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28.03.2008
L'irrésistible attraction de Ferrari
A peine a-t-il mis les pieds dans sa Renault R 28, que Fernando Alonso a déjà envie d’aller voir ailleurs. Tout cela parce qu’il n’a pas une voiture pour lui permettre de figurer de nouveau parmi les vainqueurs de Grand Prix. C’est quand même un comble, quand on sait qu’il a fait son retour dans l’écurie française (pour moi elle est française, même si elle est basée en Angleterre) uniquement parce qu’il ne savait pas où aller.
Certes il pouvait retrouver Trulli chez Toyota, mais outre le fait qu’il n’en avait peut-être pas envie, il savait que s’il intégrait cette équipe il ferait de la figuration. Alors il restait Renault, car le pilote espagnol sait bien qu’il n’y a pas beaucoup d’écuries capables de lui assurer la victoire. En fait, il y en a deux, à savoir Ferrari et Mac Laren. Comme il n’était pas question pour lui de rester chez Mac Laren-Mercedes…, la seule solution aurait été Ferrari.
Le hic, c’est que les deux places chez Ferrari sont occupées par le Champion du Monde en titre, Raikkonen, qui vient de remporter le Grand Prix de Malaisie dimanche dernier, et par Felipe Massa. Ce dernier qui a un contrat jusqu’en 2011 ne risque a priori pas grand-chose, mais il vaudrait mieux pour lui qu’il ne renouvelle pas trop souvent les erreurs qu’il a faites en Australie et en Malaisie. En effet, compte tenu des moyens dont dispose la Scuderia, remplacer un pilote encore sous-contrat par un autre ne pose aucun problème, même si le dédommagement doit être important.
Alonso justement aimerait bien aller chez Ferrari, et pour cela il dispose d’un atout considérable : l’appui de Luca di Montezzemolo, le grand patron. C’est un avantage important, d’autant que cela ferait bien pour une écurie mythique comme Ferrari, d’aligner un tandem de pilotes champions de monde ce qui, à ma connaissance, n’a jamais dû lui arriver. Alonso a donc toutes les chances de se retrouver avec Raikkonen chez Ferrari en 2009, sauf si Massa réussit des prouesses jusqu’à la fin de la saison. C’est ça la Formule 1, un monde impitoyable où règne la loi du plus fort, parce qu’il faut absolument être le plus fort.
Cela dit, Alonso n’est pas le seul pilote à rêver de Ferrari. Tous les pilotes en rêvent, mais certains savent bien que jamais ils n’iront, sauf si les circonstances s’y prêtent. En disant cela je pense à l’ère Schumacher, où le pilote qui accompagnait le septuple champion du monde savait qu’il serait nécessairement numéro 2. Ce fut le cas d’Irvine, Barrichello et Massa, ce dernier faisant mieux que se défendre face au recordman des victoires en grand prix. C’est d’ailleurs cela, plus l’appui de Jean Todt, qui lui permit de rester dans l’écurie.
Pourquoi les pilotes rêvent-ils tellement de Ferrari ? D’abord parce que depuis l’an 2000, la Scuderia a remporté 6 titres de champion du monde (5 avec Schumacher et 1 avec Raikkonen). Cela signifie une extraordinaire constance au plus haut niveau, qui n’a d'égale que celle de Mac Laren dans les années 80, ou Lotus à la fin des années 60 et au début des années 70. C’est évidemment une motivation qui pèse lourd pour des champions affamés de victoires.
Ensuite il y a le fait que Ferrari reste l’écurie la plus ancienne et la plus prestigieuse. Certes elle a connu des hauts et des bas au cours de sa longue existence (60 ans cette année). En effet, après avoir été dominatrice au début du championnat du monde de Formule 1, dans les années 50 avec Ascari (1952-1953), Fangio (1956) et Hawthorn (1958), elle restera au plus haut niveau jusqu’au milieu des années 60 avec deux titres pour Phil Hill(1961) et Surtees(1964). Ensuite il faudra attendre le milieu et la fin des années 70 avec Lauda (deux fois en 1975 et 77) et Schekter (1979), pour renouer avec le titre mondial qui, par la suite, lui échappa jusqu’en 2000.
Il n’empêche, malgré ces échecs successifs pour le titre mondial, les victoires s’accumulaient et les meilleurs pilotes lorgnaient tous sur un siège chez Ferrari. Certains virent leur espoir se concrétiser, comme Prost ou Mansell pour ne citer que les plus grands, d’autres comme Senna n’eurent pas cette chance pour la raison que l’on connaît. Il aurait sans doute beaucoup gagné avec Ferrari s’il y était allé, et la Suderia aurait remporté davantage de victoires encore que les 202 qu’elle comptabilise à ce jour. Oui 202 victoires pour 760 grands prix disputés, ce qui la place très au-dessus des autres, y compris Mac Laren avec ses 157 victoires pour 633 grands prix.
Tout cela, plus quelques grandes victoires aux 24h du Mans (9 dont 6 consécutives entre 1960 et 1965) et aux 12h de Sebring (12), donne à Ferrari un prestige inégalé. Demandons à n’importe quel amateur d’automobile la voiture qu’il aimerait posséder dans son garage si, bien sûr, il en avait les moyens. Il répondra invariablement : « une Ferrari » ! Tout est beau dans cette voiture, le rouge, le petit cheval cabré, les lignes…, ce qui permet à la marque ce privilège rare de n’avoir pas besoin de publicité pour vendre plus d'autos qu’elle ne peut en faire. En tout cas, les Italiens ont de la chance d’avoir un tel ambassadeur dans le monde !
Michel Escatafal
08:58 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
21.03.2008
A propos d’exploits et de surprises…
Carquefou a donc battu à Marseille et pour un coup de tonnerre c’en est un. Pourtant Dame Coupe aime bien réserver des surprises et à vrai dire on se demande bien pourquoi, mais c’est ainsi. Est-ce de la suffisance de la part des grands clubs ? Pas nécessairement mais chacun sait que dans les sports collectifs, il suffit que les choses ne tournent pas comme elles devraient pour que cela fasse perdre confiance à l’équipe, généralement la plus forte, et pour que la plus faible en profite.
