29.10.2008

Le début de la saison NBA…et les Français qui y jouent

parker.jpgSi le fait de jouer en NBA, quand on n’est pas américain, suffisait pour être un grand joueur international, la France serait au minimum la 2è nation du basket.  En effet 10 de ses joueurs opèrent  ou vont opérer dans le plus prestigieux des championnats de la planète. Cela fait beaucoup par  comparaison avec les champions du monde espagnols qui ne sont que 5, nombre identique à celui des champions olympiques argentins en 2004. Au vu de ces chiffres, on pourrait donc en conclure qu’il est impensable que l’Equipe de France ait été absente des derniers Jeux Olympiques,  et qu’elle ne soit pas encore qualifiée pour les Championnats d’Europe qui auront lieu l’année prochaine.

Cela étant, malgré leur nombre imposant, les joueurs français sont tous loin d’être ce que l’on appelle des stars NBA. En fait il n’y en a qu’un seul, Tony Parker, qui a d’ailleurs participé à deux reprises au All-Star Game et qui est le meneur de jeu titulaire d’une des toutes meilleurs franchises, les San Antonio Spurs. Cela lui permis d’avoir déjà remporté 3 titres de champion et d’avoir été MVP des finales. Bref, Tony Parker est une véritable vedette aux Etats-Unis,  où il est considéré comme un des deux ou trois meilleurs meneurs de jeu et ce, bien qu’il soit encore jeune puisqu’il n’a que 26 ans. Derrière lui seuls Boris Diaw, Mickael Pietrus et Joakim Noah, ont de temps en temps leur place dans le cinq majeur. Quant aux autres, ils cirent le banc plus souvent qu’à leur tour ce qui n’est pas le cas, ou ne le sera pas, des joueurs espagnols par exemple.

Plus grave encore, ce n’est pas parce qu’on joue en NBA qu’on est forcément meilleur que ceux qui restent au pays ou qui jouent dans les clubs européens. Un Sciarra par exemple, qui fut le meilleur joueur de la finale des Jeux Olympiques en 2000 quand l’Equipe de France obtint la médaille d’argent, aurait sans aucun doute eu sa place en NBA, comme d’ailleurs Antoine Rigaudeau au temps de sa splendeur bolognaise. Et pourtant ni l’un, ni l’autre n’y ont joué ou fait carrière. En disant cela je pense à l’expérience tardive qu’a faite  Antoine Rigaudeau,  qui fut le meilleur joueur européen dans les années 90,  mais qui n’était plus lui-même quand il a intégré la franchise des Dallas Maverick en 2003 à 32 ans. ¨

Parfois même l’aventure en NBA se termine très mal  quand un joueur n’arrive pas à s’imposer, et dans ce cas le basketteur est obligé de retourner jouer en Europe où on ne l’attend pas nécessairement, ce qui l’oblige parfois à arrêter sa carrière. Avoir comme statistiques une quinzaine de match NBA avec 1 ou 2 points de moyenne et autant de rebonds pour quelques minutes de jeu, n’est pas réellement  valorisant auprès des grands clubs européens. Dans ce cas les joueurs font comme Gelabale ou Moïso, et ils signent là où ils peuvent sans que leur statut d’ancien joueur NBA leur garantisse du temps de jeu.

Voilà pourquoi les jeunes joueurs français devraient faire attention avant de s’embarquer à la légère dans des clubs où la concurrence est féroce, derrière les deux ou trois stars du cinq majeur. Prenons le cas des San Antonio Spurs que tous les amateurs de basket connaissent parce que c’est le club de Tony Parker. Comment un jeune joueur sans expérience et pas encore dégrossi comme Mahinmi peut-il espérer trouver sa place dans un cinq majeur, où évoluent trois des meilleurs joueurs NBA (Parker, Duncan et Ginobili) plus deux bons américains (Finley et Bowen) sans compter l’Argentin Oberto. Tout ce qu’il peut espérer, c’est une blessure d’un joueur majeur qui lui laissera une place éventuelle  dans la rotation. Parfois les jeunes joueurs jouent davantage, comme Noah, mais ils opèrent dans des équipes de seconde zone, ce qui est quand même un bon moyen de se mettre en valeur.

Tout cela nous fait dire que les parquets américains de NBA ne sont pas forcément accueillants pour tout le monde. Au contraire, il s’agit d’un univers impitoyable où seuls les très grands sont assurés de réussir. Et,  comme je l’ai dit précédemment, le basket français n’a que le seul Tony Parker à pouvoir entrer dans la catégorie des très grands joueurs. Voilà pourquoi les techniciens de notre pays ou d’ailleurs ne se bousculent pas pour devenir le coach de l’Equipe de France, malgré ses nombreux joueurs disputant le plus grand championnat au monde,  et ce d’autant plus qu’à part Diaw, Turiaf ou Pietrus, les autres joueurs semblent loin de faire de l’Equipe de France une réelle priorité. Cela est d’autant plus paradoxal que  le seul basketteur pour qui l’équipe nationale est vraiment très, très importante est…Tony Parker, qui pourtant n’a pas besoin d’elle pour ajouter à sa gloire.

Michel Escatafal

08:17 Publié dans basket | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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