03.09.2008
Il ne faut jamais lâcher la proie pour l'ombre
Il y a des rumeurs de plus en plus inquiétantes en ce moment sur le maintien ou non de Sébastien Bourdais chez Toro Rosso. Pour ne rien vous cacher, je suis de ceux qui pensent que son sort est déjà scellé depuis un certain temps. J’espère me tromper, mais je ne me fais pas d’illusion ce qui fait dire à certains avec juste raison que, compte tenu de son âge, il eut été souhaitable qu’il ne fît pas cette expérience dans une petite écurie.
En effet, comme je l’ai écrit ici même il y a quelques temps, il est extrêmement difficile pour un pilote, fut-il de grand talent, de s’imposer dans une petite structure surtout si les capitaux sont de nationalité différente de celle du pilote. J’aurais parié, hélas, dès l’apparition de la nouvelle voiture que celle-ci était d’abord destinée à servir le talent de Vettel. Et c’est ce qui s’est passé avec les résultats que l’on connaît. C’est frustrant, et ça l’est d’autant plus qu’en début d’année, avec l’ancienne voiture, Sébastien Bourdais faisait jeu égal avec Vettel tant en qualification qu’en course.
Loin de moi l’idée de nier l’évidence, à savoir que Vettel est sans doute un jeune pilote très prometteur, mais de là à en faire un nouveau Schumacher et à parler à son propos d’extra-terrestre, il y a un pas que l’on ne peut pas franchir. Il suffit de comparer ses résultats avec ceux de son équipier de l’an passé Liuzzi, pour s’apercevoir qu’il a été devancé à plusieurs reprises par ce dernier, comme il l’avait été par Bourdais en début d’année. Je ne connais pas de coéquipier qui ait devancé, même de temps en temps Schumacher, sauf peut-être tout à fait en fin de carrière, mais son coéquipier s’appelait…Felipe Massa, actuel deuxième du championnat du monde.
En fait Bourdais a eu tort je pense de ne pas faire ce qu’avait fait avant lui quelques prestigieux champions de formule américaine, à savoir continuer à courir en Amérique (Al et Bobby Unser, Rutherford, Foyt etc.) d’autant qu’avec ses 4 victoires en championnat Champcar son statut était assuré, ou faire de la formule 1 (Andretti, Villeneuve, Montoya) à la seule condition d’être assuré d’intégrer une écurie de pointe ou ayant les moyens de le devenir. Sa passion, pour ne pas dire son obsession de la Formule 1, a été plus forte au point qu’il ait accepté de repartir de zéro comme un jeune pilote, qu’il n’est plus.
Le résultat en termes d’image est beaucoup plus catastrophique qu’on ne pourrait l’imaginer. En effet, même en considérant Vettel comme un pilote du calibre de Prost, Senna ou Schumacher, ce qui demande confirmation, Bourdais n’est quand même pas à des années lumières de son équipier. Mais de cela personne ne parle, car ses patrons ont déjà choisi comme en témoignent les essais que vont ou qu’ont réalisés le jeune suisse Buemi, Bruno Senna le neveu d’Ayrton ou Takuma Sato. Alors quand Berger fait semblant de laisser croire que la décision n’est pas prise pour Bourdais, il se moque de nous. Et pourtant, il y avait quand même davantage d’écart entre Ayrton Senna et lui à l’époque où ils étaient ensemble chez Mac Laren, qu’entre Vettel et Bourdais, surtout si on prend en compte le début de saison.
Pour ma part, mon souhait est que Bourdais ne soit pas conservé dans une écurie dans laquelle il rencontrera toujours les mêmes problèmes. S’il garde son volant et qu’il soit devant Buemi ou Bruno Senna par exemple, on dira que c’est normal, mais gare à lui à la première erreur ou s’il venait à être devancé ne serait-ce qu’une ou deux fois. Alors, en tant que supporteur, je souhaite qu’il retrouve au plus vite l’Indy Car où, j’en suis certain, toutes les portes restent ouvertes. Après tout, les 500 miles d’Indianapolis ont le même prestige dans le monde que les grands prix de Formule 1 les plus huppés.
Alors bonne chance à Sébastien Bourdais, et surtout qu’il fasse le bon choix, même si le risque est grand de voir la France, grande nation du sport automobile, se retrouver de nouveau absente des grands prix de Formule 1. Et dire qu’il y a 25 ans (en 1983), il y avait pas moins de 5 pilotes français sur la grille de départ (Prost, Laffite, Arnoux, Tambay, Jarier). Il est vrai qu’à l’époque la valeur marketing avait moins d’importance, qu’il y avait deux écuries françaises, et que la filière Elf fonctionnait à plein. Aujourd’hui, la filière Elf n’existe plus depuis longtemps, et il est difficile de considérer Renault comme une véritable équipe française.
Michel Escatafal
15:07 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport

Commentaires
Je crois meme qu'il y en avait six pilotes en 83 dans quelques grands prix.
Ecrit par : le fan des fans | 03.09.2008
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