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29.02.2008

Il va bien falloir finir par s'entendre...

543974381.jpgDécidément le sport ressemble de plus en plus à la politique et il va falloir s’y faire. On en a la preuve en ce moment avec la guerre entre l’Union Cycliste Internationale, qui veut conserver ses prérogatives, et ASO qui est la principale société organisatrice d’épreuves cyclistes. A ce titre c’est elle qui organise les monuments du vélo que sont le Tour de France, Paris-Nice, le Critérium International, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Paris-Tours et j’en oublie sans doute. Bref, ASO a plus de pouvoirs que l’UCI parce que les équipes ne peuvent pas se passer de ces épreuves, sous peine de voir les sponsors cesser leurs investissements. Alors chacun y va de ses prérogatives, mais à la fin c’est toujours ASO qui gagne.

Comment pourrait-il en être autrement ? Qui va s’intéresser au Tour du Mexique ou même au Tour de Hongrie ? Personne et c’est cela que devrait comprendre l’UCI. Celle-ci a eu il y a quelques années une intention louable, destinée à mondialiser le cyclisme. Elle a créé le Pro Tour en 2004 avec  l’assurance et l’obligation pour les 20 équipes qui possèdent la « licence Pro Tour » de participer aux épreuves du calendrier qui ont le label UCI-Pro Tour. Jusque là tout va bien puisque tout le monde semble y trouver son compte sauf que, ASO et les propriétaires du Giro et de la Vuelta  veulent inviter qui ils veulent à leurs compétitions, et notamment des équipes qui n’appartiennent pas au Pro Tour au détriment de celles qui ont la licence.

Là ça se complique et même cela devient confus, parce que certains organisateurs voient un intérêt particulier à accepter dans leur épreuve des équipes qui n’ont pas pu intégrer le Pro Tour, faute le plus souvent de moyens, mais qui ont des résultats significatifs et dont la présence se justifie davantage sur le plan sportif ou…éthique.  En revanche pour l’UCI, le règlement c’est le règlement, et il n’est pas question pour ces organisateurs de refuser une équipe appartenant au Pro Tour, surtout sans son accord. Cet accord qu’elle n’accordera pas sous peine de se déjuger, puisqu’elle a accepté l’inscription de cette équipe dans le Pro Tour.

J’espère que vous suivez toujours, et je continue donc sur les invitations au Tour de France ou au Tout d’Italie. ASO, organisateur du  Tour de France a refusé cette année l’inscription de l’équipe Astana dans son épreuve phare en raison de son implication dans des affaires de dopage retentissantes ces deux dernières années. Pour mémoire on se rappellera que l’an passé Vinokourov, son coureur vedette, a été exclu du Tour pour avoir triché dans une étape contre-la- montre qu’il avait largement dominée. Donc ASO n’en veut plus pour ses épreuves, y compris Paris-Nice. Le problème est qu’Astana qui a changé ses cadres, mais pas son sponsor, compte dans ses rangs le dernier vainqueur de Paris-Nice et surtout du Tour de France (Contador), mais aussi quelques uns des meilleurs coureurs actuels (Kloden, Leipheimer).

L’UCI jouant là-dessus, exige qu’ASO respecte les obligations du Pro Tour. ASO de son coté, forte d’être propriétaire de l’épreuve au rayonnement planétaire qu’est le Tour de France, se moque des directives de l’UCI et décide de faire ce qu’elle veut avec l’accord tacite de la FFC (Fédération Française de Cyclisme) qui accepte de signer les conventions nécessaires à la tenue des courses (commissaires, contrôles anti dopage etc.). C’est ce qui a été décidé pour Paris-Nice qui doit débuter la semaine prochaine et nul doute que, s’il le faut,  cet accord sera aussi valable par exemple pour le Tour de France.