Dans les sports individuels c’est plus difficile, mais on a vu quand même un coureur comme Walkowiak gagner le Tour de France en 1956, devant des grands champions comme Bahamontes, Brankart et Charly Gaul. A ce propos, bien qu’étant très jeune à l’époque, je me souviens très bien de ce Tour de France où chaque jour on attendait la défaillance de Walkowiak qui, finalement, n’est jamais venue. Du coup, le coureur de Montluçon a remporté la plus prestigieuse des épreuves cyclistes, alors que c’est pratiquement sa seule victoire professionnelle à part 2 étapes du Tour d’Espagne.
Chose incroyable aussi, dans le palmarès du Tour, son nom figure entre ceux de Louison Bobet et de Jacques Anquetil, deux des plus grands champions de tous les temps. Cette énorme surprise rappelle quelques victoires prestigieuses de coureurs n’ayant jamais rien gagné jusque là. A titre personnel je ne m’en souviens pas car j’étais trop jeune, mais Heinz Müller par exemple a remporté le championnat du monde sur route en 1952 au nez et à la barbe des meilleurs. Il figure au palmarès arc en ciel entre Kubler et Coppi, excusez du peu.
En athlétisme aussi nous avons enregistré une énorme surprise, la même année au Jeux Olympiques d’Helsinki, avec la victoire de Josy Barthel le coureur de 1500m luxembourgeois. Lui aussi n’a pas remporté d’autres titres majeurs que celui-là, mais personne ne lui enlèvera sa médaille d’or olympique. Cela étant en athlétisme, dans les grands championnats, il est rare pour ne pas dire très rare que le vainqueur ne soit pas un des meilleurs. Mais cela est arrivé en 2004 aux Jeux Olympiques d’Athènes, avec la victoire sur 100m d’une athlète biélorusse totalement inconnue, Youlia Nesterenko, dont la progression apparut d’autant plus stupéfiante aux yeux de certains qu’elle disparut des couloirs aussi vite qu’elle était arrivée.
Nous n’allons pas continuer cette énumération qui pourrait paraître fastidieuse, mais nous allons revenir au football avec la victoire d’un club de la banlieue d’Alger, le Sporting Club Union El Biar, en 1/16è de finale de la Coupe de France 1957 contre le Stade de Reims. Ce club, qui végète aujourd’hui en Ligue 2 après un long purgatoire en National, était à l’époque une très grande équipe qui quelques mois auparavant avait disputé et perdu la finale de la Coupe d’Europe. Le Stade de Reims comptait dans ses rangs quelques une des meilleurs joueurs européens (Jonquet, Penverne, Vincent, Fontaine) et bien entendu, personne n’aurait imaginé qu’une telle armada puisse être éliminée par un club aussi modeste. Et pourtant El Biar a gagné par 2 à 0 et s’est qualifié pour les 1/8è de finale.
Pour ma part comme les jeunes garçons de mon âge (10 ans) qui aimaient le football, j’ai été très triste de cette élimination. Je l’étais tellement que je m’étais décidé à écrire une lettre aux joueurs du Stade de Reims pour leur dire que, moi aussi, j’étais presque aussi déçu qu’ils pouvaient l’être. J’en profitais pour leur demander de m’envoyer un fanion du club, comme je l’avais fait avec le Real Madrid quelques semaines auparavant. Mais contrairement au Real qui m’avait répondu en m’envoyant avec le fanion une photo dédicacée de tous les joueurs ( Di Stefano, Kopa, Gento, Rial, Marquitos etc.), j’ai simplement reçu une lettre du Stade de Reims me demandant d’envoyer 10 francs pour avoir droit à un fanion du club. Quelle ne fut pas ma déception à ce moment ! Et celle-ci ne fut que partiellement adoucie par les 10 francs que me donnèrent mes parents pour acquérir l'objet tellement espéré.
Décidément le Real a toujours été grand. Il l’était déjà à cette époque d’autant qu’évoluaient dans cette équipe les meilleurs joueurs du monde, Di Stefano, Kopa, Puskas notamment, et il l’est toujours. Quand au Stade de Reims…Cela dit, n’étant pas rancunier, je suis quand même resté un fervent supporter de ce club aussi longtemps qu’il tint le haut du pavé en France et en Europe. J’ai même souhaité au fond de moi-même sa victoire en finale de la Coupe d’Europe 1959 contre… le Real Madrid. Mais les Madrilènes étaient trop forts et l’emportèrent par 2 à 0 ce qui ne me rendit pas trop malheureux. Depuis le Real a remporté 5 autres Coupes d’Europe ou Ligue des Champions qui s’ajoutent aux 4 déjà remportées entre 1956 et 1959. Et dire que le football français n’en a remporté qu’une seule en 1993. Ah si le Real était français !
Michel Escatafal
22:51 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2008
Un bilan mitigé
Après le grand chelem réussi par l’équipe de Galles, son sélectionneur vient d’affirmer avec beaucoup de sérieux : « Maintenant nous pouvons conquérir le monde». Voilà une affirmation qu’il faudra confirmer dans les mois à venir face aux nations de l’hémisphère Sud. En fait, les Gallois ont bénéficié de circonstances favorables et cela ressemble un peu aux dernières victoires dans le Tournoi des 6 Nations… de l’équipe de France. On a vu le résultat à la Coupe du Monde, ce qui ne nous empêche pas de dire que l’équipe de France qui a battu l’Irlande et la Nouvelle-Zélande en Coupe du Monde était au moins aussi bonne que celle de Galles aujourd’hui.
