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09.05.2008

Le Giro 2008 présente un plateau exceptionnel...

217492530.jpgLe Giro 2008 présente à coup sûr cette année un plateau exceptionnel, qui n’est pas sans rappeler ceux du passé, à l’époque où une victoire dans le Tour d’Italie valait largement une victoire dans le Tour de France. C’était le cas dans les années 40, 50, 60,70 et même 80 et 90. En revanche,  depuis la fin des années 90 jusqu’à l’an passé, beaucoup pensaient que le Tour avait définitivement relégué  le Giro dans l’ombre. Et bien cette année ce ne sera pas le cas, et l’on peut prévoir quelques batailles somptueuses dans les Dolomites ou dans les contre-la-montre,  à l’image de ce qui s’était passé dans quelques éditions demeurées célèbres à tout jamais.

On se rappellera les duels extraordinaires que se sont livrés Fausto Coppi et Gino Bartali en 1949, ou encore le même Fausto Coppi et Hugo Koblet en 1953, Nencini et Bobet en 1957, Charly Gaul et Anquetil en 1959, Merckx et Gimondi en 1970 et 73, Merckx et Fuente en 1972, Moser et Fignon en 1984, Hinault et  Moser en 1985, Indurain et Chiapucci en 1992, pour ne citer que ceux qui ont été les plus marquants. Il faut noter à ce propos que ces affrontements que nous venons d’évoquer concernaient les meilleurs coureurs de l’époque, ce que les Italiens appellent des fuoriclasse.

Si nous revenons en 2008, nous aurons demain  au départ du Giro les meilleurs spécialistes des  grandes courses à étapes, à l’exception de Damiano Cunego (vainqueur du Giro 2004), de Cadel Evans et de Carlos Sastre,  ces deux derniers  n’ayant toutefois  jamais remporté ni le Tour de France, ni le Tour d’Italie, ni le Tour d’Espagne, ni même le Tour de Suisse. En revanche l’organisateur du Giro 2008 peut s’enorgueillir d’avoir dans sa liste des engagés, les vainqueurs des 4 grands tours en 2007, mais aussi tous les vainqueurs du Giro depuis 2000 sauf Cunego et Basso qui est suspendu jusqu’en octobre.

A cette liste s’ajoutent aussi Kloden qui vient de remporter le Tour de Romandie et qui a terminé deux fois 2è du Tour de France, sans oublier Leipheimer qui a fini 3è l’an passé de ce même Tour de France. Par ailleurs, malgré l’absence de Petacchi, il y a quantité de très bons sprinters comme Mac Ewen, Bennati, O’Grady, Hondo, Cavendish ou Zabel, plus quelques grands rouleurs comme Zabriskie, Millar, Wiggins, sans oublier le vainqueur de Paris-Nice,  Rebellin,  ou des coureurs comme Bettini, le champion du monde, Jens Voigt, Rico le grand espoir italien ou le russe Efimkin. Bref, un plateau de rêve, alors que celui du Tour de France apparaît bien maigrelet en comparaison.

Comment en est-on arrivé là ? En fait, cela pendait au nez des organisateurs d’ASO , car pour ma part je n’ai jamais cru que la solidarité des organisateurs des grands tours irait jusqu’à se priver des meilleurs coureurs du peloton. De plus, quelle aubaine pour Angelo Zomegnan, le directeur du Giro, que de pouvoir  redonner à peu de frais tout son lustre à son épreuve. Il l’a fait d’autant plus volontiers,  qu’il n’était pas question non plus pour les organisateurs du Tour d’Espagne de se priver de Contador pour la prochaine édition de la Vuelta.

Dans cette affaire ASO, l’organisateur du Tour, se retrouve plus  isolé que jamais au grand plaisir de l’Union Cycliste Internationale,  qui s’est réjouie de voir tous  les meilleurs coureurs ou presque disputer le Giro et, surtout, infliger un camouflet à ASO. Il est à craindre pour cette dernière que ce ne soit pas le dernier, même si les arguments pour refuser l’engagement de quelques équipes ayant eu maille à partir avec le dopage peuvent se justifier sur le plan de l’éthique. Malgré tout, heureusement pour ASO qu’ils sont propriétaires de  grandes classiques comme Paris-Roubaix, Paris-Tours ou les Ardennaises!

Tout ceci nous permet de souhaiter une nouvelle fois que le monde du cyclisme retrouve son unité. Tout le monde doit travailler ensemble, les organisateurs, les fédérations, les sponsors et les coureurs afin de redonner au cyclisme toutes ses lettres de noblesse. N’oublions pas que c’est le seul sport offrant un spectacle gratuit à des millions de spectateurs massés sur les routes européennes, américaines, australiennes et aujourd’hui africaines.  Alors, avec un peu de bonne volonté venant de toutes les parties, l’énergie mise pour rendre le cyclisme à la fois propre et attractif sera couronnée  de succès. Il aura d’autant plus de mérite qu’il est le seul à faire autant d’effort en ce sens.

Michel Escatafal