Voilà où nous en sommes dans ce bras de fer entre organisateurs et UCI. Et les coureurs que disent-ils et que font-ils ? Et bien, à part se réunir, ils ne peuvent pas faire grand-chose sinon suivre les directives de leurs équipes, elles-mêmes faisant in fine ce que les sponsors leur demanderont de faire. Et pour les sponsors, l’unique raison de vivre du cyclisme c’est le Tour de France et accessoirement le Tour d’Italie, les autres épreuves ne servant qu’à garnir le calendrier. Donc les coureurs ne sont pas assez puissants pour influencer les choses et, ils le sont d’autant moins, qu’il n’y a pas dans le peloton un Coppi, un Bobet, un Anquetil, un Merckx ou un Hinault, c’est-à-dire un coureur capable de gagner à la fois Paris-Roubaix, de faire le doublé Tour de France – Tour d’Italie, de gagner le Tour de Lombardie et d’être champion du monde à la fin de la saison. Seul un coureur de ce calibre pourrait entraîner le reste du peloton et peser sur l’UCI et les organisateurs.

Et les spectateurs alors ? Tout d’abord le spectacle est gratuit, donc on vient en famille et c’est l’occasion de faire la fête sur les routes françaises, italiennes ou belges. On peut oublier ses soucis pendant quelques heures, même si le spectacle sportif est souvent très court. Cela ne fait rien, les jeunes apprécient, les parents sont contents et les anciens se rappellent parfois les belles heures des duels Coppi-Koblet,  Anquetil-Rivière, Merckx-Ocana ou Hinault-Fignon. Cela suffit à les réjouir et peu importe si le vainqueur du Tour s’appelle Contador, Evans ou Pereiro. De toutes façons, aucun de ceux-là ne les fait rêver, donc le rêve ne peut être que collectif et il y aura toujours du monde sur le bord de la route. On revient à la case départ. C’est quand même un sport magnifique le cyclisme, pour moi le plus beau qui existe !

Michel Escatafal

25.02.2008

Une suffisance dommageable...

1641254004.jpgJe n’ai pas eu trop le temps de m’occuper de sport ce week-end, alors je vais revenir sur un épisode qui m’a gêné ce jeudi avec l’élimination de Bordeaux pour les 1/8è de finales de la Coupe de l’UEFA. Pour être un supporter des Girondins (c’est mon pays) j’ai beaucoup souffert de voir Laurent Blanc, l’entraîneur,  négliger cette compétition. Il dit qu’il veut privilégier le championnat,  et donc il a fait jouer une partie de son équipe réserve. L’ennui est que les Girondins ont été sortis de la Coupe de l’UEFA et ils n’ont pas gagné pour autant hier soir contre Lille.

Il y avait un peu de suffisance de la part de Laurent Blanc à laisser sur le banc pour cette rencontre contre Anderlecht, une bonne partie de l’effectif titulaire, à savoir Cavenaghi son buteur vedette, Micoud son meneur de jeu, Wendel et Jurietti. Pourquoi ne pas les avoir mis d’entrée de match, quitte à les faire sortir une fois le résultat acquis? Quand même il a suffi que Micoud et Cavenaghi rentrent en seconde mi-temps pour que les Girondins marquent aussitôt un but à des Belges certes valeureux, mais quand même limités par rapport aux grandes équipes européennes. Et si c’était cela la différence entre un grand club et un bon club, entre un grand entraîneur et un jeune entraîneur qui, pourtant, a joué dans plusieurs grandes équipes européennes.

En tout cas, notre football de club continue de rester à quai dans les compétitions continentales. Sauf très grosse performance des Lyonnais à Manchester, il est fort probable que Marseille reste le seul club français en course dans les compétitions européennes. Triste constat alors que les Anglais, les Italiens, les Espagnols et même les Allemands en ont plusieurs. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est une question de moyens, car dans ce cas Porto n’aurait pas gagné la Ligue des Champions en 2004, ni Feyenoord la Coupe de l’UEFA en 2002 ou le CSKA Moscou en 2005. Lyon a quand même de gros moyens par rapport à tous ces clubs et même peut-être Bordeaux.

Laurent Blanc qui s’inquiétait avant le début du championnat du manque de renfort des Girondins,  a quand même recruté l’été dernier Chalmé qui avait joué la Ligue des Champions avec Lille, Diarra qui a disputé la finale de la Coupe du Monde en 2006, Bellion l’ex-grand espoir du football français et Diawara, international sénégalais. Cela fait quand même quelques bons joueurs qui s’ajoutent à Ramé, Jurietti, Fernando, Wendel, Micoud ou Cavenaghi. Avec cet effectif, les Girondins devraient pouvoir courir les deux lièvres à la fois comme le font les autres grands clubs, y compris le Bayern de Munich que Bordeaux aurait dû rencontrer  au prochain tour de la Coupe de l’UEFA.

