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29.06.2008

Le 17è titre de champion de France du Stade Toulousain

stade tou.jpgEvidemment ce matin je vais parler de la magnifique finale du championnat de France de rugby que nous avons vue hier soir. Il est vrai que nous étions gâtés, puisqu’elle opposait les deux meilleures équipes sur l’ensemble de la saison, qui plus est deux formations qui généralement proposent beaucoup de jeu. Bref, tout était réuni pour que nous passions une belle soirée, qui au Stade de France, qui devant son poste de télévision, qui  devant les écrans géants installés dans les deux villes des clubs finalistes. Enfin ceux qui auront été comblés par-dessus-tout, ce sont les supporters toulousains  et ce, d’autant plus que les faveurs du pronostic allaient plutôt vers Clermont-Ferrand.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les Clermontois devaient, théoriquement, être plus frais car ayant eu moins de matches à disputer en raison de leur élimination prématurée en Coupe d’Europe, mais aussi parce qu’ils avaient eu un jour de repos supplémentaire entre la demi-finale et la finale. Autant d’arguments recevables, auquel s’ajoute le fait que les Toulousains avaient perdu leurs trois dernières confrontations avec les Auvergnats. Nous saurons à l’avenir que tout cela ne tient pas quand une équipe est transcendée par l’évènement, ce qui l’amène à jouer à son meilleur niveau le jour où il le faut. C’est ce qui s’est passé hier soir pour le Stade Toulousain et ce sera mon seul commentaire, d’autres que moi ayant eu la chance d’être de grands joueurs internationaux se chargeant de faire l’analyse technique de cette rencontre, dont tout le monde reconnaît qu’elle fut de très haut niveau.

A ce propos, on ne peut que féliciter les joueurs et les techniciens des deux clubs, parce que nombre d’entre eux (13 joueurs) étaient sur la brèche depuis début juillet avec la préparation à la Coupe du Monde. C’est d’ailleurs cette saison hyper longue qui a valu à cette finale 2008 de rentrer dans l’histoire avant qu’elle ne commence parce que jamais à part en 2000 (Stade Français-Coulommiers le 15 juillet), une finale n’avait eu lieu aussi tard dans l’année.  Il est vrai que les années post-Coupe du Monde sont spéciales dans la mesure où la Coupe du Monde ampute la saison de presque deux mois, même si on ne s’interdit plus de jouer pendant cette période. En 2004, autre année post-Coupe du Monde, la finale avait eu lieu le 26 juin (Stade Français-USAP). Tout cela était évidemment impensable autrefois, même si en 1968 la finale avait eu lieu le 16 juin…en raison des évènements ayant eu lieu au mois de mai.

Pour l’histoire, nous rappellerons que ce fut le dernier titre de champion de France du F.C. Lourdais, qui en finale fit match nul avec Toulon (9-9), mais qui fut déclaré vainqueur au bénéfice des essais. Ce fut le chant du cygne pour une équipe qui venait de remporter 8 titres au cours des 20 dernières années. Dans les rangs du F.C.Lourdais, il y avait des joueurs de très grande classe comme Jean Gachassin, Michel Arnaudet, André Campaès, Jean-Henri Mir, Michel Hauser et le capitaine Michel Crauste. Mais Toulon n’était pas en reste avec Christian Carrère qui était le capitaine de la première Equipe de France à avoir réussi le Grand Chelem dans le Tournoi des 5 Nations, mais aussi Aldo Gruarin et André Herrero. En tant que fervent supporteur depuis mon plus jeune âge du grand Lourdes, j’étais très heureux du dénouement de cette saison interminable.

Le grand Lourdes,  parlons-en encore à propos d’une finale qui me fait penser à celle d’hier soir. Elle opposait en effet le 22 mai 1960 le F.C. Lourdais, déjà  6 fois couronné, à l’AS Béziers qui ne l’avait pas encore été. Comme hier soir pour les Toulousains, les Lourdais qui avaient vu plusieurs de leurs cadres partir à la fin de la saison précédente, dont les frères Prat à la retraite, n’étaient pas favoris car les deux clubs s’étaient rencontrés deux fois en saison régulière, et les deux fois Béziers (comme Clermont-Ferrand cette année) avait gagné assez facilement. Et pourtant, comme hier soir, cela n’empêcha pas Lourdes de battre Béziers (14-11) plus facilement que ne l’indique le score.

 A ce propos, toujours comme hier soir, ce fut sur une belle attaque à la main  que Lourdes fit le break en marquant un essai qui lui permit de mener 14 à 3. Le baroud d’honneur des Biterrois fut insuffisant, et la fin de la rencontre fut même tout à l’avantage des vainqueurs. L’AS Béziers se consolera l’année suivante en remportant la finale contre Dax (6-3), de quoi donner de l’espoir aux Clermontois,  premier titre qui sera suivi de 10 autres, le dernier en 1984 (contre Agen)dont la particularité fut que la finale se termina après l’épreuve des tirs au but (coup de pied tiré des 22m devant passer entre les poteaux).

Enfin dernière évocation historique, comment ne pas parler de cette magnifique finale de 1989 qui vit le Stade Toulousain remporter  un de ses 17 titres au dépens du R.C. Toulon, avec à la clé un essai d’anthologie de Denis Charvet, celui-ci terminant une pénalité joué à la main par Rougé-Thomas depuis ses 22 mètres, le ballon passant de Cigagna à Codorniou dont le cadrage exemplaire libéra Charvet qui, au bout de 80 mètres de course échevelée, aplatit un essai dont on peut considérer qu’il fut parmi les plus beaux de l’histoire du rugby.  Cela dit l’essai de Médard hier soir, parti  d’une mêlée dans les 22 mètres toulousains, figurera sans doute lui aussi dans le livre d’or des plus belles actions qui ont marqué l’histoire des finales du championnat de France de rugby.

Michel Escatafal

10:59 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports

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