D’ailleurs je ne suis pas le seul à penser de cette manière puisqu’un des cadres de notre équipe, Elissalde, continue de dire qu’en valeur absolue les joueurs du Quinze de France valent largement ceux du Quinze de Galles. Soyons réalistes, cette équipe galloise qui a mérité sa victoire dans le Tournoi (elle a quand même fait le grand chelem), n’est en rien comparable à certaines de ses devancières qui étaient les meilleures de la planète. Il n’y a pas dans ce Quinze gallois de joueurs de la classe de JPR Williams, de Barry John ou Gareth Edwards, même si certains sont d’excellents joueurs comme le capitaine Ryan Jones, Martyn Williams ou encore l’ailier Shane Williams.
Certains vont me dire qu’en écrivant cela, je suis beaucoup trop sévère ou trop chauvin, mais justement je ne veux pas être dithyrambique comme l’est la presse galloise, qui oublie que cette équipe, avec la plupart des joueurs qui ont gagné le grand chelem, n’est même pas allée en ¼ de finale de la Coupe du Monde, incapable de battre les Fidji. Cela veut dire que les équipes battues par cette formation galloise, en progrès certains sous la houlette de Warren Gatland son nouveau sélectionneur, étaient loin d’être des foudres de guerre et je ne parle même pas de l’Ecosse, de l’Italie, voire l’Irlande qui ne sont pas au niveau mondial.
Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’équipe d’Angleterre, qui a largement vaincu l’Irlande lors de son dernier match, aurait été battu par le Pays de Galles, surtout si le match avait eu lieu à Twickenham. Cela étant, les Gallois ont battu les Anglais lors de la première journée du Tournoi, et on ne refera pas l’histoire. Il n’est d’ailleurs pas interdit de penser que l’Angleterre sera très dangereuse dans les années à venir car derrière Sheridan ou Wilkinson, il y a une relève qui s’annonce très prometteuse avec Sackey, Tate et surtout Cipriani son nouvel ouvreur de 20 ans. Les Anglais s’y entendent pour former des demis d’ouverture de très grand talent. Cela nous rappelle le début des années 60 quand nos meilleurs ennemis alignaient ensemble les deux meilleurs n°10 de la planète avec Risman, déplacé au centre, et Richard Sharp.
Et les Français, que faut-il en penser ? Pour ma part, à la question de savoir si la France a réussi son Tournoi cette année, j’aurais presque envie de répondre ni oui, ni non, avec notre 3è place. En fait, le principal regret que l’on puisse avoir c’est de constater l’impatience manifestée par les sélectionneurs pour essayer de nouveaux joueurs. Certes, il y avait la nécessité de remplacer les anciens qui ne postulent plus pour une sélection, certes il était légitime que les nouveaux responsables veuillent voir quelques nouveaux talents à des postes où les titulaires ont dépassé la trentaine, mais il n’était sans doute pas indispensable de faire un tel turn-over avec 34 joueurs sélectionnés en 5 matches. Cela fait beaucoup et même beaucoup trop, surtout quand on impose un nouveau schéma de jeu.
Loin de moi l’idée de me prendre pour le sélectionneur car je n’en ai ni l’envie, ni même la compétence. Pourtant tout indique que l’on a délibérément sacrifié le Tournoi de cette année. Certains y verront une manière pour Lièvremont et ses adjoints de s’éviter la pression engendrée par l’objectif de gagner le Tournoi. Pourquoi pas après tout. Cela étant, beaucoup pensent comme moi qu’il eut mieux valu essayer de dégager un premier groupe, avec les anciens disponibles et quelques nouveaux, pour pouvoir figurer le mieux possible dès cet hiver. Ensuite, il y a la tournée d’été en Australie qui se fera sans les demi-finalistes, donc sans la quasi-totalité des joueurs cadres de l’équipe (sans les Toulousains, ni les Clermontois, ni sans doute les Biarrots et les Parisiens).
La meilleure preuve que la stratégie n’était pas la bonne se trouve dans le fait que les vraies révélations ont été très rares. A part Barcella en pilier, Parra comme demi de mélee et Ouedraogo en 3è ligne, les sélectionneurs ne sont pas plus avancés à des postes clés comme celui de pilier ou de seconde ligne. Notre mêlée a beaucoup souffert tout au long du tournoi, ce qui est une nouveauté pour nous, les Français ayant toujours besoin d’une mêlée forte pour s’exprimer totalement.
En résumé, même si nous ne regrettons pas Laporte, qui en huit ans n’a pas su donner un vrai style de jeu à cette équipe, même si les options toulousaines choisies par Lièvremont, N’Tamack et Retière font plaisir aux vrais amateurs de rugby, nous sommes restés sur notre faim à l’issue de ce Tournoi. Le premier match contre l’Ecosse à Murrayfield nous avait laissé beaucoup d’espoirs, trop sans doute car l’adversaire était faible. Le dernier match contre Galles nous laisse un goût amer car là aussi nous attendions trop de cette rencontre. Les Gallois ont une belle équipe, homogène, avec des joueurs qui se connaissent bien et qui appliquent à la lettre les directives du coach. Tout le contraire de l’équipe de France qui a davantage de joueurs de grand talent, mais qui est pour le moment une mosaïque en mal de repères. Espérons que l’an prochain, une ossature se sera dégagée et qu’elle servira pour les années à venir, car la Coupe du Monde c’est dans un peu plus de trois ans.
Michel Escatafal
06:32 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
13.03.2008
Mais que diable est-il allé faire dans cette galère?
Mais que diable est-il allé faire dans cette galère ? En disant cela je pense bien sûr à Thierry Henry. Le plus méconnu des grandes stars du football, il aurait dû avoir au moins une fois ou deux le Ballon d’Or, n’aurait sans doute jamais dû aller jouer au F.C. Barcelone, ou plutôt aurait dû y aller plus tôt dans sa carrière. Là il arrive dans un club où jouent déjà E’too, Ronaldinho et Messi pour ne citer qu’eux. Au total cela fait avec Henry quatre attaquants de grand renom, mais Henry est le dernier arrivé et il est obligé de jouer à une place qui n’est pas forcément la sienne.
