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15.04.2008
Le PSG en perdition...
J’ai fait partie de ceux qui sont souvent allés voir le PSG vers la fin des années 1970, à une époque où personne ne parlait des supporters autrement que pour en dire du bien, à une époque aussi où le prix des places n’était pas exorbitant, à une époque où le PSG avait une belle équipe avec de bons entraîneurs. Elle avait en outre un président très médiatique puisqu’il s’agissait de Daniel Hechter qui a été remplacé en 1978, je crois, par Francis Borelli mais le style était le même. C’était à l’époque un club à visage humain, tout en ayant après quelques années d’existence une belle équipe.
Le PSG est en effet un club jeune puisque sa date de naissance se situe en 1971, ce qui n’empêche pas le PSG d’avoir un palmarès tout à fait remarquable puisqu’il a remporté une coupe d’Europe, 2 championnats de France, 5 coupes de France et 3 coupes de la Ligue. Et pourtant ce club, qui plus est celui de la capitale, va descendre sans doute en Ligue 2, car j’ai du mal à croire qu’il puisse se maintenir tellement tout semble indigent dans ce club, tant au niveau du jeu, que du management, sans parler des joueurs. C’est d’ailleurs un paradoxe en parlant des joueurs car entre Landreau, Yepes, Camara, Armand, Rothen, Pauleta ou Luyindula, il y a quand même de quoi composer une très belle équipe.
Partout ailleurs cette équipe aurait des résultats qui la placeraient au niveau de Lyon, Bordeaux ou Marseille, mais à Paris elle n’en a pas. Pourquoi ? Tout le monde a sa bonne explication, et ce n’est pas moi qui vais parler « technique » car je ne suis pas technicien. Cela dit je crois tout simplement que l’entraîneur n’est pas vraiment à la hauteur de la réputation surfaite qui est la sienne. Certes Le Guen a gagné 3 titres de champion avec Lyon, mais est-ce un exploit avec l’effectif dont disposait cette formation ?
Ce n’est quand même pas lui qui a « fabriqué » son équipe à Lyon, comme ont pu le faire Batteux à Reims dans les années 50, ou Arribas à Nantes dans les années 60, ou Suaudeau toujours à Nantes dans les années 70, ou encore Herbin avec le grand Saint-Etienne qui a été finaliste de la C1, sans oublier Cahuzac avec Bastia qui a été finaliste de la C3. En dehors de Lyon, Le Guen n’a pas fait grand-chose là où il est allé que ce soit à Rennes, aux Glasgow Rangers ou à Paris. Certes il a gagné la Coupe de la Ligue cette année, mais cette compétition n’est pas la plus prisée du calendrier. Il suffit de regarder le palmarès de cette épreuve pour s’en rendre compte. En tout cas à Paris, il a clairement échoué comme à Glasgow.
Le Guen était un excellent joueur de club avec un beau palmarès acquis au PSG, mais chacun sait qu’un grand joueur n’est pas nécessairement un grand entraîneur. Di Stefano fut très loin d’avoir comme entraîneur les mêmes résultats que comme joueur, et pourtant c’est sans doute le plus grand joueur de tous les temps avec Pelé. Et puis Paris c’est particulier, et il faut à la tête de l’équipe un personnage comme l’ont été Arthur Georges ou Luis Fernandez. C’est avec eux que Paris a vraiment explosé au niveau européen, et a même remporté une des deux seules Coupes d’Europe que notre pays ait gagné, la défunte Coupe des Coupes en 1996
En tout cas, à l’époque où j’allais voir le PSG il y avait beaucoup de grands joueurs : Bathenay, Fernandez, Rocheteau, mais aussi Bianchi le goleador argentin qui marquait autant de buts que Cavenaghi aujourd’hui, l’immense Toko, et Mouss Dalheb qui resta au club pendant 10 ans. Enfin nul à Paris n’a oublié son emblématique gardien, Dominique Baratelli. Je pense que vous comprenez maintenant pourquoi j’allais souvent voir cette équipe, et pourquoi le stade était presque toujours plein à une époque où la France était, là aussi, très en retard sur l’étranger.
A ce propos, si elle a commencé à rattraper son retard quant à l’affluence, elle ne l’a pas rattrapé sur le plan du professionnalisme. Voilà pourquoi la France est le seul pays qui n’a pas deux ou trois clubs perpétuellement au plus haut niveau européen, contrairement à l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou même le Portugal. Quand je parle de professionnalisme je ne parle pas que d’argent, car de l’argent dans notre pays il y en a quand même, et sans doute plus qu’au Portugal voire même en Allemagne à part le Bayern Munich. D’ailleurs les clubs français ces dernières années ont gagné beaucoup d’argent avec les transferts de joueur et la manne de la télévision.
En disant cela j’ai l’air d’avoir laissé le PSG pour parler du football français en général, mais les deux sont intimement liés. Qu’est devenu le Reims des années 50, le Nantes des années 60 ou 70, le Saint-Etienne des années 75-76-77, le Bastia de 78 ou le PSG des années 90 ? Et qui me dit que Lyon sera au top dans quelques années en vendant des Tiago, Malouda ou Abidal, pour acheter à prix fort des Delgado pour leur faire cirer le banc? Heureusement ces transferts ont permis à Lyon de donner leur chance à Benzema ou Ben Arfa, ce qui fera rentrer de l’argent dans les caisses dans les mois ou années à venir. Cela dit au Paris SG, on a acheté au mercato deux Brésiliens, dont personne n’aurait voulu, pour 3 M d’euros et qu’on ne pourra pas revendre. Les avait-on vus jouer au moins ? Sans doute pas. Pas étonnant que le PSG soit relégable.
Michel Escatafal
08:58 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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