24.10.2008
Un Tour de France 2009 qui plaît aux coureurs
Pour sa 96è édition, le Tour de France s’est offert un look assez différent de celui des années passées. Sera-t-il plus intéressant ? Je ne le sais pas, même si pour ma part j’ai trouvé que celui de cette année avait été passionnant jusqu’au bout. Certes il n’y a pas eu de grandes envolées comme on les aime, mis à part celles de Ricco qui étaient trop belles pour être vraies, mais il aura fallu attendre l’avant dernier jour pour connaître le vainqueur. Sur le plan du suspens en tout cas l’intérêt était garanti, et il se pourrait bien que ce soit encore le cas cette année avec cette innovation qui consiste à faire escalader le Ventoux la veille de l’arrivée à Paris.
Ce n’est en effet pas la tradition du Tour de France d’avoir une étape de montagne juste avant l’arrivée, contrairement au Giro où c’est très souvent le cas. Cela étant avec l’arrivée sur les Champs Elysées, il faut nécessairement faire appel « à la technologie » comme le dit Christian Prudhomme, le directeur du Tour, si on veut mettre de la haute montagne 24 heures avant l’arrivée à Paris. Est-ce que le Ventoux changera beaucoup de choses ? Je ne sais pas, même si ce col mythique ne laisse personne indifférent avec ses 21 km d’ascension à 7,6% de moyenne. En tout cas si ce jour là un coureur n’est pas bien, il peut perdre facilement 3 ou 4 minutes.
Mais avant cela il y aura 19 étapes et de nombreux cols à franchir, même si paradoxalement je ne trouve pas ce Tour très montagneux malgré ses 7 étapes de montagnes. En effet, pour ceux qui connaissent bien le Tour d’Italie, les cols que le Tour va escalader sont sans commune mesure avec le Passo Giau, le Passo Fedaia ou la montée à Plan de Corones, mis à part le Tourmalet bien sûr, et le Ventoux. Pour autant, cela ne signifie pas que le Tour soit facile car la montagne est bien présente partout, ce qui a pour effet d’amoindrir les capacités de ceux qui n’arrivent pas hyper préparés. D’ailleurs, le pur grimpeur qu’est Contador trouve ce Tour de France tout à fait à son goût. Il en est de même pour l’encombrant Armstrong… dont presque tout le monde souhaite qu’il ne prenne pas le départ. Sastre lui-même, le dernier vainqueur, a lui aussi été séduit par le parcours. Bref, ce Tour fait l’unanimité chez les coureurs.
En plus ce Tour de France plutôt innovant sur bien des points ne tourne pas le dos à son passé, avec des arrivées dans des villes où il fait étape depuis bien longtemps. C’est le cas pour Perpignan qui a accueilli le Tour de France pour la 1è fois en 1910 (vainqueur Paumier), pour Evian ville-étape en 1925 (vainqueur Martin), pour Tarbes en 1933 (vainqueur Aerts), pour Colmar en 1931 (vainqueur Leducq), et pour Annecy en 1939 (vainqueur Van Schendel). Quant au Ventoux, il a été escaladé par le Tour pour la première fois en 1951 et c’est Lucien Lazarides, 3è du classement général derrière Koblet et Géminiani, qui a eu l’honneur d’y être passé en tête. En écrivant ces noms, je m’aperçois qu’on est en plein dans l’histoire de la Grande Boucle et du vélo.
Il reste bien sûr à souhaiter que cette édition ne soit pas polluée par des histoires de dopage, même si le fait de lutter efficacement contre ce fléau amène fatalement à démasquer des tricheurs. En disant cela, je ne peux m’empêcher de regretter la décision des chaînes publiques de télévision allemandes de ne plus suivre le Tour… parce qu’il y a trop de coureurs pris aux contrôles. C’est un prétexte que je trouve fallacieux dans la mesure où, précisément, cela démontre que la chasse aux dopés est bien engagée, même si on peut toujours faire plus et mieux.
Que veulent les chaînes allemandes ? Je ne sais pas exactement, mais si on ne fait que des contrôles où personne ne se fait prendre, je ne crois pas que ce soit le bon moyen d’apporter sa contribution à la lutte anti dopage. Au contraire les cas positifs détectés par l’AFLD ces derniers jours, avec effet rétroactif, ont redonné au Tour de France une crédibilité qu’il n’avait plus dans les années 90 ou au début des années 2000, époque où personne ne se faisait prendre alors qu’on a su après coup que nombre de coureurs étaient « chargés ». En attendant, la saison à venir va être diablement intéressante avec la confirmation du talent de Contador, la montée en puissance de jeunes tels qu’Andy Schleck ou Kreuziger, et la résistance que vont offrir les valeurs sûres comme Valverde, Cunego, Ballan ou Bonnen, sans oublier les « papys » tels que Sastre, Evans…et Armstrong.
Michel Escatafal
12:21 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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