Jusqu’à présent, par la grâce des blessures ou de la CAN, il avait eu la chance de disputer quelques matches dans la position qu’il affectionne le plus en remplacement d’E’too, mais depuis que ce dernier est revenu il a été de nouveau obligé de s’excentrer côté droit ou gauche. Cela ne l’a pas empêché de marquer 7 buts en une vingtaine de matchs, mais son rendement est jugé insuffisant comparé à celui qu’il avait à Arsenal où tout le monde jouait pour lui.
Alors la presse catalane et les supporters du Barça se posent des questions. Ils s’en posent d’autant plus que le club est loin du Real en championnat et que, vu son niveau de jeu actuel et compte tenu de la blessure de Messi, les socios ont du mal à voir leur club gagner la Ligue des Champions. Et bien entendu, Henry est parmi ceux qui sont le plus critiqués parce qu’on attendait beaucoup de lui, beaucoup trop sans doute.
D’abord, les dirigeants de Barcelone auraient dû comprendre qu’une équipe composée de grands noms réussit rarement à atteindre les objectifs fixés. Il n’y a qu’à voir ce que le Real a gagné avec ce que les dirigeants appelaient d’une manière simpliste « les galactiques ». Il y a fort à craindre que « les fantastiques », qualificatif tout aussi ridicule, ne fassent pas mieux d’autant que le vestiaire subit de plus en plus négativement l’ego surdimensionné de ces messieurs. Nous verrons le résultat dans quelques semaines.
En revanche, nous percevons facilement à la fois dans son jeu et dans ses déclarations, que Thierry Henry n’est pas heureux à Barcelone. Il évoque, outre sa frustration de footballeur de ne pas évoluer à sa vraie place, des problèmes personnels et notamment le fait d’être séparé de sa petite fille. Si tout cela paraît compréhensible, nous serions tentés de répondre à notre meilleur attaquant qu’il eut été préférable qu’il y pensât avant. En effet, l’ex-épouse d’Henry vivant à Londres et ayant apparemment la garde de sa fille, il eut mieux valu qu’Henry restât à Arsenal, d’autant qu’il avait toujours affirmé un amour exclusif pour ce club qui l’avait fait grand et qui le payait grassement.
Enfin, nous n’avons pas à nous immiscer dans la vie de Thierry Henry, mais en tant que supporter nous avons le droit de donner notre avis, d’autant qu’il paraît marqué du sceau du bon sens. Il permettra peut-être de servir de leçon à certains joueurs infiniment moins talentueux qu’Henry, qui n’ont de cesse de changer de club, même quand ils y sont choyés, pour aller voir ailleurs parce qu’il leur semble que l’herbe de la pelouse y est plus verte. Ils sont nombreux à avoir quitté un club où ils étaient titulaires, où leur épanouissement était total, pour aller dans un « grand club » où la concurrence est exacerbée et où ils ne font qu’accumuler déceptions.
Est-ce que Malouda est heureux à Chelsea ? Est-ce que Keita s’épanouit à Lyon ? Et Diarra au Real Madrid et tant d’autres avec eux ? Alors pour un Drogba qui a pleinement réussi en Angleterre, combien de joueurs à l’image de Chevchenko ont vu leur carrière freinée par un changement de club inopportun, qui devait leur apporter un supplément de gloire ou d’argent et qui, finalement, n’a engendré qu’amertume et frustations ? En tout cas, il y en au moins un qui a su raison garder en restant à la Juventus, là où il se sent tellement bien, David Trezeguet. Cela lui permet de se consoler de n’être que le quatrième choix de Domenech.
Michel Escatafal
07:58 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
10.03.2008
Il ne faut pas prendre la grosse tête !
Karim Benzema a le potentiel pour devenir un très grand joueur comme notre football en produit depuis 20 ans presque à jet continu. Cela nous a valu d’avoir dans notre équipe nationale de purs talents comme Zidane, Henry ou Ribéry pour ne citer qu’eux, parce qu’on pourrait en citer beaucoup d’autres. Benzema a tout pour devenir une « superstar », comme on dit aujourd’hui, mais à la condition qu’il ne prenne pas la grosse tête. Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que ce jeune homme ne veut pas jouer à gauche de l’attaque, ou bien parce qu’il n’accepte pas son remplacement en cours de match, allant même jusqu’à refuser de serrer la main d’un coéquipier à l’occasion d’un changement.
Cet épisode, plus celui d’hier soir où manifestement il a montré sa mauvaise humeur d’avoir été remplacé après l’heure de jeu, nous laisse à penser que Benzema est en train de se laisser aller à de mauvaises habitudes, pour ne pas dire des enfantillages. Il semble jouer les divas, alors que son entraîneur a bien raison de vouloir le ménager pour les matches à venir, lui qui en a déjà disputé beaucoup pour un joueur de son âge. De plus, être rappelé sur le banc n’a rien d’infamant quand on voit Chevchenko par exemple, Ballon d’Or en 2004, cirer le banc de Chelsea plus souvent qu’à son tour.
Ce serait dommage que les conseillers du joueur, y compris le staff du club lyonnais, ne fassent pas comprendre à ce jeune joueur qu’une équipe de nos jours, c’est 25 joueurs. Cristiano Ronaldo ne joue pas tous les matches avec Manchester. Tevez de son côté est remplaçant dans cette même équipe, et il est pourtant un joueur majeur de l’équipe d’Argentine. Et que dire de Ronaldinho au Barça. Alors que Benzema patiente un peu, parce qu’il est bien qu’il soit un peu ménagé par son entraîneur qui ne veut pas le « griller » avant l’âge. Et si le même entraîneur le fait jouer sur le flanc gauche de la ligne d’attaque, on peut supposer qu’il a ses raisons. En tout cas pour le moment les faits lui donnent raison, car si Lyon a été éliminé de la Ligue des Champions, l’OL est en tête du championnat avec 6 points d’avance après sa victoire sur Bordeaux.
Dans le passé on a connu des joueurs dans des grands clubs qui, bien qu’évoluant à un niveau supérieur à celui de Benzema aujourd’hui, ne rechignaient pas à la tâche même s’ils n’opéraient pas à leur poste préféré. Les plus anciens se rappelleront de Raymond Kopa quand il jouait au Real Madrid avec Di Stefano à la fin des années 1950. Ces deux joueurs étaient les meilleurs du monde à l’époque, mais le problème était qu’ils évoluaient au même poste de meneur de jeu. Alors l’entraîneur (Villalonga ) du grand Real (vainqueur des 5 premières Coupes d’Europe) avait positionné Kopa au poste d’ailier droit.
Certes, notre compatriote aurait préféré jouer à son vrai poste, mais Di Stefano était au Real depuis plusieurs années et il en était le patron sur le terrain. D’ailleurs si Kopa n’était pas convaincu de la chose, un dirigeant de l’époque s’est chargé de le lui rappeler quand un jour le meneur de jeu de l'Equipe de France, qui venait de réaliser un festival en championnat d’Espagne à la place de Di Stefano blessé, s’avisa de se plaindre de n’être pas utilisé au maximum de ses possibilités. On lui répondit ceci : « Ici le numéro 1 c’est Di Stefano et toi tu es le numéro 2. Alors, tu es payé et même très bien payé, donc tu joues où on te dit de jouer ». Voilà une réponse sur laquelle devrait méditer Benzema qui n’est pas un des deux meilleurs joueurs de monde (pas encore), et qui ne joue pas dans un club qui a gagné plusieurs fois la Ligue des Champions.
Ce petit rappel historique permet de réaliser que Benzema, qui a beaucoup de talent, a encore tout à prouver sur le plan international. D’ailleurs s’il est sélectionné pour le Championnat d'Europe, en Juin prochain, il faudra sans doute qu’il s’habitue au rang de remplaçant car, pour une compétition comme celle-là, Domenech ne se passera sans doute pas de l’expérience de Thierry Henry, ni même peut-être de celle d’Anelka. Alors que dira-t-il dans ce cas ? Il ferait bien de méditer sur l’attitude de David Trézéguet, authentique vedette de la Juventus et du Calcio (il en est actuellement le meilleur buteur) qui, à ce que je sache, a longtemps accepté sans rien dire le statut de remplaçant que lui a fait adopter Domenech en Equipe de France, ce qui provoque d’ailleurs l’incompréhension des Lippi, Ranieri ou autres Capello. Cela dit je suis confiant car Benzema est jeune, et ses dirigeants finiront bien par lui faire comprendre où est son intérêt. Peut-être quand il aura signé sa prolongation ?
Michel Escatafal
16:29 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
07.03.2008
Vont-ils finir par s'entendre?
J’avais fait un article il y a peu, dans lequel je parlais de cette dichotomie qui empoisonne le cyclisme professionnel, entre d’un coté la fédération internationale (l’UCI), et de l’autre ASO (groupe Amaury Sports) qui est propriétaire du Tour de France, et de quelques grandes courses qui ont participé à la légende de ce sport. Bien entendu, à travers ce conflit, il ne faut pas se faire d’illusion : il y a d’abord une question d’argent. ASO par l’intermédiaire de son président Patrice Clerc, a beau nous dire que c’est l’éthique qui préside à son désir de s’affranchir du Pro Tour, en réalité il y a une part de vrai quand Pat Mac Quaid, président de l’Union Cycliste Internationale, prétend qu’ASO veut en priorité organiser son propre circuit pour des raisons économiques.
D’ailleurs si ASO ne pensait qu’à l’avenir du cyclisme, elle ferait ce qui se fait en Formule 1, à savoir organiser ses propres courses d’une manière indépendante, mais en restant dans le giron de la fédération internationale. A qui fera-t-on croire que Bernie Ecclestone, le Patrice Clerc de la Formule 1, qui organise le Championnat du Monde de F1 ne jouit pas d’une très grande indépendance dans l’organisation de la saison ? A aucun de ceux qui s’intéressent de près à ce sport, ce qui n’empêche pas la FOCA (équivalent d’ASO) d’engranger des dizaines de millions d’euros de bénéfice. Et tout cela est fait avec l’aval de la Fédération Internationale (FIA).
A une certaine période, il y a 25 ans, les relations entre la FOCA et la FIA étaient très dégradées au point de voir le Grand Prix d’Imola en 1982, être couru uniquement par ce que l’on appelait les équipes légalistes (Ferrari, Renault) vis-à-vis de la FIA, alors que les écuries anglaises dissidentes (Williams, Mac Laren, Brabham) avaient refusé de participer. Cela ne nous empêcha pas de voir un extraordinaire grand prix avec un duel d’anthologie entre Didier Pironi et Gilles Villeneuve. Cela étant au grand prix suivant, tout le monde comprit que l’intérêt de la F1 et des équipes qui composaient le plateau passait par un accord et l’épisode fut sans lendemain.
Il reste à espérer que ce sera la même chose pour le vélo et que le conflit entre l’UCI et ASO se terminera rapidement. De toute façon, quelle que soit l’issue du conflit, il faut que les deux parties trouvent un accord sous peine de voir le sport cycliste en subir de graves conséquences, et il n’a pas besoin de cela en ce moment. En tout cas, si ASO persiste dans son envie de créer une ligue privée, elle perdra beaucoup de sa crédibilité. Quand à l’UCI il faut qu’elle comprenne que la priorité des priorités est de conserver intact le patrimoine du cyclisme, et les épreuves qu’organise ASO appartiennent toutes à ce patrimoine.
En clair, il faut savoir raison garder et faire en sorte que dans cette affaire il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu. Les amoureux du vélo, dont je fais partie, se moquent de savoir qui a vraiment tort ou raison. Les deux parties ont des torts réciproques, n’en déplaise à notre ministre des Sports qui, manifestement, a pris partie pour ASO contre l’UCI. C’est une grossière erreur, une de plus de la part d’un homme qui n’a pas les compétences pour occuper un tel poste. Ce n’est pas parce qu’on a été un bon demi de mêlée de club et sélectionneur du Quinze de France qu’on est apte à devenir ministre. Mais cela est une autre histoire et ne fera pas avancer les affaires du sport cycliste. Malgré tout le sport professionnel, de plus en plus régi par le fric, est vraiment devenu un panier de crabes. Quelle tristesse !
Michel Escatafal
20:02 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
05.03.2008
Ils n'avancent plus contrairement à d'autres
Ce titre s’adresse évidemment aux Lyonnais qui viennent de se faire éliminer une nouvelle fois au stade des 1/8è des finales de la Ligue des Champions. L’Olympique Lyonnais a une belle équipe, tout le monde le reconnaît, mais il leur manque ce quelque chose qui fait la différence entre une très bonne équipe et une grande équipe. Alors, bien sûr Lyon a été éliminé par Manchester United qui appartient depuis très longtemps au gotha européen. J’allais même dire depuis toujours, y compris après la catastrophe de Munich en 1958 où une partie de l’équipe, au demeurant extraordinaire, avait été décimée dans un accident d’avion. Cela étant, Arsenal en revanche a battu l’AC Milan à San Siro est s’est qualifié pour les ¼ de finales.
Pourquoi je parle d’Arsenal plutôt que de Fenerbache ou du FC Barcelone qui se sont également qualifiés hier soir, avec des adversaires (F.C. Séville et Celtic Glasgow) il est vrai loin d’être au niveau de Manchester ou l’AC Milan ? Parce qu’Arsenal est un club que nous Français connaissons bien, avec un entraîneur (Arsène Wenger) et la moitié de l’équipe composée avec des joueurs ayant un passeport français. Parce qu’Arsenal n’est sans doute pas plus riche que Lyon, car ce club a des dettes très importantes depuis la construction de son nouveau stade. Parce qu’Arsenal figure chaque année dans les 3 premiers du Championnat d’Angleterre qui est certainement le meilleur d’Europe. Donc, la comparaison avec Arsenal est pertinente.
Arsenal depuis 15 ans a gagné la Coupe des Coupes (C2), a été finaliste de la Ligue des Champions en 2006, a été 3 fois champion d’Angleterre et remporté 4 fois la Coupe d’Angleterre (Cup). Or pendant la même période, si l'Olympique Lyonnais a été 6 fois champion de France et a gagné une Coupe de la Ligue, il n’a jamais dépassé les ¼ de finales de la Ligue des Champions. Donc, avec des moyens sans doute équivalents, Arsenal est un grand d’Europe et pas l’Olympique Lyonnais. Alors pourquoi cette différence de palmarès, d’autant qu’en France on a coutume de dire que Lyon c’est l’exemple à suivre, que Lyon gagnera un jour la Ligue des Champions, que Lyon etc. ?
Je ne vais évidemment pas parler de la manière dont il faudrait jouer ou de ce qu’il manque sur le plan technique. Je ne suis pas technicien, donc je ne parlerais pas comme le font doctement les supporters qui s’imaginent qu’en alignant tel joueur plutôt que tel autre cela irait mieux. Pour ma part, pour ces choses là, je fais confiance aux entraîneurs parce qu’ils ont joué au football au plus haut niveau, parce que c’est leur métier d’entraîner, et parce qu’ils ont tous les éléments pour composer une équipe. Les supporters eux n’ont, pour la quasi-totalité d’entre eux, jamais côtoyé le haut niveau et n’ont ni les compétences, ni les éléments pour composer l’équipe. En revanche, on peut faire davantage de comparaisons dans la manière de gérer les hommes.
A Arsenal d’après ce que l’on sait, le domaine technique c’est l’affaire exclusive d’Arsène Wenger. Il a son équipe de techniciens, il a son enveloppe pour recruter ou garder les joueurs, donc il a la totalité des prérogatives techniques. Ferguson à Manchester est dans la même situation. Il faut reconnaître que les résultats sont là pour prouver que la méthode a du bon. Arsène Wenger a même pu constituer une équipe de grand talent avec des joueurs jeunes qu’il a eu toute latitude de recruter, dans la limite de l’enveloppe attribuée, de former et de lancer dans le grand bain dès qu’ils ont été opérationnels. Aujourd’hui cette génération de joueurs est extraordinairement prometteuse. Elle peut même se passer sans problème de son joueur emblématique jusqu'au mois de juin dernier, l’homme qui a pulvérisé tous les records à Arsenal, nous voulons parler de Thierry Henry.
Mieux même, Wenger a réussi le tour de force de garder Henry pendant 8 ans, y compris pendant la période 2000-2006 où il était le meilleur attaquant du monde, et de le laisser partir à un excellent prix au moment où Thierry Henry commence à ressentir le poids des ans. Bravo l’artiste ! Cela dit, tout cela n’a été possible que parce que Wenger avait les coudées franches au niveau technique, ce qui n’a jamais été le cas des différents entraîneurs lyonnais qui se sont succédés ces dernières années (Santini, Le Guen, Houiller ou Perrin). Il y a en effet, d'une part Aulas le président et son équipe et, d'autre part le staff technique. Et pour les transferts, c’est le président qui tranche et non l’entraîneur.
