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28.04.2008

La saison cycliste est bien lancée...

57128437.jpgEt si l’on faisait un petit point sur la saison cycliste ? La campagne des épreuves de printemps vient de s’achever et la hiérarchie est toujours aussi mouvante,  avec des vainqueurs toujours différents sur toutes les grandes courses qui ont eu lieu. En effet, après Rebellin sur Paris-Nice, c’est Cancellara qui a gagné Milan-San Remo, puis Devolder le Tour des Flandres,  Freire Gand-Wevelgem,  Boonen Paris-Roubaix,  Cunego l’Amstel,  Kirchen la Flèche Wallone et enfin Valverde Liège-Bastogne-Liège. Ce sont tous d’excellents coureurs, mais aucun d’entre eux ne domine le peloton comme ont pu le faire les Coppi, Bobet, Anquetil, Gimondi, Merckx ou Hinault à leur époque, qui ont tous gagné plusieurs de ces grandes courses.

Certains vont me dire, encore une fois,  qu’aujourd’hui il n’est plus possible de gagner à la fois des classiques et des grandes courses à étapes. C’est faux,  et d’ailleurs Damiano Cunego pourrait bien le démontrer cette année dans le Tour de France dont il sera un outsider, lui qui a déjà gagné dans sa carrière un Giro, mais aussi deux Tours de Lombardie et l’Amstel Gold Race. En fait cette légende qui veut qu’on soit obligé de choisir ses objectifs  date de l’époque de Greg Lemond, le champion américain s’étant fait une spécialité, dans la deuxième partie de sa carrière, de préparer quasi exclusivement le Tour de France, imité en cela par la suite par Indurain qui préparait aussi le Tour d’Italie, et par Armstrong qui arrêtait sa saison juste après le Tour de France, sauf en 2000 où il avait participé aux Jeux Olympiques.

C’est pour cela que je serais très heureux qu’un Cunego gagne le Tour de France cette année, car cela tordrait le coup à ces idées toutes faites sur le déroulement d’une saison cycliste. A ce propos, je regrette que Contador ne puisse pas participer aux épreuves organisées par ASO (l’organisateur du Tour de France) sous prétexte de problèmes liés à l’éthique. Je répète encore une fois ce que j’ai déjà dit ici : ou bien on a quelque chose à reprocher à Contador et on le suspend 2 ans comme Basso, ou bien il n’y a rien dans son dossier et on le laisse courir à sa guise, par exemple les classiques ardennaises et le Tour de France. Ces décisions sont débiles,  et ce n’est pas comme cela qu’on fera avancer la cause de la lutte anti-dopage.

J’en profite aussi pour dire que je suis heureux qu’Ivan Basso ait retrouvé une équipe pour l’année prochaine. On va enfin savoir dans le Giro 2009 s’il est le même qu’avant, ce qu’on ne pourra pas savoir au Tour de France car je suppose qu’ASO ne voudra pas de Basso dans le Tour. En tout cas, compte tenu du fait qu’il n’a pas cessé de s’entraîner, même si l’entraînement ne vaut pas la compétition, il sera intéressant de voir dès Tirreno-Adriatico l'année prochaine si Ivan Basso demeure un des meilleurs du peloton. Après tout Bernard Hinault et Laurent Fignon ont bien survécu à une longue absence, après leur opération au genou et à la cheville qui leur avait fait perdre une saison presque entière.

Pour revenir au présent, la saison cycliste va maintenant être presqu’exclusivement consacrée aux courses à étapes jusqu’à fin juillet. Ces courses à étapes comprennent notamment  le Giro et le Tour qui sont les deux gros monuments du cyclisme, remportés l’un ou l’autre, par tous les plus grands champions. En revanche, ils sont très peu à avoir remporté les deux épreuves,  surtout la même année. En fait il n’y a eu que Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani, rien que des " très grands". D’autres comme Bartali, Koblet, Nencini, Gaul, Gimondi, et Fignon ont gagné les deux épreuves, mais pas la même année. A la lecture de ces palmarès, il est aisé de constater que le vélo est un sport où les meilleurs se dégagent toujours du lot.

Voilà pourquoi je reste de ceux qui s’insurgent de voir que le vélo soit stigmatisé à longueur d’année à cause du dopage, comme si le cyclisme était le seul sport touché par ce fléau.  En tout cas, pour les amoureux de ce sport, il y a de belles émotions qui nous attendent dans les semaines à venir, et la saison sera même un peu plus riche que d’habitude avec les Jeux Olympiques au mois d’août. Je n’étais pas de ceux qui souhaitaient que le cyclisme sur route s’invite aux Jeux avec les meilleurs, mais puisqu’il y est profitons-en. De toute façon, c’est toujours un grand coureur qui gagne (Pascal Richard en 1996 et surtout Ullrich en 2000 et Bettini en 2004). Mais même à l’époque où l’épreuve était réservée aux seuls amateurs, ce fut presque toujours le cas avec quelques coureurs qui ont fait ensuite une belle carrière professionnelle (Baldini, Kuiper, Ludwig).

Michel Escatafal

24.04.2008

Ou va le rugby?

1139685928.jpgCeux qui ont plus de 40, 50 ou 60 ans se souviennent évidemment du rugby tel qu’on le pratiquait à une époque où il était encore profondément amateur, même si certains bénéficiaient de quelques avantages en nature ou en rémunérations occultes. Il est donc normal que ce sport, devenu professionnel depuis une quinzaine d’années, ait beaucoup évolué à tous points de vue. Tout a changé d’ailleurs dans le rugby, y compris les règles, au point de donner au rugby une ressemblance frappante avec le Jeu à XIII, comme on disait autrefois. En disant cela j’exagère à peine, car il y  quand même les touches et les mêlées ordonnées dans le rugby actuel, et il y a n’y pas le tenu comme chez le cousin treiziste.

Toutefois, ce n’est pas cela qui me  gêne dans l’évolution de ce sport que nous sommes de plus en plus nombreux à apprécier et à aimer. Ce n’est pas non plus le fait que le professionnalisme ait impliqué la création d’un vrai championnat à 14 clubs formant l’élite, avec évidemment de grosses différences de moyens entre les clubs des villes et ceux des champs, ceci sans connotation péjorative. J’ai été trop longtemps un admirateur du grand F.C. de Lourdes, celui des frères Prat, Martine, Rancoule, Barthe, Domec, Lacaze et quelques années après de Crauste, Gachassin, Campaes, Mir, Dunet et Hauser, pour ne pas aimer les clubs des petites villes.

Non ce qui me dérange dans l’évolution du rugby c’est plutôt que l’on veuille en faire un copier-coller du football, avec tout ce que cela comporte de négatif. Passe encore qu’il faille gagner, toujours gagner, pour vivre ou survivre. Après tout c’est la loi du sport, y compris amateur. Seuls ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur un terrain de sport peuvent dire que la défaite importe peu. Je n’ai d’ailleurs jamais cru à la devise de Pierre de Courbetin : « l’essentiel c’est de participer ». Cependant c’est  une chose de vouloir gagner, et c’en est une autre de vouloir gagner à tout prix, y compris au moyen de produits ou procédés illicites. J’aime trop le rugby pour le voir arriver à ces extrémités.

Cela veut dire que, plus que jamais, il faut être vigilant et d’abord sur l’intégrité physique des joueurs. Quelle est la différence entre un joueur de rugby type années 60 et type année 2008 ? Il est plus grand, il saute plus haut, il est plus fort et…il est beaucoup plus souvent blessé. Le corps du joueur de la décennie 60 supportait parfaitement les charges d’entraînement parce qu’il s’entraînait peu, et ceux qui s’entraînaient davantage le faisaient à travers les travaux des champs. Qui ne se rappelle d’un pilier comme Alfred Roques qui était capable, nous disait-on, de soulever une batteuse d’une seule main. C’était de la force brute et pure à l’époque, qui s’était développée à force de porter des sacs de blé.

En parlant d’Alfred Roques (plus de 30 fois international à la fin des années 50 et au début des années 60), je pense aussi à ce que l’on disait de Bernard Momméjat, son copain 2è ligne de Cahors et du Quinze de France, à savoir que c’était un géant parce qu’il mesurait 1,92 m. Aujourd’hui des géants comme  Momméjat,  il y en a partout dans les lignes de trois-quarts. Et bien entendu quand à longueur de matches et d’entraînements on prend sans arrêt des coups venant de tels « monstres », cela devient difficile de résister, surtout si la saison dure 10 ou 11 mois. Là cela devient démentiel, surtout pour les meilleurs qui sont naturellement beaucoup plus sollicités que les autres, moins doués. Mais ceux-là aussi se blessent parce que leur régime est presque le même, avec les oppositions à l’entraînement et  aussi, parce que les meilleurs étant souvent blessés ou pris par les sélections nationales, ils  jouent presque autant.

Alors que fait-on pour résister et tenir ces cadences infernales ? On s’entraîne, on se muscle et bien entendu on fait davantage attention à son hygiène de vie. Mais toutes ces séances de musculation, si elles donnent aux joueurs des corps d’athlète au point d’en faire des icônes de calendriers en tenue d’Adam, procurent une puissance incompatible avec la morphologie d’origine du joueur. Un rugbyman qui mesure 1,75 ou 1,80 m n’est pas nécessairement fait pour peser 90 kg. Parfois il n’atteindra ces mensurations qu’au prix de séances de musculation intenses et répétées plusieurs fois par semaine. Et que se passera-t-il un jour ? Et bien les tendons ou les ligaments casseront parce que les charges qui leur sont infligées sont trop élevées.

C’est cela le principal avatar du rugby professionnel et il est la résultante de tous les autres, notamment le poids de l’argent. Cela je ne peux pas l’accepter. Michel Crauste au milieu des années 60, grand capitaine de Lourdes et de l’Equipe de France avait coutume de dire : « on va faire de vilains vieux ». Moi ce que je voudrais, c’est que les joueurs que j’admire aujourd’hui soient d’aussi vilains vieux que celui que l’on a appelé le Mongol.  Je souhaite donc que l’on pense un peu plus à la santé des joueurs, et que ceux qui dirigent le rugby de nos jours, pour la plupart d’entre eux des anciens grands joueurs, essaient de garder à ce merveilleux sport de combat les vertus qui sont les siennes depuis plus de  100 ans. Le rugby appartient à tous, aux joueurs d’abord, aux dirigeants, mais aussi à ceux qui l'aiment. Bon courage à Vincent Clerc!

Michel Escatafal

21.04.2008

Si c'est la vérité c'est très grave...

785468715.jpgJe ne sais pas si l'information est exacte, mais si elle l'est c'est tout bonnement scandaleux. Il paraîtrait, je mets au conditionnel, que certains joueurs du PSG auraient demandé une prime s'ils se maintenaient en Ligue1. Je répète, si Daniel Hechter dit vrai c'est très grave, et cela montre à quel point le football est pourri par l'argent. Toujours selon les dires de Daniel Hechter, le président de Colony France (l'actionnaire du PSG) se serait fâché tout rouge et aurait refusé. Je dis bravo, car il n'aurait plus manqué qu'il accède à cette demande tout à fait irresponsable.

Oui je dis bien irresponsable, car à ce compte combien les Lyonnais méritent-ils s'ils sont à la fois champions de France et vainqueur de la Coupe de France, un doublé très difficile à réaliser. La preuve, les Lyonnais qui ont été six fois de suite champions, ne l'ont jamais réalisé. Faire le doublé Coupe-Championnat mérite quand même plus récompense que terminer 17è du championnat. On aurait pu à la rigueur comprendre que ces joueurs du PSG demandent une prime s'ils étaient dans la position des Girondins de Bordeaux, dauphins de l'Olympique Lyonnais, ou encore dans celle de Nancy et Marseille s'ils se qualifient pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Mais demander une prime pour éviter la rélégation il faut un sacré toupet, et cela ressemble à une faute professionnelle.

Le pire est que ces joueurs gagnent en moyenne 50000 euros par mois et qu'ils sont parmi les mieux payés de la Ligue 1. Cela prouve qu'avec ce club on peut s'attendre à tout, y compris les revendications les plus incongrues. Apès tout si les supporteurs du PSG sont si crétins, les joueurs ne méritent pas mieux. Cela étant, quel que soit l'issue du championnat, il y a je crois un sacré coup de balai à donner pour faire en sorte que le Paris-Saint-Germain redevienne un vrai club, avec une vraie équipe, et des supporteurs qui méritent ce titre.

 Peut-être après tout que la descente en Ligue 2 serait le meilleur moyen pour retrouver ce qui fait les ingrédients d'un grand club, ce que le PSG a été il y a moins d'une décennie. En tout cas la Juventus, pour ne citer qu'elle, semble avoir retrouvé des forces après son passage en série B l'an passé. La preuve, elle est actuellement troisième de la série A, et déjà qualifiée pour la Ligue des Champions (tour préliminaire). Je suis certains que beaucoup aimeraient voir le PSG emprunter le parcours de la Vielle Dame de Turin.

Michel Escatafal

17.04.2008

Le mal des J.O.

1116782585.jpgJe ne veux pas jouer les anciens combattants, ce que je ne suis pas ayant eu la chance de naître après la deuxième guerre mondiale, mais je voudrais rappeler que s’il y a autant de problèmes à propos des Jeux Olympiques à Pékin, c’est uniquement à cause de la démagogie et de la voracité financière du Comité International Olympique. En disant cela je pèse mes mots car, finalement, tout tourne autour de l’argent et des intrigues qui vont avec,  ne serait-ce que pour désigner les villes ou régions ou états chargés d’accueillir les Jeux.

L’argent, et l’hypocrisie qui l’accompagne, a d’ailleurs toujours été un problème aux Jeux Olympiques. A cause de lui,  il y a eu des Jeux un peu partout y compris dans des endroits peu fréquentables, notamment à Berlin en 1936, où chacun savait (ou aurait pu imaginer) que c’était le dernier coup de pouce à donner à un régime abject qui commençait à effrayer toute l’Europe.  Pour d’autres raisons, à cause de l’argent aussi,  il y a eu pendant très longtemps un affrontement qui n’a pas toujours été à armes égales, entre les ressortissants des pays communistes de l’Est européens, véritables athlètes d’Etat donc professionnels, et ceux des pays occidentaux qui étaient amateurs.

Même s’ils arrivaient peut-être à toucher un peu d’argent sous une forme ou une autre, ces derniers risquaient la suspension à vie s’ils étaient seulement soupçonnés de professionnalisme. Quelle pudibonderie de la part des membres du CIO et notamment de son président dans les années 50 ou 60, Avery Brundage, qui  si mes souvenirs sont bons était lui-même milliardaire. Dans ces conditions, il était de règle de voir des athlètes ou des nageurs, pour ne citer qu’eux, arrêter très tôt leur carrière sportive (avant 20-25 ans) pour préparer et assurer leur avenir ailleurs, dans la mesure où leur sport n’était pas admis au professionnalisme. Ce fut le cas jusque dans les années 80.

