« L'aide de la vidéo n'est pas la panacée pour l'arbitrage | Page d'accueil | Le PSG en perdition... »
08.04.2008
Le Mozart du Stade Toulousain
Aujourd’hui je ne vais pas être original, en disant combien je suis heureux que le Stade Toulousain soit en demi-finale de la Coupe d’Europe. En plus, tout le monde reconnaît que le match remporté contre Cardiff a été difficile, ce qui donne encore plus de saveur à la victoire. Il a été gagné parce que les avants toulousains ont joué à leur niveau le plus élevé, conséquence sans doute d’une préparation bien planifiée. Ensuite le talent des joueurs des lignes arrière a fait le reste. Et du talent il y en a énormément malgré l’absence de Poitrenaud et Fritz pour encore pas mal de temps.
Il y a quand même un joueur qui a démontré une fois de plus que la classe reste le critère numéro un pour briller dans le sport en général, et le rugby en particulier. Fils et petit-fils d’international, Jean-Baptiste Elissalde est né avec toutes les fées du rugby penchées sur son berceau. Tous ses coéquipiers louent ses extraordinaires qualités qui en font un joueur hors normes, à tous points de vue. De plus, il démontre qu’on peut mesurer 1,72 et peser 73 kg et être quand même un très grand joueur de rugby, ce qui est bon et même très bon pour ce sport où les « armoires à glace » sont en nombre sur les terrains.
Elissalde aura tout fait dans ce match : une quasi-totale réussite comme buteur placé, un drop goal dont personne ne souligne que seuls les très grands peuvent « en planter » un ou deux par match, et par-dessus tout une parfaite gestion du match avec comme chef d’œuvre l’action qui amène l’essai d’école de Kunavore avec le relais d’Heymans. Bref, le match parfait du demi d’ouverture de grande classe opérant, et c’est important car lui-même l’a souligné, derrière un paquet d’avants conquérant.
Une dernière chose encore : combien de joueurs à sa place auraient pu se remettre aussi facilement du coup sur la tête que lui ont infligé ses dirigeants, quand ils ont recruté Kelleher, le demi de mêlée des All Black néo-zélandais ? Très peu sans doute, mais pas lui et son mérite n’en est que plus grand. Dire qu’il en était satisfait serait peut-être exagéré, comme il l’a avoué lui-même à plusieurs reprises. Mais quand on est fort, quand on est costaud dans sa tête, c’est un challenge que l’on se doit de relever. Plus facile à dire qu’à faire quand même, mais le joueur avoue aujourd’hui que cette arrivée lui a sans doute été bénéfique.
Oh certes il n’opère plus aussi souvent au poste de demi de mêlée qui était le sien depuis cinq ans, mais il a retrouvé tout naturellement le poste de ses débuts, demi d’ouverture, celui auquel il a joué pendant les trois quarts de sa vie de rugbyman. Un joueur aussi doué que lui ne peut pas avoir de difficulté à y rejouer et personnellement, je n’imaginais pas autre chose quand j’ai su qu’il y aurait cohabitation entre J.B Elissalde et Kelleher. Cela sautait aux yeux de tous ceux qui connaissent un peu le rugby, au point même de se demander si les techniciens toulousains n’avaient pas cette idée derrière la tête, quand ils ont recruté le numéro 9 des All Blacks.
En tout cas, sauf blessure de l’un ou de l’autre, la fin de saison de Toulouse verra les deux maestros à la baguette, l’un en 9 et l’autre en 10. Franchement qui peut présenter mieux comme charnière dans le top 14 et parmi les demi-finalistes de la Coupe d’Europe ? Personne tellement la puissance et la rage de vaincre de Kelleher s’accordent bien avec la fluidité, la vivacité et la gestuelle du Mozart du rugby. C’est pour cela que nous sommes si confiants pour la fin de saison du Stade Toulousain, dont tout le monde reconnaît que c’est sans doute le club en Europe, et peut-être dans le monde, où le professionnalisme est le plus exacerbé.
Michel Escatafal
16:38 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire