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15.05.2008

Le tennis ça use énormément…

279829648.jpgLe tennis est un sport extrêmement exigeant qui use très vite certains organismes. En disant cela je sais qu’on va me rétorquer que des joueurs comme Rosewall, Connors ou Agassi ont continué leur carrière bien au-delà de 30 ans, au même titre d’ailleurs que Martina Navratilova qui jouait encore le double mixte il y a peu dans les tournois du Grand Chelem à…presque 50 ans. Mais ce sont les exceptions  qui confirment  la règle,  et rien ne dit qu’à l’avenir on trouvera en finale de Roland-Garros ou Flushing Meadow des joueurs trentenaires.

De nos jours le tennis devient de plus en plus dur, ce qui signifie qu’il faut taper de plus en plus fort dans la balle et être de plus en plus résistant  pour gagner des matches. Même Roger Federer  n’échappe pas à la règle, et il est obligé de se surpasser physiquement pour arriver à contrer Nadal sur terre-battue et ailleurs. Du coup il pompe énormément d’énergie qui commence à lui faire défaut à 26 ans. En disant cela  je souhaite me tromper, mais ce n’est quand même pas un hasard si  Federer n’arrive plus à gagner en 2008. Il a de plus en plus de mal à battre Nadal, y compris sur herbe, et  ne parvient  plus à battre Djokovic, ces deux joueurs étant à coup sûr les futurs patrons du circuit… s’ils surmontent  leurs  déjà très nombreux traumatismes, alors qu’ils ont respectivement 22 et 21 ans.

Justine Henin pour sa part vient de prendre une sage décision, puisqu’elle a annoncé la fin définitive de sa carrière à 26 ans ce qui confirme ce que je disais auparavant, à savoir que ces demoiselles  comme ces messieurs,  ont de plus en plus de mal à supporter les cadences infernales du tennis. Avant elle, Martina Hingis s’était retirée des courts très jeune (à 22 ans), avant de tenter un improbable come back qui s’est très mal terminé. Espérons que Justine Henin ne fasse pas cette erreur, elle qui a si bien su gérer sa carrière et tirer la quintessence de ses qualités.

En effet  aucune championne  parmi les plus grandes (7 victoires en tournois du Grand Chelem) n’a réussi à se construire un tel palmarès avec au départ tellement de handicaps. Quand on voyait jouer Justine Henin on se disait que beaucoup pouvaient  la battre avec sa taille (1,67m) surtout quand on la comparait aux sœurs Williams, à Kim Clijsters, aux joueuses russes ou à Amélie Mauresmo et  Mary Pierce. Et pourtant, elle les battait plus souvent qu’elle ne perdait contre ces joueuses.

 Elle avait certes de très bons coups de raquette, mais personne dans dix ou vingt ans ne parlera  de son service, de son revers ou de son coup droit. Si je dis cela, c’est parce que personne n’a oublié le service ou la volée de Martina Navratilova, le coup de droit de Steffi Graf, comme chez les hommes les passings de Borg ou  Nadal, le service de Mac Enroe, la volée de Sampras, le revers de Rosewall  ou Connors, le coup droit de Lendl  ou Federer.

Justine Henin paraissait simplement humaine,  et en plus elle donnait une impression de fragilité qu’elle n’avait pas, bien au contraire, et on l’imaginait volontiers gentille pour ne pas dire naïve,  alors que son attitude sur le court était parfois très ambigüe. Je pense notamment à son abandon  lors de la finale qu’elle a perdue contre Amélie Mauresmo en Australie en 2006. Mais cela, c’était aussi la résultante de sa détermination, elle qui n’était jamais battue jusqu’à la dernière balle,  et qui s’avérait  toujours plus redoutable au fur et à mesure que le match se prolongeait. Jamais ou presque dans ces cas-là elle n’avait une saute de concentration, et elle disposait en plus d’ un physique à toute épreuve qui lui permettait de jouer deux ou trois heures s’il le fallait.

L’ennui est que tout cela n’a qu’un temps, et quand la mécanique commence à casser il ne reste plus qu’à s’arrêter. On ne tire pas impunément sur son physique sans provoquer de dégâts collatéraux. Personne n’y échappe d’ailleurs, surtout chez les joueurs ou joueuses qui jouent beaucoup  sur leur physique. On ne compte plus les arrêts et les retours des sœurs Williams et de beaucoup d’autres, y compris Amélie Mauresmo et Mary Pierce. Mais les unes  et les autres qui disposaient de moyens physiques supérieurs à Justine Hénin n’ont pas, à l’exception de Serena Williams, le palmarès de Justine Henin. Cela prouve que pour arriver au sommet comme elle y a réussi, il faut un ensemble de qualités que seuls les très grands champions possèdent.

Ainsi c’est une page de l’histoire du tennis qui se tourne avec l’arrêt de la carrière de Justine Henin qui restera  avec Serena Williams la championne de la décennie 2000. Combien faudra-t-il de temps aux Belges pour retrouver un tandem comme celui qu’elle formait avec Kim Clijsters qui, elle aussi, vient de mettre un terme à sa carrière (8 titres du Grand Chelem à elles deux). Il est vrai qu’on peut se poser le même type de question en France,  car derrière Amélie Mauresmo et Mary Pierce (4 titres du Grand Chelem) où est la relève ? Alors formons des vœux  pour que nos deux championnes continuent quelque temps encore.

Michel Escatafal

10:28 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports

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