Il nous reste à attendre quelques semaines pour voir le bien-fondé ou non des décisions de Laurent Blanc, pour voir s’il avait raison ou tort de privilégier le championnat au détriment de l’Europe. Ce qui est curieux dans son attitude, c’est cette façon qu’il avait de dire par avance que Bordeaux ne pouvait pas gagner la Coupe de l’UEFA.  A-t-il si peu confiance en son équipe pour la vouer d’avance à être battue par le Bayern de Munich, le Sporting de Lisbonne ou Leverkusen ? A ce propos je pose une autre question : quand l’OM a atteint la finale de cette même Coupe de l’UEFA en 1999 ou en 2003, cette équipe était-elle plus forte que les Girondins aujourd’hui ? Pas sûr, même si Laurent Blanc est évidemment mieux placé que moi pour en juger.

Dernière chose enfin, chaque fois qu’un club français obtient des résultats, il laisse partir son meilleur joueur. Puisque nous parlons de l’OM en 2003, ce sont bien les dirigeants qui ont fait partir Didier Drogba à Chelsea parce qu’au bout il y avait un chèque de 31 ou 32 millions d’euros. Idem avec Ribéry l’an passé. Lyon n’est pas en reste malgré les rodomontades de son président. J.M. Aulas a quand même laissé partir Tiago, Malouda et Abidal l’an passé.

Alors Bordeaux saura-t-il garder Cavenaghi qui, à coup sûr, va être très sollicité à l’inter saison ? Il est vrai que les propositions vont être conséquentes pour ce footballeur d’exception, comme elles le sont déjà  pour Benzema. Mais il est vrai aussi que les grands clubs savent d’abord garder leurs meilleurs joueurs en faisant l’effort nécessaire, toujours possible dans le cas de Lyon ou Bordeaux. Espérons une nouvelle fois que les dirigeants de ces deux clubs, mais aussi  ceux de Marseille pour Nasri,  ne feront pas une gestion à courte vue et ne vendront pas « leur pépite », pour la remplacer par trois ou quatre joueurs qui ne compenseront jamais en qualité celui qui est parti. J’ai quand même une petite inquiétude quand j’entends Aulas commencer à fixer un prix pour Benzema, même si celui-ci est astronomique.

Michel Escatafal

20.02.2008

Où va le sport ?

0dca111436710bc7302bcee85541c00d.jpgDécidément c’est un sale temps pour le sport en ce moment. Entre les affaires de dopage, les insultes racistes, voilà que la natation est touchée par ce que j’appellerais  un énorme scandale. En effet, on a beau me dire que cette histoire de combinaison est normale, puisque c’est de cela qu’il s’agit, je réponds que pour moi les compétitions  de natation doivent se dérouler avec les mêmes  règles pour tout le monde. Cela me fait penser à la raquette dite « spaghetti » dans les années 70, où on voyait des joueurs de tennis tout à fait ordinaires battre les meilleurs mondiaux, ou encore à ces bicyclettes qui n’avaient de vélo que le nom et qui ont permis à un coureur comme Obree, loin de figurer parmi les grands champions de la piste, de battre le record de l’heure et même  d’être champion du monde de poursuite.

Heureusement, la Fédération Internationale de Tennis a vite réagi à l’époque,  et tout est rentré dans l’ordre, ceux qui avaient bénéficié de l’avantage de la raquette « spaghetti » retournant à leur niveau antérieur. L’Union Cycliste Internationale pour sa part a mis beaucoup plus de temps à réagir avec les vélos profilés, mais elle a quand même fini par comprendre que le record du monde de l’heure à plus de 55 km ça ne faisait pas très sérieux. Espérons qu’en cette année olympique, la Fédération Internationale de Natation réagira avec plus de rapidité que l’UCI, car il y va de la crédibilité du sport. Ce n’est pas moi qui connais très peu ce sport qui le dit, mais le double champion olympique du 100 m (Van Den Hoogenband) qui prétend,  qu’avec le type de combinaison qu’utilisent certains nageurs, on gagne beaucoup de temps.

Il n’est quand même pas normal d’entendre des entraîneurs dire qu’il est très difficile de gagner des dixièmes de seconde grâce à un entrainement forcené et voir, à coté de cela, des nageurs ou nageuses pulvériser leurs meilleurs temps à coup de secondes en pleine préparation hivernale pour les Jeux Olympiques. A moins bien sûr de considérer que les fabricants de combinaison sont plus importants que la crédibilité des compétitions, comme on a pu le voir pour le programme de natation aux J.O. avec des finales programmées tôt le matin, pour faire plaisir à la plus grande chaîne de télévision américaine. Si c’est le cas, il faut arrêter de nous expliquer que le sport est une merveilleuse école de la vie etc. alors qu’en réalité le sport est hélas devenu une affaire de fric avant tout.

Un dernier mot enfin, dans un tout autre domaine. A.S.O. la société organisatrice du Tour de France et de la plupart des grandes épreuves du calendrier, nous rebat sans cesse les oreilles avec son désir de rendre le cyclisme plus propre. Ils vont même jusqu’à interdire de Tour de France et de Paris-Nice le dernier vainqueur de ces deux épreuves, au nom de la morale et de la lutte contre le dopage. Mais, à coté de ces décisions spectaculaires, ils trouvent le moyen de faire grimper le Ventoux aux coureurs participant à Paris-Nice en plein mois de mars, alors qu’ils ont forcément à peine terminé leur préparation.

 Bref, on marche sur la tête et plus personne n’y fait attention et c’est  peut-être cela le plus grave. Si on continue comme cela, le sport finira comme la politique avec des spectateurs toujours moins nombreux et qui ne se passionneront plus pour quoi que ce soit. Et ce jour là les sponsors se feront beaucoup plus rares et passeront à autre chose. Cela dit, et si c’était le prix à payer pour que le sport retrouve sa crédibilité ? Dans ce cas ce serait un mal pour un bien, et on retrouverait des nageurs en compétition en maillot de bain, et des nageuses avec une combinaison identique pour toutes.  

Michel Escatafal

17.02.2008

Etre prêt le jour J...

bd401a73d7689c915fc2afcc33b03926.jpgEn lisant la presse sportive ce matin, j’ai été très surpris de voir à quel point est grand le décalage entre les athlètes français et les étrangers. En disant cela je parle évidemment des meilleurs. En effet, nombre d’athlètes étrangers n’hésitent pas à participer à des meetings en salle ou en plein air avant les grandes compétitions, alors que nos champions cherchent plutôt à se cacher dans quelque coin de la planète pour, paraît-il, être prêt le jour J. Le problème est que si on prend pour référence les derniers championnats du monde en plein air à Osaka,  le jour J ils ne sont pas prêts. Alors c’est vrai, il y a les blessures avec lesquelles il faut bien compter, mais quand même!

Hier avaient lieu les championnats de France en salle à Bordeaux.  J’ai lu que ces championnats n’avaient attiré qu’une assistance clairsemée, mais comment pourrait-il en être autrement alors que la plupart de nos athlètes de classe internationale n’étaient pas là. Nos athlètes gagnent-ils tellement de médailles  pour snober des championnats du monde en salle, auxquels vont participer nombre de vedettes confirmées. En tout cas, pour certaines de nos vedettes nationales, c’est quand même un titre mondial à remporter. N’est-ce pas Jean Galfione qui franchit 6 m à l’occasion de ces Mondiaux en salle (1999) ou Muriel Hurtis, titrée sur 200m en 2003 ?

En tout cas, les vedettes confirmées dont je parlais auparavant se préparent sérieusement.  Par exemple Spearmon, le coureur de 200m américain médaillé aux derniers Championnats du Monde en plein air, a réalisé aux Etats-Unis un chrono de 20,19, tout près du record du monde en salle. En Grande-Bretagne, au meeting de Birmingham, Bekele a établi la meilleure performance de l’histoire sur 2 miles. S’il participe aux Mondiaux en salle à Valence il sera prêt,  à moins qu’il ne préfère remporter un nouveau titre en Cross.

Quant à Lagat, le Champion du Monde des  1500 et 5000m, il sera prêt lui aussi pour remporter un nouveau titre en salle. Il a en effet battu nettement son compatriote Komen, ce qui lui inspire le désir de tenter de nouveau le doublé à Pékin sur 1500 et 5000m, où il pourrait affronter Bekele.  Koech, pour sa part, dans la foulée de Bekele a réalisé aussi un très beau temps et pourrait, 10 ans après, monter de nouveau sur le podium cet été aux Jeux Olympiques. Tyler Christopher apparaît lui aussi comme un sérieux client pour le podium à Valence et à Pékin. Il a réalisé un très beau chrono avec 45.80 sur 400m. Où sont Leslie Djhone ou Raquil ?

Chez les femmes, la préparation va bon train également pour la Suédoise Kallur, spécialiste des haies, qui devrait être imbattable aux Mondiaux en salle et sans doute aux Jeux Olympiques. Kim Gevaert, la sprinteuse belge a réalisé un temps de 7,15 sur 60m tout comme Angela Williams l’Américaine. Kim Gevaert pourrait bien ajouter un titre supplémentaire à son palmarès à Valence. Même quand on a été double championne d’Europe des 100 et 200M, on ne néglige pas la possibilité d’ajouter une médaille à son tableau de chasse. On ne la néglige pas non plus si on détient le record du monde du saut à la perche comme Isinbayeva, alors que notre meilleure française Vanessa Boslak estime qu'elle perdrait son temps en allant à Valence. Comprenne qui pourra!

Pour revenir à Kim Gevaert, elle retrouvera sur sa route Christine Arron, beaucoup plus douée qu’elle, mais au palmarès plus mince en épreuve individuelle. Cela dit,  Christine Arron  participera une nouvelle fois à ces Mondiaux en salle, et on espère qu’elle y sera en pleine forme, auquel cas elle pourrait enfin s’imposer dans une épreuve planétaire. Mais la reine Christine sera bien la seule de nos vedettes à Valence et c’est très regrettable. Passe encore pour Eunice Barber et Doucouré qui sont blessés ou relèvent de blessure, mais les autres !

Il est quand même dommage de penser que depuis la retraite d’El Gerrouj, le meilleur miler en valeur absolue s’appelle Medhi Baala. Or qu’a-t-il fait depuis 2003 et sa médaille d’argent derrière El Guerrouj ? Pas grand-chose, à part un titre de Champion d’Europe qui est un minimum pour lui. A chaque grande compétition, il a rencontré un problème en séries ou en demi-finale, et a fait une grosse erreur. Mais à qui la faute s’il a perdu l’habitude de courir en peloton ? Combien de compétitions fait-il chaque année ? Il faut quand même avouer qu’on est en droit de se poser des questions à son propos, et il n’est pas le seul.

En résumé, contrairement à ce qui se passait du temps de Jazy, Bambuck, Drut et autres Diagana, la plupart de nos meilleurs athlètes préfèrent l’entraînement aux compétitions. Très bien, et en plus ils répondront que ce sont eux les compétiteurs. Certes, mais cela ne nous empêche pas d’avoir des exigences, et plus que nous  les dirigeants de notre athlétisme qui ont envoyé plus de  60 athlètes aux Championnats du Monde à Osaka l’an passé, pour obtenir 3 médailles. Avec 3 fois moins d’athlètes les Suédois ont obtenu 3 fois plus de médailles. Et si l’on était plus exigeant avec des sélections à l’américaine, sans passe-droit, comme en natation par exemple ?

Michel Escatafal

16.02.2008

A propos de l'affaire Puerto...

f5920e1719942aec4b500d0a9a6c0d11.jpgIl paraît que l’on vient de rouvrir le dossier de l’affaire dite « Puerto » qui avait révélé et confirmé en 2006, les pratiques concernant le dopage sanguin. Tout le monde en a entendu parler,  puisque cette affaire pollue le bon déroulement des courses cyclistes depuis bientôt deux ans. Elle fait aussi couler beaucoup d’encre parce que le juge espagnol chargé de l’affaire avait classé le dossier,  ce qui n’avait fait qu’aviver les doutes et suspicions de tous ordres à l’encontre des coureurs cyclistes, et aussi d’autres sportifs.

