05.09.2008
Le sport au féminin
Le sport féminin en France est, qu’on le veuille ou non, moins bien perçu dans notre pays que chez la plupart de nos voisins. Et ce phénomène semble s’accentuer, au point que l’on finit par le retrouver au niveau des résultats. J’ai toujours pensé pour ma part que l’on ne devait pas faire de différence entre les sportifs des deux sexes. Une victoire en finale olympique sur 100m a pour moi la même valeur, qu’elle soit remportée par un homme ou par une femme. Cela étant, je ne vais pas raconter d’histoires pour autant, et nier que certains sports me passionnent uniquement à travers les hommes.
Il est clair que je ne m’intéresse guère à la boxe féminine, alors que je suis passionné par la boxe masculine. Le rugby et le football féminin sont loin de me procurer les mêmes joies ou peines que leurs homologues masculins. Et pour être tout à fait honnête, je n’arrive pas à regarder avec la même avidité une course cycliste avec des coureurs ou des coureuses, sauf pour la piste. C’est peut-être injuste, mais c’est comme cela. En revanche pour tous les autres sports, du moins ceux que j’aime ou que j’apprécie, c’est pour moi du pareil au même qu’il s’agisse des hommes ou des femmes.
Je vais donc en profiter pour vous parler de quelques femmes qui ont marqué ma vie…de passionné de sport. La première d’entre elles s’appelle Cathy Capdevielle, dont le principal fait d’armes fut de finir 5è de la finale du 100 m à Rome en 1960, ce qui était une magnifique performance. Si je me souviens aussi bien d’elle, c’est parce qu’à l’époque le but de ceux qui comme moi faisaient du sprint était de courir un jour au moins aussi vite que Cathy Capdevielle. Certes je n’avais que 14 ans en 1960, mais le temps qu’elle avait réalisé en finale olympique (11s5/10) paraissait assez inaccessible.
Toujours en athlétisme, j’avais une profonde admiration pour Maryvonne Dupureur qui avait à peu près le même âge que Cathy Capdevielle, et qui remporta la médaille d’argent du 800 m aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Même si je n’avais pas tout à fait les mêmes sentiments pour elle car elle faisait le 800 m, je l’admirais beaucoup…parce que c’était la meilleure. Sa médaille d’argent était une déception car elle aurait dû avoir l’or. J’étais triste quand j’ai appris en début d’année qu’elle avait le rejoint le paradis des athlètes.
Ensuite ce fut la période dorée du 400m féminin en France, avec le titre olympique de Colette Besson (photo) sur 400m à Mexico en 1968. Quelle fantastique ligne droite, et ensuite combien fut émouvante notre championne en larmes sur le podium. Et l’année suivante aux championnats d’Europe, la France remporta les deux premières places avec Nicole Duclos juste devant Colette Besson, avec à la clé le record du monde. Je me disais qu’il n’y a que l’athlétisme pour nous offrir de pareilles joies. Hélas, bien que jeune encore (59 ans), Colette Besson perdit son ultime combat il y a un peu plus de trois ans. Mais le souvenir de sa victoire à Mexico restera pour l’éternité, comme le panache dont elle faisait preuve à chacune de ses courses.
Plus tard, c’est une jeune fille de 18-20 ans qui m’a beaucoup impressionné, mais cette fois c’est de tennis dont je vais parler. Cathy Tanvier a été le premier grand espoir du tennis français au milieu des années 80, et pour tout le monde elle devait succéder à Françoise Durr qui avait gagné Roland-Garros en 1967. On l’appelait « la borguette » car elle jouait un peu comme Borg. Cela étant, elle eut moins de succès que l'ancien numéro 1 mondial, car son palmarès se limite à 10 titres dont 9 en double, et surtout ne sut pas négocier son après-carrière au point d’être devenue tributaire des minima sociaux. J’espère que les deux livres qu’elle a écrit lui ont permis de « se refaire un peu » car c’est toujours triste de voir des gens qui ont gagné tellement d’argent se retrouver presque à la rue.
Bien sûr, il m’est impossible de ne pas évoquer Jeannie Longo et sa fantastique carrière (13 titres de championne du monde et un titre olympique). Je ne dis pas cela pour me rattraper, mais c’est elle qui m’a vraiment fait apprécier le niveau du cyclisme féminin, à une époque où je savais un peu pédaler. Avec deux copains, peu avant la venue du Tour à Millau en 1987, nous avons effectué (à fond) la montée du Cade, bien connue des Millavois, en 27 mn environ. Lors de l’étape du Tour de France féminin cette même année, ces dames ont mis entre 20 et 25 mn avec une centaine de km dans les jambes. C’est une ascension qui doit faire du pont sur le Tarn au sommet, environ 7,5 km à 6, 3% de moyenne.
Enfin, je ne voudrais pas terminer mon propos sans citer quelques autres grandes sportives qui méritent, elles aussi, d’entrer au Panthéon du sport français. Parmi elles, il y a Michèle Mouton qui remporta 4 rallyes du championnat du monde, Laura Flessel qui a apporté à la France beaucoup de médailles mondiales ou olympiques en escrime, tout comme Félicia Ballanger en cyclisme sur piste, sans oublier Laure Manaudou en natation qu’on a tendance à beaucoup critiquer aujourd’hui alors qu’il y a peu encore elle était adorée, mais aussi nos tenniswomen Mary Pierce et Amélie Mauresmo (2 titres chacune en grand chelem), sans oublier Christine Arron et Murielle Hurtis qui ont permis au 4X100m français de remporter le titre mondial en 2003. Cela étant, pour moi, la plus grande sportive française reste à ce jour Marie-Jo Pérec.
Michel Escatafal
16:26 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport

Commentaires
C'est bien ce que je pensais vous n'aimez pas vraiment le cyclisme féminin, même si vous reconnaissez que ces dames battraient beaucoup d'hommes, en dehors des pros.
Ecrit par : Ophélie | 06.09.2008
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