Ensuite, avec l’arrivée de Monsieur Antonio Samaranch à la tête du C.I.O., on ouvrit toutes grandes les vannes de l’argent pour que celui-ci  coule à flots. Les résultats ont dépassé toutes les espérances, d’autant que cette ouverture a presque coïncidé avec l’effondrement du communisme. Le capitalisme triomphant  allait s’emparer aussi des Jeux Olympiques, et rien ne serait trop beau, ni trop grand, pour cette manifestation planétaire chaque année bissextile. Mais comme chacun sait l’argent ne fait pas le bonheur, et  il n’a pas fait celui des J. O.

Les Jeux Olympiques où les participants étaient surtout  heureux de participer appartiennent plus que jamais au passé. De nos jours il faut gagner à tout prix, ou au moins obtenir une médaille. Quand je dis à tout prix, tout le monde comprend que je fais allusion au dopage qui, toutefois, existait bien avant l’ère Samaranch plus particulièrement dans les pays de l’Est (dopage d’Etat). Il en est de même de l’époque où les Jeux Olympiques permettaient à certains sports, parmi les plus anciens, d’exister grâce à eux sur le plan international. Enfin, les compétiteurs qui se retrouvaient tous pendant quelques semaines dans le village olympique, image suprême de la fraternité sportive notamment pendant la guerre froide, sont de moins en moins nombreux, les stars préférant une suite dans un hôtel prestigieux.

Tout cela était prévisible, mais aujourd’hui les Jeux Olympiques sont devenus une machine infernale où ses membres, et notamment son président, sont plus puissants que des chefs d’Etat. Pourquoi ? Parce que leur pays a parfois besoin des Jeux pour asseoir son assise internationale, comme ce fut le cas en 2001 pour la Chine,  ou pour revigorer provisoirement son économie comme pour la Grèce la fois précédente, sans oublier les arrière-pensées électorales de ceux qui promeuvent une candidature, et là les exemples sont encore plus nombreux. Bien entendu tout cela n’est pas sans risque sur l’équité sportive, ni sur l’évolution du sport dans certaines disciplines.

Ainsi certains sports qui n’ont rien à faire aux Jeux Olympiques, y ont été admis presque sans l’avoir demandé, parce que leur attraction télévisuelle est indéniable, donc susceptible de rentabilité pour des médias tels que NBC ou TF1. En revanche, les sports dits mineurs n’intéressent plus personne ou presque parce qu’une médaille en lutte, en haltérophilie ou au tir à l’arc n’a aucune valeur marchande.

Pour ma part, même si je n’ai aucune compétence technique sur ces sports,  je me souviens très bien des deux médailles  d’argent en lutte de Daniel Robin aux J.O. de Mexico, ou de la médaille d’argent de Daniel Senet aux J.O. de Montréal en haltérophilie. A l’époque ils avaient été fêtés comme il se doit sur le plan national. Ce ne serait plus le cas aujourd’hui et c’est dommage, car les efforts faits par ces compétiteurs sont aussi importants que ceux des stars de l’athlétisme, sans parler des sacrifices de tous ordres y compris financiers.

Pire encore, pour faire de la place à certains sports à la mode, le beach- volley par exemple, on n’hésite pas à diminuer le nombre d’épreuves dans certaines disciplines, voire à menacer de supprimer des sports plus anciens. C’est le cas de l’escrime qui a perdu les épreuves par équipes de fleuret masculin et d’épée féminine, alors qu’il y avait une grande tradition olympique. Il en est de même pour le kilomètre en cyclisme sur piste, et nous pourrions citer de nombreux exemples comme ceux-là. La boxe elle-même fut un temps menacée, alors que les Jeux Olympiques ont révélé quelques uns des plus grands champions de l’histoire de ce sport (Patterson, Ali, Foreman, Leonard etc.).

En outre,  après avoir attiré les basketteurs professionnels de NBA, les joueurs de tennis, les coureurs cyclistes sur route, on rêve de séduire  les footballeurs, les rugbymen  et les golfeurs. Là ce serait « du lourd » en termes de notoriété et en retombées financières, à condition toutefois que ces derniers jouent davantage le jeu que les stars américaines de la NBA, pour qui les Jeux sont loin d’être une priorité, ou que les joueurs de tennis  beaucoup plus intéressés par une victoire à Wimbledon, Roland-Garros ou Flushing Meadow. Il est vrai que pour Kobe Bryant, Amare Stoudemire ou Roger Federer, une victoire aux J.O. ne leur apporterait rien en termes de notoriété (ils n’en ont pas besoin), ni sur le plan financier (ils n’en ont pas davantage besoin). La remarque vaut pour les meilleurs footballeurs ou pour Tiger Woods le golfeur.

En conclusion, je vais redire une nouvelle fois qu’il est bien triste de voir le sport et les Jeux Olympiques à la totale merci de l’argent. Je dirais aussi que ce qui arrive aux dirigeants du C.I.O. avec les Jeux de Pékin, ne m’attriste pas plus que cela. S’ils avaient donné les Jeux ailleurs qu’à Pékin en 2001, par exemple à Toronto, Paris ou Osaka qui étaient aussi des villes candidates, ils n’auraient pas ce type d’ennuis. Il y aurait encore moins de risque si les Jeux avaient lieu tous les quatre ans dans une ville désignée à cet effet. Seulement voilà, le facteur économique reste le plus important.