Voilà où est la différence entre Lyon et Arsenal. L’an passé, si Wenger a laissé partir Henry, il a en revanche gardé tous ses joueurs jeunes et prometteurs, du moins ceux qu’il voulait garder. Lyon a laissé partir Tiago, Abidal et Malouda, soient trois pions essentiels de l’équipe de l’an passé. Il les a remplacés par des joueurs qui sont loin d’avoir les mêmes qualités que les trois qui sont partis, ce qui n’a pas contribué à renforcer l’équipe, au contraire. Heureusement pour eux, les Lyonnais ont enregistré la montée en puissance de joueurs comme Benzema et Ben Arfa… dont on annonce déjà le départ, malgré les dénégations de Monsieur Aulas. Jusqu’à quand ? Certes Lyon a encore de bonnes chances de conserver son titre national, mais Arsenal sera peut-être dans 2 mois champion d’Angleterre et vainqueur de la Ligue des Champions. Alors, nous disons à Monsieur Aulas de laisser à ses entraîneurs la responsabilité du domaine sportif, comme c'est le cas à Arsenal, mais aussi à Bordeaux. C'est mieux pour tout le monde.
Michel Escatafal
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02.03.2008
Quel est le meilleur pilote de l'histoire de la F1?
J’avais déjà essayé l’exercice avec le vélo et ce n’était pas facile, mais la difficulté ne me rebute pas. Alors je vais recommencer avec la Formule 1, discipline reine du sport automobile, et essayer de voir quels sont les plus grands champions depuis que la F1 existe, c’est-à-dire depuis 1950. J’ai utilisé pour cela un peu la même méthode que pour le cyclisme, à savoir m’appuyer en priorité sur les palmarès, corrigés toutefois par quelques ratios sans doute beaucoup plus pertinents.
Pourquoi ne pas se contenter des palmarès ? Tout d’abord à la différence du vélo, les épreuves aujourd’hui sont très différentes de celles de la décennie 1950. Il est clair que le nombre de grands prix disputés, par exemple, est beaucoup plus important dans les années 2000 qu’il ne l’était dans les années 50 ou 60. De plus, les circuits sont eux aussi très différents.
On ne peut pas comparer le Nurburgring ou Spa Francorchamps tels qu’ils étaient il y a 30 ans avec les circuits sur lesquels se déroulent à présent les grands prix, quand ils ont lieu. En fait, il n’y a guère que Monaco qui n’ait pas beaucoup évolué et pour cause, le circuit est en ville. Peut-être d’ailleurs est-ce une des raisons pour lesquelles ce grand prix est considéré comme celui qu’il faut absolument gagner dans la saison, même s’il vaut 10 points au vainqueur, comme tous les autres.
Il a donc fallu déterminer les paramètres les plus indiscutables, et ne pas se contenter des courses gagnées ou des titres de champions du monde remportés, auquel cas le grand vainqueur serait Michael Schumacher. Ce dernier en effet possède tous les records de la discipline ou presque. En fait, il n’y en a qu’un qui lui échappe, le nombre de grands prix disputés, qui est évidemment le moins important pour déterminer un classement objectif.
Qui oserait prétendre que Patrese, actuel recordman avec 256 départs, ou Barrichello qui va lui succéder bientôt, sont du calibre de Schumacher qui ne compte que 249 départs ? Personne bien sûr, et si quelqu’un en doutait il suffirait qu’il regarde les statistiques de Schumacher et Barrichello à l’époque où ils étaient équipiers chez Ferrari. Manifestement les deux hommes ne tirent pas dans la même catégorie. L’Allemand est un pur crack, alors que le Brésilien est un très bon pilote.
Alors quels sont les résultats de ces cogitations, sachant que nous avons pris pour critères majeurs les ratios victoires/sur grands prix disputés et pole positions/sur grands prix disputés. Cela donne une idée assez exacte de la réalité. Certes cela favorise les pilotes des années 50 ou 60 qui ne disputaient que quelques grands prix chaque année (7 ou 8 dans les années 50, 10 à 12 dans les années 60) contre 18 maintenant. En revanche, avec 18 grands prix dans une saison, un pilote disposant de la meilleure machine peut très bien en remporter 11 ou 13, ce qui a été le cas de Michael Schumacher en 2002 et 2004.
Il est donc normal que le premier de ce classement soit celui qui a longtemps été le symbole de la F1, Juan-Manuel Fangio, 5 fois champion du monde entre 1951 et 1957. Celui-ci avec 24 victoires pour 51 grands prix disputés (47,1%) est aussi en tête en ce qui concerne les pole positions, 29 pour 51 grands prix ce qui fait un ratio extraordinaire de 56,8%. Il devance Alberto Ascari, champion du monde en 1952 et 1953 avec un ratio de victoires de 40,6% (13 victoires pour 32 grands prix) et de 43,8% pour les pole positions. Michael Schumacher arrive en 3è position avec un ratio de victoires de 36,5 et 27,3% pour les pole positions.
Ensuite à la 4è place vient Jim Clark avec un ratio de victoires de 34,7% (72 grands prix) et de 45,8% pour la pole position ce qui le place en deuxième position sur ce plan. En 5è position, nous trouvons Jacky Stewart avec un ratio de victoires de 27,2% (99 grands prix) et 17,2% pour les pole positions. Après nous retrouvons les inséparables Prost et Senna qui ont un ratio de victoires très proche, respectivement 25,6% et 25,5%, mais Senna a un coefficient de pole position nettement supérieur avec 40,3% contre 16,5% à Prost.
En 8è position apparaît un pilote, Stirling Moss, qui a pour particularité d’avoir été un des plus grands, mais qui n’a jamais été champion du monde en raison d’une part d’une certaine malchance, mais aussi du règlement de l’époque qui contrairement à aujourd’hui ne tenait pas suffisamment compte des victoires. Avec le nombre de points attribués actuellement, Moss aurait été au moins une fois champion du monde. D’ailleurs son ratio de victoires et de pole position de 24,2% lui permet de soutenir la comparaison avec les meilleurs.
A la 9è place, nous enregistrons une nouvelle surprise avec un pilote extrêmement méconnu, Damon Hill, qui a eu la particularité d’avoir pour équipiers deux des monstres sacrés de la discipline, Prost et Senna. Le ratio de victoires de Damon Hill est de 19,1% et celui des pole positions de 17,4%. Enfin, en 10è position seulement, vient Alonso le double champion du monde des années 2005 et 2006 avec respectivement 18,1% pour son ratio de victoires et 16,2% pour celui des pole positions. Quant au champion du monde en titre, Raikkonen, ses ratios sont respectivement de 12,3% pour les victoires, malgré ses 6 succès en 2007, et de 11,4% pour les pole positions.
Enfin, compte tenu du fait qu’il n’a disputé que 17 grands prix, nous donnerons simplement pour information les ratios, au demeurant excellents, de Lewis Hamilton qui sont de 23,5% pour les victoires et de 35,2% pour les pole positions. Ses 4 victoires et ses 6 pole positions lui ont valu la 2è place au championnat du monde, réussissant l’exploit de devancer son équipier Alonso pour sa première année en F1. C’est bien un surdoué qui vient d’arriver dans la discipline, et Alonso ou Raikkonen n’ont qu’à bien se tenir dans les années à venir d’autant qu’il disposera d’une Mac Laren.
Et cela m’amène à dire qu’en F1 c’est quand même la voiture qui fait la différence, même si le pilote a largement sa part dans la performance de celle-ci. Pour pouvoir comparer deux pilotes entre eux, il n’y a qu’un moyen : disposer à égalité de la même machine. Ce fut le cas pour Fangio et Moss chez Mercédès en 1955, puis pour Clark et Graham Hill en 1967-68 chez Lotus, puis pour Prost et Lauda en 1984-1985 chez Mac Laren, puis Prost et Senna chez Mac Laren aussi en 1988-1989 pour ne citer que les plus fameux tandems. Dans tous les cas, il y en a fatalement un qui finit par prendre le dessus (Fangio, Clark, Prost et Senna), même si dans la confrontation entre Prost et Senna ce fut très serré, le Brésilien l’emportant en qualification, mais en course l’écart était extrêmement réduit, sauf sous la pluie.
Alors quel a été le meilleur pilote ? Difficile à dire, car si les ratios disent Fangio, si les statistiques disent Schumacher, si les confrontations entre équipiers champions du monde diraient aussi Clark, Stewart ou Senna, nul ne peut dire avec certitude qui aurait gagné s’ils avaient tous couru en même temps, chacun au sommet de sa forme. Schumacher aurait-il été aussi impérial s’il avait eu dans son écurie un pilote capable de le pousser dans ses derniers retranchements, ce qui ne lui est jamais arrivé ? Y-a-t-il eu un pilote aussi doué qu’Ayrton Senna sous la pluie ? Quel était le plus rapide sur un tour en qualifications entre Fangio, Clark et Senna ? Y-a-t-il eu un meilleur metteur au point que Prost ? Autant de questions qui resteront sans réponse parce qu’il ne peut pas y en avoir.
Cela dit je vais quand même me mouiller, non pas que je sois un technicien, mais en me basant sur ce qu’ont dit les meilleurs observateurs ou les pilotes eux-mêmes depuis que la F1 existe. Le premier doit être Fangio, suivi d’Ayrton Senna qui n’a pas disposé d’une voiture compétitive pendant les deux premières années de sa carrière, et de Jim Clark. Ensuite Stewart, Schumacher et Prost dans n’importe quel ordre. En récapitulant, Fangio ce sont les années 50, Clark les années 60, Stewart les années 60 et 70, Prost et Senna les années 80 et 90 et Schumacher les années 90 et 2000. La boucle est bouclée, ce sont bien eux les meilleurs de leur époque. Comment s’appellera leur successeur ? Raikkonen, Alonso, Hamilton, et pourquoi pas Bourdais ? L’avenir le dira.
| Nom des | Champion | Nombre | Nombre de | Nombre de | Ratio% victoires/ | Ratio% pole/ |
| pilotes | du monde | de victoires | pole positions | grands prix | gd prix disputés | gd prix disputés |
| J.M. Fangio | oui 5 | 24 | 29 | 51 | 47.1 | 56.8 |
| A. Ascari | oui 2 | 13 | 14 | 32 | 40.6 | 43.8 |
| M. Schumacher | oui 7 | 91 | 68 | 249 | 36.5 | 27.3 |
| J. Clark | oui 2 | 25 | 33 | 72 | 34.7 | 45.8 |
| J. Stewart | oui 3 | 27 | 17 | 99 | 27.2 | 17.2 |
| A. Prost | oui 4 | 51 | 33 | 199 | 25.6 | 16.5 |
| A. Senna | oui 3 | 41 | 65 | 161 | 25.5 | 40.3 |
| S. Moss | non | 16 | 16 | 66 | 24.2 | 24.2 |
| D. Hill | oui 1 | 22 | 20 | 115 | 19.1 | 17.4 |
| F. Alonso | oui 2 | 19 | 17 | 105 | 18.1 | 16.2 |
| N. Mansell | oui 1 | 31 | 32 | 187 | 16.5 | 17.1 |
| G. Farina | oui 1 | 5 | 5 | 33 | 15.1 | 15.1 |
| N. Lauda | oui 3 | 25 | 24 | 171 | 14.6 | 14.0 |
| Hakkinen | oui 2 | 20 | 26 | 162 | 12.3 | 16.0 |
| Raikkonen | oui 1 | 15 | 14 | 122 | 12.3 | 11.4 |
| Piquet | oui 3 | 23 | 24 | 204 | 11.2 | 11.7 |
| Brabham | oui 3 | 14 | 13 | 126 | 11.1 | 10.3 |
| Hamilton | non | 4 | 6 | 17 | 23.5 | 35.2 |
Michel Escatafal
08:46 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports