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07.03.2008
Vont-ils finir par s'entendre?
J’avais fait un article il y a peu, dans lequel je parlais de cette dichotomie qui empoisonne le cyclisme professionnel, entre d’un coté la fédération internationale (l’UCI), et de l’autre ASO (groupe Amaury Sports) qui est propriétaire du Tour de France, et de quelques grandes courses qui ont participé à la légende de ce sport. Bien entendu, à travers ce conflit, il ne faut pas se faire d’illusion : il y a d’abord une question d’argent. ASO par l’intermédiaire de son président Patrice Clerc, a beau nous dire que c’est l’éthique qui préside à son désir de s’affranchir du Pro Tour, en réalité il y a une part de vrai quand Pat Mac Quaid, président de l’Union Cycliste Internationale, prétend qu’ASO veut en priorité organiser son propre circuit pour des raisons économiques.
D’ailleurs si ASO ne pensait qu’à l’avenir du cyclisme, elle ferait ce qui se fait en Formule 1, à savoir organiser ses propres courses d’une manière indépendante, mais en restant dans le giron de la fédération internationale. A qui fera-t-on croire que Bernie Ecclestone, le Patrice Clerc de la Formule 1, qui organise le Championnat du Monde de F1 ne jouit pas d’une très grande indépendance dans l’organisation de la saison ? A aucun de ceux qui s’intéressent de près à ce sport, ce qui n’empêche pas la FOCA (équivalent d’ASO) d’engranger des dizaines de millions d’euros de bénéfice. Et tout cela est fait avec l’aval de la Fédération Internationale (FIA).
A une certaine période, il y a 25 ans, les relations entre la FOCA et la FIA étaient très dégradées au point de voir le Grand Prix d’Imola en 1982, être couru uniquement par ce que l’on appelait les équipes légalistes (Ferrari, Renault) vis-à-vis de la FIA, alors que les écuries anglaises dissidentes (Williams, Mac Laren, Brabham) avaient refusé de participer. Cela ne nous empêcha pas de voir un extraordinaire grand prix avec un duel d’anthologie entre Didier Pironi et Gilles Villeneuve. Cela étant au grand prix suivant, tout le monde comprit que l’intérêt de la F1 et des équipes qui composaient le plateau passait par un accord et l’épisode fut sans lendemain.
Il reste à espérer que ce sera la même chose pour le vélo et que le conflit entre l’UCI et ASO se terminera rapidement. De toute façon, quelle que soit l’issue du conflit, il faut que les deux parties trouvent un accord sous peine de voir le sport cycliste en subir de graves conséquences, et il n’a pas besoin de cela en ce moment. En tout cas, si ASO persiste dans son envie de créer une ligue privée, elle perdra beaucoup de sa crédibilité. Quand à l’UCI il faut qu’elle comprenne que la priorité des priorités est de conserver intact le patrimoine du cyclisme, et les épreuves qu’organise ASO appartiennent toutes à ce patrimoine.
En clair, il faut savoir raison garder et faire en sorte que dans cette affaire il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu. Les amoureux du vélo, dont je fais partie, se moquent de savoir qui a vraiment tort ou raison. Les deux parties ont des torts réciproques, n’en déplaise à notre ministre des Sports qui, manifestement, a pris partie pour ASO contre l’UCI. C’est une grossière erreur, une de plus de la part d’un homme qui n’a pas les compétences pour occuper un tel poste. Ce n’est pas parce qu’on a été un bon demi de mêlée de club et sélectionneur du Quinze de France qu’on est apte à devenir ministre. Mais cela est une autre histoire et ne fera pas avancer les affaires du sport cycliste. Malgré tout le sport professionnel, de plus en plus régi par le fric, est vraiment devenu un panier de crabes. Quelle tristesse !
Michel Escatafal
20:02 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
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