Cela étant, le Comité Olympique International avait simplement oublié que certaines personnes sur cette terre ont quelques valeurs enfouies au fond de leur conscience, et comme elles rencontrent un écho de plus en plus important dans ce monde de marchands, les manifestations hostiles ne font que commencer. Espérons toutefois que ce ne sera pas un simple feu de paille, car les différents gouvernements des grands pays, entre autres la France,  vont mettre toute leur énergie à éviter des difficultés à leur ami chinois, tellement important sur le plan commercial.

Michel Escatafal

15.04.2008

Le PSG en perdition...

657773375.jpgJ’ai fait partie de ceux qui sont souvent allés voir le PSG vers la fin des années 1970, à une époque où personne ne parlait des supporters autrement que pour en dire du bien, à une époque aussi où le prix des places n’était pas exorbitant, à une époque  où le PSG avait une belle équipe avec de bons entraîneurs. Elle avait en outre un président très médiatique  puisqu’il s’agissait de Daniel Hechter qui a été remplacé en 1978, je crois, par Francis Borelli mais le style était le même. C’était à l’époque un club à visage humain, tout en ayant après quelques années d’existence une belle équipe.

Le PSG est en effet  un club jeune puisque sa date de naissance se situe en 1971, ce qui n’empêche pas le PSG d’avoir  un palmarès tout à fait remarquable puisqu’il a remporté une coupe d’Europe, 2 championnats de France, 5 coupes de France et 3 coupes  de la Ligue. Et pourtant ce club, qui plus est celui de la capitale,  va descendre sans doute en Ligue 2, car j’ai du mal à croire qu’il puisse se maintenir tellement tout semble indigent dans ce club, tant au niveau du jeu, que du management, sans parler des joueurs. C’est d’ailleurs un paradoxe en parlant des joueurs car entre Landreau, Yepes, Camara, Armand, Rothen, Pauleta ou Luyindula, il y a quand même de quoi composer une très belle équipe.

Partout ailleurs cette équipe aurait des résultats qui la placeraient au niveau de Lyon, Bordeaux ou Marseille, mais à Paris elle n’en a pas. Pourquoi ? Tout le monde a sa bonne explication, et ce n’est pas moi qui vais parler « technique »  car je ne suis pas technicien. Cela dit je crois tout simplement  que l’entraîneur n’est pas vraiment à la hauteur de la réputation surfaite qui est la sienne. Certes Le Guen  a gagné 3 titres de champion avec Lyon, mais est-ce  un exploit avec l’effectif dont disposait cette formation ?

Ce n’est quand même pas lui qui a « fabriqué » son équipe à Lyon, comme ont pu le faire  Batteux à Reims dans les années 50, ou Arribas à Nantes dans les années 60, ou Suaudeau toujours à Nantes dans les années 70, ou encore Herbin avec le grand Saint-Etienne qui a été finaliste de la C1, sans oublier Cahuzac avec Bastia qui a été finaliste de la C3. En dehors de Lyon, Le Guen n’a pas fait grand-chose là où il est allé que ce soit à Rennes, aux Glasgow Rangers ou à Paris. Certes il a gagné la Coupe de la Ligue cette année, mais cette compétition n’est pas la plus prisée du calendrier. Il suffit de regarder le palmarès de cette épreuve pour s’en rendre compte. En tout cas à Paris, il a clairement échoué comme à Glasgow.

Le Guen était un excellent joueur de club avec un beau palmarès acquis au PSG, mais chacun sait qu’un grand joueur n’est pas nécessairement un grand entraîneur. Di Stefano fut très loin d’avoir comme entraîneur les mêmes résultats que comme joueur, et pourtant c’est sans doute le plus grand joueur de tous les temps avec Pelé. Et puis Paris c’est particulier, et il faut à la tête de l’équipe un personnage comme l’ont été Arthur Georges ou Luis Fernandez. C’est avec eux que Paris a vraiment explosé au niveau européen, et a même remporté une des deux seules Coupes d’Europe que notre pays ait gagné, la défunte Coupe des Coupes en 1996

En tout cas, à l’époque où j’allais voir le PSG il y avait beaucoup de grands joueurs : Bathenay, Fernandez, Rocheteau, mais aussi Bianchi le goleador argentin qui marquait autant de buts que Cavenaghi aujourd’hui, l’immense Toko, et Mouss Dalheb qui resta au club pendant 10 ans.  Enfin nul à Paris n’a oublié son emblématique gardien, Dominique Baratelli. Je pense que vous comprenez maintenant pourquoi j’allais souvent voir cette équipe, et pourquoi le stade était presque toujours plein à une époque où la France était, là aussi, très en retard sur l’étranger.

A ce propos, si elle a commencé à rattraper son retard quant à l’affluence, elle ne l’a pas rattrapé sur le plan du professionnalisme. Voilà pourquoi la France est le seul pays qui n’a pas deux ou trois clubs perpétuellement au plus haut niveau européen, contrairement à l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou même le Portugal. Quand je parle de professionnalisme je ne parle pas que d’argent, car de l’argent dans notre pays il y en a quand même, et sans doute plus qu’au Portugal voire même en Allemagne à part le Bayern Munich. D’ailleurs les clubs français ces dernières années ont gagné beaucoup d’argent avec les transferts de joueur et la manne de la télévision.