Certains champions avaient avoué,  et parmi eux le plus célèbre s’appelle Ivan Basso qui n’était rien moins que le meilleur coureur à étapes du peloton. Il suffit de se rappeler la manière dont il avait écrasé le Tour d’Italie en 2006 pour en être convaincu. Aujourd’hui Basso purge une suspension de deux ans jusqu’en octobre 2008, pour prix de ses révélations. D’autres en revanche ont arrêté leur carrière, comme Ullrich, certains enfin continuent de courir comme si de rien n’était.

J’ai souvent dit ma position ici même sur les problèmes de dopage, à savoir qu’il faut lutter contre ce fléau mais aussi, que toutes les fédérations sportives doivent le faire avec la même énergie que le cyclisme. On en est loin, et ce qui est dramatique c’est d’entendre dire un grand spécialiste de la chose, qu’aux Jeux Olympiques de Pékin  beaucoup de champions olympiques seront des athlètes dopés, et notamment dans un des sports les plus contrôlés, l’athlétisme. Rageant d’autant que nombre de déclarations viennent confirmer que l’on se dope allègrement dans d’autres sports que le cyclisme et l’athlétisme.

Pour revenir à l’affaire Puerto, si elle va au bout, on va finir par savoir ce que les ordinateurs contiennent comme secrets. Il est en effet injuste que certains cyclistes soient attaqués aujourd’hui sans preuve, que certains courent alors qu’ils sont impliqués et que le sport, et notamment le vélo, soit bafoué une nouvelle fois par la faute de tricheurs incorrigibles. En disant cela, je ne pense pas uniquement aux sportifs, mais aussi aux dirigeants et à ceux qui apportent de l’argent et qui ferment les yeux surtout si la victoire est au bout.

En attendant, je me demande quel Tour de France on va voir si l’hécatombe continue. Certains vont même jusqu’à dire qu’un Français va finir par gagner. On n’en est pas encore là, mais si Contador, Kloden, Leipheimer, Di Luca sont absents, sans oublier Basso toujours suspendu, la liste des postulants à la victoire se rétrécit ou s’élargit comme on veut. Oscar Pereiro, par exemple,  a de nouveau sa chance. Ce serait quand même amusant qu’il rejoigne au palmarès des doubles vainqueurs du Tour de France, des coureurs comme Coppi, Bartali ou Fignon pour ne citer que les plus célèbres.

Bien sûr, il restera quand même quelques beaux champions pour participer à la fête de juillet, et parmi eux, nombre de jeunes coureurs qui ont les dents longues et qui, jusqu’à présent, n’ont pas été atteints par les contrôles. Parmi eux, le plus doué sans doute s’appelle Cunego. Il a gagné le Tour d’Italie à 22 ans avec une grande facilité et, la même année,  la  grande classique italienne de l’automne, le Tour de Lombardie. Tout le monde pensait qu’il allait dominer le cyclisme pour quelques années. Et puis, les années suivantes il a dû se contenter de places d’honneur, jusqu’à ce qu‘il remporte de nouveau le Tour de Lombardie en 2007. Alors est-ce un nouveau départ à 26 ans ?

D’après ce  que nous savons de lui, son taux d’hématocrite atteint naturellement des niveaux très élevés, ce qui lui procure un avantage certain selon les médecins. Il n’aurait donc pas besoin de prendre de l’EPO pour améliorer sa résistance. J’espère que les autres jeunes coureurs susceptibles de l’inquiéter dans les grands tours ou dans les classiques ardennaises, très accidentées, sont eux aussi exempts  de tout reproche. On compte trop sur eux pour revitaliser ce merveilleux sport qu’est le vélo.

Ce serait en effet une énorme déception si l’on apprenait que Dekker, Gerdemann, Rico ou Schlek,  qui sont les futurs grands protagonistes dans les prochains grands tours, sont rattrapés par des affaires de dopage. On compte tellement sur eux pour redonner tout son lustre au vélo, au même titre d’ailleurs que sur Tom Boonen l’actuel roi des classiques. Et puis, la réouverture de l’affaire Puerto finira bien par nous dire si Contador, le dernier vainqueur du Tour, mais aussi Valverde peuvent aussi émarger à ce registre. Si c’est le cas, le cyclisme sur route redeviendra  ce qu’il n’aurait jamais dû cessé d’être, à savoir le meilleur moyen de faire la fête sur les routes européennes, sans que cela ampute gravement le porte-monnaie des supporters,  comme c’est le cas pour de nombreux sports, à commencer par le football.

