29.08.2008

Contador pour l'histoire

vuelta.jpgDemain samedi, nous allons entamer le dernier volet de la saison cycliste avec le début du Tour d’Espagne, la Vuelta comme disent les Espagnols. Le Tour d’Espagne est le troisième dans la hiérarchie des grands tours, à distance respectable toutefois du Tour d’Italie et du Tour de France. Pourtant il a beaucoup gagné en qualité de participation depuis son déplacement du calendrier (en 1995) d’avril à septembre.

Du coup, son palmarès s’est étoffé de quelques grands vainqueurs, ce qui lui manquait cruellement dans les années 50. Ainsi on ne trouve trace nulle part au palmarès de l’épreuve, dont la première édition eut lieu en 1935, des grands coureurs de la fin des années 40 et de la décennie 50,  Bartali, Coppi, Koblet, Kubler, Bobet, pour ne citer que les plus prestigieux.

En fait le premier très grand champion à avoir inscrit son nom au palmarès de la Vuelta est Jacques Anquetil, en 1963. Cinq ans plus tard, en 1968, ce sera le tour de Felice Gimondi, puis en 1973 celui d’Eddy Merckx. Enfin en 1978 et 1983, Bernard Hinault les rejoindra dans le club très fermé des vainqueurs des trois grands tours.

En poursuivant sur l’histoire de l’épreuve, nous dirons qu’elle a beaucoup souri aux espagnols, puisqu’en 62 éditions ils en ont gagné 27. Les Français aussi ont bien tiré leur épingle du jeu avec 9 victoires, certains d’entre eux ayant gagné à cette occasion  leurs galons internationaux, notamment Jean Dotto en 1955 et Eric Caritoux en 1984. En revanche les autres vainqueurs français, outre Anquetil et Hinault, ont complété un palmarès déjà très fourni, comme Stablinski (1958) qui fut champion du monde en 1962, Raymond Poulidor (1964) que l’on ne présente pas, Roger Pingeon (1969) qui remporta le Tour de France en 1967, sans oublier Laurent Jalabert (1995) qui a été le dernier en date des grands coureurs français.

Le recordman des victoires (au nombre de 3) s’appelle Tony Rominger, vainqueur en 1992, 1993 et 1994. Ce coureur suisse de grand talent peut être considéré comme un des champions de sa génération, juste derrière… Miguel Indurain (vainqueur de 5 Tours de France et 2 Tours d’Italie), lequel n’a jamais remporté son tour national, alors que tant d’autres coureurs espagnols au talent infiniment moindre, ont remporté une ou deux fois l’épreuve. En revanche, les autres grands champions espagnols ont presque tous gagné au moins une fois la Vuelta, qu’il s’agisse de Luis Ocana (1970), J.M. Fuente (1972 et 1974) ou Pedro Delgado en 1985 et 1989, mais pas Federico Bahamontes, ni Carlos Sastre, le dernier vainqueur du Tour de France.

Il aura la possibilité de se rattraper cette année, même s’il n’en sera pas le favori, ce rôle étant dévolu à Alberto Contador. Le nouveau crack du cyclisme mondial, du moins pour les courses à étapes, a remporté en 2007 le Tour de France, et au printemps 2008 le Tour d’Italie malgré une invitation au tout dernier moment. Raison de plus pour penser que, bien préparé comme cela semble être le cas, il sera imbattable malgré la présence au départ de l’épreuve, outre Carlos Sastre, d’excellents coureurs comme Valverde, Cunego, Kloden et Leipheimer, ces deux derniers appartenant à la même équipe que Contador (Astana).

Espérons quand même pour l’intérêt de l’épreuve que celle-ci ne soit pas jouée à la sortie des Pyrénées (dès la 9è étape) ou à l’Alto de l’Angliru dans les Asturies, une montée terrible qui sera le terminus de la 13è étape. Cela étant avec six étapes de montagne, plus un contre-la-montre en côte l’avant-dernier jour, les organisateurs ont taillé un parcours sur mesure à Contador, d’autant qu’il est également un excellent rouleur, comme en témoigne sa 4è place dans la course contre le chronomètre aux derniers Jeux Olympiques.

Un dernier mot enfin, pour espérer que les bonnes dispositions montrées par les coureurs français lors du dernier Tour de France se confirmeront, et que Sandy Casar ou Moncoutié, par exemple, puissent se glisser dans le top 10 du classement général. Si à cela s’ajoutait une ou deux victoires d’étapes, la fête serait presque complète.

Michel Escatafal

Commentaires

Je sais que vous aimez bien Contador mais ce n'est pas Hinaut. Pourquoi ne jamais parler du cyclisme féminin? J'espère que vous y penserez. Merci

Ecrit par : Ophélie | 02.09.2008

contador est le meilleur

Ecrit par : alassane | 09.09.2008

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