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06.04.2008
L'aide de la vidéo n'est pas la panacée pour l'arbitrage
S’il est un sujet qui occupe en ce moment les esprits, c’est bien l’arbitrage concernant le football. Pourtant quiconque a arbitré au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu’un match de cadets, sait bien que c’est un exercice difficile. Alors on imagine ce que cela peut donner quand il s’agit d’un championnat professionnel qui draine des millions d’euros. Et pourtant quand on y regarde de près on s’aperçoit qu’un championnat est rarement, pour ne pas dire jamais, faussé par l’arbitrage. Ce n’est pas moi qui le dit, mais les statistiques du journal l’Equipe.
Alors quand j’entends la virulence avec laquelle joueurs, entraîneurs et plus encore dirigeants, s’adressent aux arbitres je suis tout à fait stupéfait. Je le suis d’autant plus quand j’entends parler quelqu’un comme Robert Pires qui affirme qu’en Angleterre on respecte les arbitres, ce qui n’est pas le cas dans les pays latins. Le champion du monde 1998 sait de quoi il parle puisqu’il a joué en France, en Angleterre et en Espagne. Cela ne veut pas dire qu’en Angleterre tout est parfait en ce qui concerne les relations entre joueurs et arbitres, mais il y a un minimum de respect.
D’ailleurs en rugby, que l’arbitre soit bon ou pas, personne ne s’avise trop de contester ses décisions (sauf quelques dirigeants) et ce n’est pas qu’une question de règlement. Il y a aussi une culture qui est très différente de celle du football. Pour l’anecdote, et les séniors qui me lisent savent de quoi je parle, je rappellerais qu’à l’époque où Albert Ferrasse était président de la Fédération Française de Rugby, une des sanctions infligées à un joueur lourdement condamné pour un acte contraire aux règles, était d’arbitrer quelques matches de série inférieure. Ce serait bien qu’on fasse faire la même chose au football à des joueurs purgeant plusieurs matches de suspension. Hélas, on ne pourrait pas le faire pour les dirigeants car beaucoup ne connaissent pas grand-chose au football ou au rugby.
Revenons donc au football et aux récriminations, aussi stupides que ridicules, des dirigeants et entraîneurs pour l’introduction de la vidéo dans l’arbitrage. Il faudrait déjà préciser jusqu’où on peut aller dans le domaine. Dans la surface de réparation, sur la ligne de but ou dans la moitié de terrain ? Et oui, cela fait beaucoup de mètres carrés à cerner! Ensuite, dans quel cas l’arbitre pourra-t-il faire appel à la vidéo ?
Si on veut imiter le rugby cela ne servira pas à grand-chose, car au rugby la vidéo n’intervient que pour valider un essai ou voir si un coup de pied est passé entre les barres. J’en profite pour dire que parfois on ne voit rien de précis, et dans ce cas l’arbitre prend la décision de ne pas accorder l’essai ou le drop. Encore que la semaine dernière, bien malin est celui qui aurait juré sur la foi des images vidéo que le troisième drop d’Elissalde, dans le match Toulouse-Biarritz, est bien passé entre les poteaux.
Alors la vidéo sur un terrain de football uniquement sur la ligne de but ? Ce n’est pas la panacée. En effet, il arrive que même à cet endroit personne ne voie réellement ce qui s’est passé. Qui peut dire, vu sur tous les angles, que le but de la finale de 1966 accordé à l’Angleterre est bien rentré ? C’est la même chose dans la surface de réparation où règne la foire d’empoigne entre défenseurs et attaquants. A ce propos je ne veux pas soutenir Micoud lors du match entre Bordeaux et Nancy, mais force est de constater que le défenseur nancéen avait déjà subi les reproches de l’arbitre avant que Micoud ne le fasse tomber. Pour avoir un vrai jugement, encore eut-il fallu que l’on nous passât toute l’action et non uniquement la chute des deux joueurs.
On le voit, l’aide à l’arbitrage par la vidéo, c’est quand même très compliqué à mettre en œuvre dans le football, et je comprends les réticences de Platini et de quelques autres grands joueurs, ce qui est un signe. Et puis j’ai toujours entendu dire, depuis mon premier match de rugby en benjamins, que l’arbitre c’était comme le vent ou les poteaux, donc il fallait faire avec. A propos et je terminerai là-dessus, dans le cas de Nancy le nombre d’erreurs d’arbitrage en faveur des nancéens est plutôt positif pour eux sur la durée du championnat. De plus, les Girondins de Bordeaux n’ont pas volé leur deuxième place car ils sont allés battre le Stade Rennais chez lui hier soir. Cela étant l’AS Nancy Lorraine est une belle équipe qui mérite bien sa troisième place, avec des moyens très inférieurs à beaucoup d’équipes qui sont derrière elle au classement.
Michel Escatafal
11:21 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : football, débats de société
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