En disant cela j’ai l’air d’avoir laissé  le PSG pour parler du football français en général, mais les deux sont intimement liés. Qu’est devenu le Reims des années 50, le Nantes des années 60 ou 70, le Saint-Etienne des années 75-76-77, le Bastia de 78 ou le PSG des années 90 ? Et qui me dit que Lyon sera au top dans quelques années  en vendant des Tiago,  Malouda ou Abidal, pour acheter  à prix fort des Delgado pour leur faire cirer le banc? Heureusement ces transferts ont permis à Lyon de donner leur chance à Benzema ou Ben Arfa, ce qui fera rentrer de l’argent dans les caisses dans les mois ou années à venir. Cela dit au Paris SG, on a acheté au mercato deux Brésiliens, dont personne n’aurait voulu,  pour 3 M d’euros et qu’on ne pourra pas revendre. Les avait-on vus  jouer au moins ? Sans doute pas. Pas étonnant que le PSG soit relégable.

Michel Escatafal

08.04.2008

Le Mozart du Stade Toulousain

1754774661.jpgAujourd’hui je ne vais pas être original, en disant combien je suis heureux que le Stade Toulousain soit en demi-finale de la Coupe d’Europe. En plus, tout le monde reconnaît que le match remporté contre Cardiff a été difficile, ce qui donne encore plus de saveur à la victoire. Il a été gagné parce que les avants toulousains ont joué à leur niveau le plus élevé, conséquence sans doute d’une préparation bien planifiée. Ensuite le talent des joueurs des lignes arrière a fait le reste. Et du talent il y en a énormément malgré l’absence de Poitrenaud et Fritz pour encore pas mal de temps.

Il y a quand même un joueur qui a démontré une fois de plus que la classe reste le critère numéro un pour briller dans le sport en général,  et le rugby en particulier. Fils et petit-fils d’international,  Jean-Baptiste Elissalde  est né avec toutes les fées du rugby penchées sur son berceau. Tous ses coéquipiers louent ses extraordinaires qualités qui en font un joueur hors normes, à tous points de vue. De plus, il démontre qu’on peut mesurer 1,72 et peser 73 kg et être quand même un très grand joueur de rugby, ce qui est bon et même très bon pour ce sport où les « armoires à glace » sont en nombre sur les terrains.

Elissalde aura tout fait dans ce match : une quasi-totale réussite comme buteur placé, un drop goal dont personne ne souligne que seuls les très grands peuvent « en planter » un ou deux par match, et par-dessus tout une parfaite gestion du match avec comme chef d’œuvre l’action qui amène l’essai d’école  de Kunavore avec le relais d’Heymans. Bref, le match parfait du demi d’ouverture de grande classe opérant, et c’est important car lui-même l’a souligné, derrière un paquet d’avants conquérant.

Une dernière chose encore : combien de joueurs à sa place auraient pu se remettre aussi facilement du coup sur la tête que lui ont infligé ses dirigeants,  quand ils ont recruté Kelleher, le demi de mêlée des All Black néo-zélandais ? Très peu  sans doute, mais pas lui et son mérite n’en est que plus grand. Dire qu’il en était satisfait serait peut-être exagéré, comme il l’a avoué lui-même à plusieurs reprises. Mais quand on est fort, quand on est costaud dans sa tête,  c’est un challenge que l’on se doit de relever. Plus facile à dire qu’à faire quand même, mais le joueur avoue aujourd’hui que cette arrivée lui a sans doute été bénéfique.

Oh certes il n’opère plus aussi souvent au poste de demi de mêlée qui était le sien depuis cinq ans, mais il a retrouvé tout naturellement le poste de ses débuts, demi d’ouverture, celui auquel il a joué pendant les trois quarts de sa vie de rugbyman. Un joueur aussi doué que lui ne peut pas avoir de difficulté à y rejouer et personnellement, je n’imaginais pas autre chose quand j’ai su qu’il y aurait cohabitation entre J.B Elissalde et Kelleher. Cela sautait aux yeux de tous ceux qui connaissent un peu le rugby, au point même de se demander si les techniciens toulousains n’avaient pas cette idée derrière la tête, quand ils ont recruté le numéro 9 des All Blacks.

En tout cas, sauf blessure de l’un ou de l’autre, la fin de saison de Toulouse verra les deux maestros à la baguette, l’un en 9 et l’autre en 10. Franchement qui peut présenter mieux comme charnière dans le top 14 et parmi les demi-finalistes de la Coupe d’Europe ? Personne tellement la puissance et la rage de vaincre de Kelleher s’accordent bien avec la fluidité, la vivacité et la gestuelle du Mozart du rugby. C’est pour cela que nous sommes si confiants pour la fin de saison du Stade Toulousain, dont tout le monde reconnaît que c’est sans doute le club en Europe, et peut-être dans le monde, où le professionnalisme est le plus exacerbé.

Michel Escatafal

06.04.2008

L'aide de la vidéo n'est pas la panacée pour l'arbitrage

1124795450.jpgS’il est un sujet qui occupe en ce moment les esprits, c’est bien l’arbitrage concernant le football. Pourtant quiconque a arbitré au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’un match de cadets, sait bien que c’est un exercice difficile. Alors on imagine ce que cela peut donner quand il s’agit d’un championnat professionnel qui draine des millions d’euros. Et pourtant quand on y regarde de près on s’aperçoit qu’un championnat est rarement, pour ne pas dire jamais, faussé par l’arbitrage. Ce n’est pas moi qui le dit, mais les statistiques du journal l’Equipe.

Alors quand j’entends la virulence avec laquelle joueurs, entraîneurs et plus encore dirigeants, s’adressent aux arbitres je suis tout à fait stupéfait. Je le suis d’autant plus quand j’entends parler quelqu’un comme Robert Pires qui affirme qu’en Angleterre on respecte les arbitres, ce qui n’est pas le cas dans les pays latins. Le champion du monde 1998 sait de quoi il parle puisqu’il a joué en France, en Angleterre et en Espagne. Cela ne veut pas dire qu’en Angleterre tout est parfait en ce qui concerne les relations entre joueurs et arbitres, mais il y a un minimum de respect.

D’ailleurs en rugby, que l’arbitre soit bon ou pas, personne ne s’avise trop de contester ses décisions (sauf quelques dirigeants) et ce n’est pas qu’une question de règlement. Il y a aussi une culture qui est très différente de celle du football. Pour l’anecdote, et les séniors qui me lisent savent de quoi je parle, je rappellerais qu’à l’époque où Albert Ferrasse était président de la Fédération Française de Rugby, une des sanctions infligées à un joueur lourdement condamné pour un acte contraire aux règles, était d’arbitrer quelques matches de série inférieure. Ce serait bien qu’on fasse faire la même chose au football à des joueurs purgeant plusieurs matches de suspension. Hélas, on ne pourrait pas le faire pour les dirigeants car beaucoup ne connaissent pas grand-chose au football ou au rugby.

Revenons donc au football et aux récriminations, aussi stupides que ridicules, des dirigeants et entraîneurs pour l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage. Il faudrait déjà préciser jusqu’où on peut aller dans le domaine. Dans la surface de réparation, sur la ligne de but ou dans la moitié de terrain ? Et oui, cela fait beaucoup de mètres carrés à cerner! Ensuite, dans quel cas l’arbitre pourra-t-il faire appel à la vidéo ?

Si on veut imiter le rugby cela ne servira pas à grand-chose, car au rugby la vidéo n’intervient que pour valider un essai ou voir si un coup de pied est passé entre les barres. J’en profite pour dire que parfois on ne voit rien de précis, et dans ce cas l’arbitre prend la décision de ne pas accorder l’essai ou le drop. Encore que la semaine dernière, bien malin est celui qui aurait juré sur la foi des images vidéo que le troisième drop d’Elissalde, dans le match Toulouse-Biarritz, est bien passé entre les poteaux.

Alors la vidéo sur un terrain de football uniquement sur la ligne de but ? Ce n’est pas la panacée. En effet,  il arrive que même à cet endroit  personne ne voie  réellement ce qui s’est passé. Qui peut dire, vu sur tous les angles, que le but de la finale de 1966 accordé à l’Angleterre est bien rentré ? C’est la même chose dans la surface de réparation où règne la foire d’empoigne entre défenseurs et attaquants. A ce propos je ne veux pas soutenir Micoud  lors du match entre Bordeaux et Nancy, mais force est de constater que le défenseur nancéen avait déjà subi les reproches de l’arbitre avant que Micoud ne le fasse tomber. Pour avoir un vrai jugement, encore eut-il fallu que l’on nous passât toute l’action et non uniquement la chute des deux joueurs.

On le voit, l’aide à l’arbitrage par la vidéo,  c’est quand même très compliqué à mettre en œuvre dans le football, et je comprends les réticences de Platini et de quelques autres grands joueurs, ce qui est un signe. Et puis j’ai toujours entendu dire,  depuis mon premier match de rugby en benjamins, que l’arbitre c’était comme le vent ou les poteaux, donc il fallait faire avec. A propos et je terminerai là-dessus, dans le cas de Nancy le nombre d’erreurs d’arbitrage en faveur des nancéens est plutôt positif pour eux sur la durée du championnat. De plus, les Girondins de Bordeaux n’ont pas volé leur deuxième place car ils sont allés battre le Stade Rennais chez lui hier soir. Cela étant l’AS Nancy Lorraine est une belle équipe qui mérite bien sa troisième place, avec des moyens très inférieurs à beaucoup d’équipes qui sont derrière elle au classement.

Michel Escatafal

02.04.2008

Les pistards sont les aristocrates du vélo

839990283.jpgLes championnats du monde sur piste sont terminés et c’est maintenant l’heure de faire les bilans. Tout d’abord, comme chacun sait, il faut saluer le triomphe britannique avec 9 médailles d’or sur 18 épreuves, ce qui fait beaucoup. Surtout les Britanniques l’ont emporté dans les spécialités reines de la piste, à savoir la vitesse et la poursuite, plus la poursuite dite olympique. Seule la vitesse par équipes, qui prend de plus en plus d’importance au fil des années, leur a échappé au bénéfice de l’équipe de France.

L’équipe de France justement, parlons-en. La France a connu dans la décennie 90, quelques triomphes comparables à celui des Britanniques cette année à Manchester. Elle dominait le sprint avec Rousseau, Gané, Tournant et Frédéric Magné. Elle avait également une remarquable équipe en poursuite avec deux coureurs, Moreau et Ermenault,  qui ont remporté le titre individuel respectivement en 1991 et 1997-1998, réalisant même le doublé cette dernière année. Ces deux coureurs avaient aussi permis à l’équipe de France de remporter la médaille d’or olympique en 1996.

Si l’on remonte plus loin dans l’histoire, les Français ont eu la chance d’avoir à peu près à toutes les époques de très grands champions, surtout en vitesse. Parmi les champions les plus titrés dans cette discipline, on trouve en effet plusieurs Français dont Lucien Michard dans les années 20 (4 fois champion du monde), Daniel Morelon  (8 fois dans les années 60 et 70 en tant qu’amateur), mais aussi plus près de nous Florian Rousseau en 1996, 1997 et 1998. En revanche les Britanniques jusqu’à cette année avec Chris Hoy, n’ont compté dans la discipline qu’un seul champion du monde, mais quel champion, Reginald  Harris titré à 4 reprises entre 1949 et 1954.

Quelques autres pays ont  comme la France possédé des grands champions qui ont marqué l’histoire de la vitesse. La Hollande avec Moeskops au début des années 20 qui fut 5 fois champion du monde, puis avec Derksen et VanVliet dans les années 40 et 50 (5 titres à eux deux) et dernièrement avec Théo Bos  qui remporta le titre en 2004 et 2006. L’Italie en revanche, grande nation cycliste, connut sa période de gloire uniquement entre 1955 et 1968 avec deux grands champions, Beghetto (3 titres) et surtout avant lui Maspès (7 titres). Depuis, plus rien. Enfin, l’Allemagne doit beaucoup à la RDA d’avoir marqué la discipline, grâce aux 6 titres d’Hesslich ou aux 3 d’Huebner entre 1979 et 1992.

1992 est d’ailleurs une année qui fait date, parce que pour la première fois les championnats du monde se sont déroulés sous la formule dite open, ouverte à la fois aux amateurs et aux professionnels.  Il est clair qu’entre 1965 et 1992 les meilleurs sprinters, appelés aussi les aristocrates de la piste, se trouvaient dans les rangs dits amateurs et non en professionnels. C’est la raison pour laquelle on a du mal à situer le Japonais Nakano, roi du keirin dans son pays, qui fut 10 fois de suite champion du monde professionnel entre 1977 et 1986. Qu’aurait-il fait face à Daniel Morelon au sommet de sa forme, ou face à Lutz Hesslich, dont Morelon lui-même dit qu’il fut le plus grand ? A vrai dire personne ne sait, même s’il est vraisemblable qu’il aurait été battu plus souvent qu’il n’aurait gagné. Cela dit ses temps sur 200m étaient excellents.

Cette réunification profita aussi à la poursuite surtout à partir de 1980. En effet dans cette décennie, il est vraisemblable que les poursuiteurs qui couraient en amateur étaient meilleurs que les professionnels. D’ailleurs Alain Bondue, médaille d’argent en amateur en 1980, fut deux fois de suite champion du monde professionnel en 1981 et 1982, en battant Oersted qui avait eu la médaille de bronze en 1980, les deux hommes dominant le Hollandais Oosterbosch, champion du monde professionnel en 1979.

De plus chez les professionnels, nombre de grands routiers avaient choisi de délaisser la discipline, contrairement à ce qui se passait  dans les années 40 et 50 où les meilleurs rouleurs participaient au championnat du monde de poursuite. Ainsi à côté de noms comme ceux de Gerrit Peters, le premier champion du monde en 1946, Gerrit Schulte (1948) et Antonio Bevilacqua (1950-1951), on trouve aussi  dans le palmarès du championnat du monde Fausto Coppi (1947-1949), Roger Rivière (1957-1958-1959) et Rudi Altig en 1961. A propos de Roger Rivière, au risque de me répéter, rappelons que pour tout le monde il fut certainement le plus grand poursuiteur de tous les temps, battant et rebattant tous les records entre 5Km (distance à cette époque de la poursuite professionnelle) et l’heure.

En conclusion, nous dirons que la tradition de la piste demeure en France. Et dans les années à venir, les promesses sont tout à fait exaltantes, avec de nombreux jeunes qui apparaissent au firmament des épreuves de vitesse, notamment Kevin Sireau (2è de la vitesse cette année à 20 ans), Baugé (2è de la vitesse l’an passé)  lui aussi très jeune puisqu’il n’a que 23 ans, sans oublier d’Almeida (19 ans) et Pervis guère plus âgé (24 ans). Et puis n’oublions pas aussi Bourgain qui fait figure de vétéran avec ses 27 ans. Alors réjouissons-nous car l’avenir est assuré, ce qui malheureusement n’est pas le cas en poursuite où la relève n’est pas prête.

Michel Escatafal

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