certainement dominés. Même Clermont-Ferrand n’a pas semblé encore cette année à la hauteur de l’évènement. Les Clermontois sont d’ailleurs moins brillants que l’an passé,  comme le prouvent leurs résultats depuis le début du Top 14. Quant à Biarritz, il semble que le temps de leur splendeur soit passé, après avoir réussi à être plusieurs fois champions de France ces dernières années malgré des moyens inférieurs à ceux de Toulouse ou Paris.

Et cela m’amène à dire que le rugby professionnel, comme le football,  est d’abord une affaire de grande ville. Je suis persuadé que d’ici cinq ans au plus tard, le championnat de France (Top 14 pour le moment) sera une compétition où seuls les clubs à gros budget se battront pour les premières places. Le Racing semble vouloir se doter de gros moyens, et apparemment le LOU (Lyon Olympique Universitaire) veut en faire de même, tout comme Bordeaux-Bègles. Ces trois clubs vont d’ailleurs se battre cette année pour la montée  en Top 14.

Cela signifie que le Biarritz Olympique, que l’on peut assimiler à l’AJ Auxerre, aura beaucoup de mal dans l’avenir à conquérir de nouveau le bouclier de Brennus, seul vestige de l’époque où le rugby était amateur. Après tout ce ne sera jamais qu’un retour aux sources, puisque la première finale du championnat de France le 20 mars 1892 avait opposé le Racing Club de France au Stade Français (victoire du Racing 4 à 3). A noter aussi que, un peu comme aujourd’hui, les étrangers étaient présents dans les matches dits interclubs, puisque dans cette première finale le Racing alignait deux anglais et …deux péruviens, alors que le Stade Français comptait trois anglais dans son pack.

En 1899, ce sera la première victoire d’une équipe de province puisque l’USFSA (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques) avait admis de faire disputer la finale du championnat de France par le représentant de la capitale (le Stade Français) et celui des départements (le Stade Bordelais) qui l’emporta par 5 à 3. Le Stade Bordelais qui deviendra très rapidement le SBUC par fusion avec le Bordeaux Université Club va remporter plusieurs fois le titre, généralement contre le Stade Français, jusqu’en 1909 où ce sera le F.C. Lyon qui l’emportera en finale. Enfin en 1912, c’était au tour du Stade Toulousain de remporter son premier titre.

En 1913 changement de décor, car pour la première fois le club d’une petite ville, Bayonne, devient champion de France et ensuite ce sera l’AS Perpignanaise ancêtre de l’USAP qui s’imposera en 1914, puis le Stadoceste Tarbais en 1920. Enfin à partir des années 30 ce sera le rugby des champs qui prendra la relève pour de longues années, avec quelques clubs mythiques qui passeront dans l’histoire comme le SU Agenais, la Section Paloise, le FC Lourdais qui a eu certainement la plus belle équipe de notre rugby, et l’AS Béziers. Tous ces clubs de nos jours n’appartiennent plus au Top 14, et le FC de Lourdes est en Fédérale. Le rugby en se professionnalisant a broyé les petits budgets et s’est de nouveau développé là où il était né dans notre pays. La boucle est bouclée, hélas diront certains nostalgiques.

Michel Escatafal

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11.10.2008

Les grands clubs premières victimes de la crise?

En lisant la presse étrangère ces derniers jours j’ai découvert, ou plutôt j’ai eu confirmation, que les clubs anglais sont extrêmement endettés, à des hauteurs qui feraient frémir n’importe quel analyste financier. Selon les chiffres disponibles, Chelsea, Manchester United et Arsenal ont ensemble un endettement qui représente quasiment 2 milliards d’euros dont 860 millions pour Chelsea,  790 millions pour Manchester et 370 millions pour Arsenal. Cependant il faut noter que dans ces dettes, il y en a une bonne partie qui provient de ce que le ou les actionnaires principaux ont avancé à leur club. Evidemment avec de telles sommes on peut s’offrir des Ronaldo, Drogba ou Ballack, ce que ne peuvent pas faire les clubs allemands ou français qui sont soumis à des règles beaucoup plus strictes en termes de gestion.

Bien entendu les clubs anglais ne sont pas les seuls à vivre très largement au dessus de leurs moyens,  les clubs espagnols et italiens étant pour la plupart dans le même cas. Apparemment, crise financière oblige, cela commence à inquiéter l’UEFA qui par la voix de son secrétaire général, l’Ecossais David Taylor, a prévenu les clubs trop endettés qu’ils pourraient être sanctionnés sévèrement s’ils ne redressaient pas leurs comptes, cette sanction pouvant aller jusqu’à l’interdiction de participer aux compétitions européennes. Si cette menace était mise à exécution, cela arrangerait bien les affaires des clubs français…qui pourraient enfin trouver un successeur à l’Olympique de Marseille et au Paris Saint-Germain, seuls clubs français à avoir remporté une coupe européenne.

Cela étant, personne ne prend cette menace au sérieux dans le monde du football,  d’autant que David Taylor a pris soin de souligner qu’il y aura « des formes de communication, des réprimandes » avant d’en arriver à une exclusion.  De plus, il y aura toujours la possibilité pour les milliardaires principaux actionnaires des clubs de faire des abandons de créances. Bref, ce n’est pas demain la veille que les meilleurs clubs européens seront interdits de compétition européenne, et donc il nous faudra encore attendre un certain temps pour voir nos clubs rivaliser avec les meilleurs, ce qui est quand même une forme d’injustice. 

J’ai en effet en mémoire le fait qu’en mai 2001, le club le plus titré de la planète foot, le Real Madrid, avait vendu sa cité sportive à la municipalité de Madrid pour environ 400 millions d’euros. Cela avait permis au club madrilène d’effacer sa dette de 275 millions d’euros et de récupérer 125 millions d’euros destinés à financer un nouveau centre sportif (42 millions) et surtout à engager Zidane (75 millions). Cela dit, après une victoire en Ligue des Champions en 2002, le Real Madrid n’a plus rien gagné depuis cette époque sur le plan européen, preuve s’il en était qu’aligner ensemble des Zidane, Ronaldo, Figo et Raùl n’est pas une garantie suffisante pour régner sur l’Europe.

Il n’empêche, pouvoir s’offrir aussi facilement deux ou trois des meilleurs joueurs du monde peut quand même contribuer à renforcer une équipe. Si l’Olympique Lyonnais avait ajouté à son effectif de 2005 ou 2006 un ou deux joueurs du calibre de Zidane ou Ronaldo, peut-être que les Lyonnais auraient gagné la Ligue des Champions. On pense notamment à ce quart de finale perdu contre l’AC Milan en 2006, avec une qualification pour les demi-finales acquise jusqu’à la 89è minute.

Toutefois, les clubs anglais pourraient n’avoir pas besoin de l’intervention de l’UEFA pour réduire leur train de vie colossal, car la crise financière va sans doute s’en charger. N’oublions pas que toute l’économie est atteinte par cette crise, et les sponsors ou bailleurs de fonds des grands clubs sont évidemment touchés.  Dans ce cas, il est vraisemblable qu’il y aura pour les investisseurs d’autres priorités que le football, et il est tout aussi vraisemblable que les supporters eux-mêmes soient obligés d’être moins généreux en termes d’achat de maillots ou autres gadgets. De plus, les clubs cotés en bourse ne peuvent guère compter sur le marché pour récolter des fonds. Enfin toujours dans le même ordre d’idées, rien ne dit que le gouvernement britannique acceptera encore longtemps que l’Angleterre continue d’être un véritable paradis fiscal pour les footballeurs, ce qui est aussi le cas pour l’Espagne.

Bref, cela va être compliqué pour ces clubs que l’on nous a tellement donnés  en exemple depuis quelques années. Tout le monde nous vantait le modèle anglais avec ses nombreuses stars, son merchandising, et ce même si ce système a conduit à rendre inopérante l’équipe nationale anglaise qui n’a même pas réussi à se qualifier pour le dernier Championnat d’Europe. Mais après tout comme on avait deux clubs anglais en finale de la Ligue des Champions, les supporters…et les dirigeants étaient contents. Le retour de bâton pourrait être douloureux. Alors pourquoi pas l’Olympique Lyonnais vainqueur de la Ligue des Champions 2009?

Michel Escatafal

09.10.2008

A propos d'une grève...

olgroup.jpgDécidément ceux qui aiment le sport de compétition, et j’en fais partie, sont bien tristes en ce moment entre les affaires de dopage qui pourrissent la vie des amateurs de vélo, la menace de grève des footballeurs français, sans oublier le cirque que devient de plus en plus la Formule 1. En évoquant ces trois sports parmi les plus médiatisés, on s’aperçoit que le sport professionnel est de plus en plus gangréné par l’argent, car bien entendu dans tous ces domaines il y a des questions de fric…au moment où une crise financière est en train de ravager les économies du monde entier.

Du coup, le monde du football et  de l’automobile, notamment la Formule 1, commencent à se faire du souci parce que les commanditaires privés qui sont propriétaires des clubs ou des écuries de F1 sont eux aussi touchés par la crise financière. Le sport a sans doute vécu son âge d’or depuis une vingtaine d’années avec,  entre autres, le gigantisme des Jeux Olympiques voulu par Samaranch et le football présent partout dans  les médias écrits ou télévisés. Mais il semble que cette période soit en passe d’être révolue, comme elle va l’être aussi pour le vélo qui perd ses gros sponsors les uns après les autres.

Pour le cyclisme, outre les problèmes  économiques et contrairement à beaucoup d’autres disciplines, vient se greffer la lutte contre le dopage que certains veulent absolument éradiquer pour redonner à ce sport le goût de l’aventure qu’il avait il y a quelques dizaines d’années, même si le dopage existait déjà à cette époque avec, toutefois, des produits nettement plus légers qu’aujourd’hui. Et évidemment ce n’est pas le retour aux affaires de vieux gladiateurs qui se sont fait prendre les doigts dans l’armoire à pharmacie, qui va permettre cette régénération souhaitée et voulue par tous.

Quant au football ce ne sont pas les affaires  liés au dopage qui lui posent problème, mais plutôt les questions financières.  Ainsi on voit de plus en plus de clubs rachetés par des milliardaires (le sont-ils toujours ?) ou par des sociétés (banques, assurances…) pour qui le football paraissait un bon vecteur d’investissement. Cela bien sûr c’était avant la crise, et c’est pour cela qu’apparaît encore  la marque AIG, que la Réserve Fédérale américaine  vient de sauver de la faillite, sur les maillots de Manchester United. Cela nous fait dire que le football est lui aussi peut-être à un tournant de son évolution,  où il va falloir devenir un peu plus raisonnable à tous les niveaux, y compris sur les émoluments versés aux joueurs et entraîneurs.

Et cela m’amène à parler de la possible grève qui pourrait affecter le championnat de France de Ligue 1 le dernier week-end d’octobre. J’avoue qu’il m’a fallu faire un effort pour me passionner pour cette affaire,  qui a pour origine le projet du président de la Ligue, Frédéric Thiriez, visant à modifier les équilibres au sein de son conseil d’administration… au profit des présidents de clubs.  Cela a provoqué l’ire des syndicats de joueurs et d’entraîneurs, qui pensent qu’avec ce nouveau rapport de force  en faveur des présidents, ceux-ci pourront gouverner à leur guise le football professionnel.

Pour ma part je pensais que c’était déjà le cas. Apparemment ce n’était pas vrai, même si je maintiens  que le syndicat des joueurs (l’UNFP) s’attribue des prérogatives qu’il n’avait pas. On me dit que désormais les présidents de club vont pouvoir faire appel à des entraîneurs non diplômés, qu’ils pourront décider du nombre de joueurs appartenant à l’effectif professionnel,  bref qu’ils pourront faire tout ce qu’ils voudront. Tout cela est assez risible, parce que quand un président de club veut virer son entraîneur pour le remplacer par un autre sans diplôme, et bien il le fait couvrir par un autre entraîneur diplômé. Quant à l’effectif, il me semble qu'au football les décideurs sont les payeurs.

Bien entendu je ne suis pas là pour défendre les présidents de club qui, pour beaucoup, ne voient pas  leur fonction comme un sacerdoce, mais plutôt comme un moyen de pouvoir ou de notoriété, ou les deux à la fois. On n’est plus à l’époque d’Henri Germain qui fut longtemps le mécène désintéressé du grand Stade de Reims de Kopa, Fontaine, Piantoni etc. Cela conduit les dirigeants d’aujourd’hui à faire beaucoup d’erreurs, comme demander la possibilité d’introduire en bourse des clubs. Combien vaut aujourd’hui l’action de l’Olympique Lyonnais (OL Group)? Mieux vaut ne pas insister. De plus, est-ce bien raisonnable de la part des dirigeants du football de demander des allègements fiscaux pour des joueurs qui touchent un, deux, trois ou quatre millions d’euros par an, ce qui est le lot de nombre de  joueurs de Ligue 1 (salaire moyen mensuel d’après l’UNFP 47000 euros)?

C’est pour cela que cette grève apparaît surréaliste aux yeux du public. Elle l’est d’autant plus, que dans de nombreux clubs les joueurs ne savent pas quel est le motif de cette grève. En tout cas cela semblait être le cas pour Gourcuff, le nouveau meneur de jeu des Girondins et de l’Equipe de France. Ensuite, sachant les sommes que touchent les joueurs, les supporters risquent de se mettre en colère car eux souvent ne gagnent que le SMIC,  et pour avoir droit à un abonnement à l’année c’est un mois de salaire qui est nécessaire.  Au total dans cette affaire, pour moi tout le monde a tort et dans le contexte économique actuel, cela paraît indécent. On est quand même loin de l’époque où Raymond Kopa (au début des années 60) menait le combat des joueurs pour le « contrat à temps », alors qu’auparavant  ils étaient liés à leur club pour la durée de leur vie professionnelle.

Michel Escatafal

13:03 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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