Michel Escatafal

13.02.2008

Quand l’Afrique s’éveillera…

511cd94c785932c039594076e2b58c0d.jpgCe titre s’inspire d’un livre célèbre signé Alain Peyrefitte ("Quand la Chine s'éveillera") qui s’est avéré prémonitoire, puisque la Chine est devenue  quelques décennies plus tard la troisième puissance économique dans le monde derrière l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon. Alors l’Afrique va-t-elle devenir d’ici quelques années un continent majeur du football à égalité avec l’Europe et l’Amérique du Sud ? Sans doute, et il se pourrait bien que d’ici une quinzaine d’années, une équipe nationale africaine remporte la Coupe du Monde de football.

Pour ma part, je pense que c’est exclu pour 2010 et même 2014. Mais après ? Une chose est sûre, les joueurs africains sont de plus en plus nombreux à faire le bonheur des grands clubs européens et, de nos jours, on s’arrache à coups de dizaines de millions d’euros des joueurs comme Drogba, E’too, Essien, Kanouté, Diarra etc. Les clubs européens en sont réduits à demander aujourd’hui, à ce que la Coupe d’Afrique des Nations (la CAN) n’ait lieu que tous les quatre ans, par exemple l’année qui suit la Coupe du Monde et qui précède le Championnat d’Europe. Ainsi les joueurs africains seraient moins sollicités, mais surtout cela éviterait aux clubs qui les ont sous contrat d’être privés de leurs services pendant un mois et demi tous les deux ans.

Cela signifie que les joueurs africains sont devenus au fil du temps indispensables aux grands clubs, et ce n’est pas fini. De plus, si l’on tient compte des joueurs qui ont la double nationalité, notamment en France, et qui ont choisi de porter le maillot de l’Equipe de France plutôt que celui du pays de leurs parents, il y a en réalité un extraordinaire vivier en Afrique qui ne fait que croître et embellir. Je rappelle au passage que si Didier Drogba s’était révélé un peu avant son passage à Guingamp et à Marseille,  il serait aujourd’hui l’incontournable avant-centre de l’Equipe de France aux cotés de Thierry Henry. Avec lui, d’ailleurs, la France aurait gagné à coup sûr la Coupe du Monde 2006. Son cas n’est pas isolé, puisque Kanouté qui joue pour le Mali a été international espoir français.

Cependant, même si les joueurs africains sont devenus des stars au niveau international, ils ne sont pas encore assez nombreux pour pouvoir composer une équipe nationale qui puisse rivaliser en Coupe du Monde avec le Brésil et les plus grandes équipes européennes. Drogba et Yaya Touré sont ivoiriens, E’too est camerounais, Essien est ghanéen, Kanouté et Diarra sont maliens etc. En fait il n’y a que la Côte d’Ivoire, comme quelques années auparavant le Nigéria, qui puisse aligner une équipe qui se rapproche de l’élite mondiale. Elle dispose de 5 ou 6 joueurs de classe internationale ou mondiale (Drogba, Yaya Touré, Kolo Touré, Eboué, Salomon Kalou, Aruna Dindane), mais elle manque de quelques éléments de grande classe à des postes clés, par exemple le gardien de but.

Cela étant, avec la formation dans les clubs européens notamment, elle finira bien par trouver ces joueurs dans les années à venir et là, la Côte d’Ivoire comme le Ghana ou le Cameroun deviendront très dangereux pour les meilleurs. Ils le deviendront d’autant plus que leurs meilleurs éléments n’auront aucune raison de jouer pour l’équipe nationale de leur pays d’accueil, parce qu’ils auront les mêmes perspectives au niveau international avec l’équipe nationale de leurs parents. En clair ils auront un vrai choix pour décider en leur âme et conscience s’ils jouent pour leur pays d’origine ou leur pays d’adoption.

Donc l’avenir du football devrait se déplacer dans les années à venir vers l’Afrique, et c’est heureux tellement ce continent regorge de talents dont ont bien profité les pays européens, et notamment la France. La France aurait-elle remporté tous ses titres sans les joueurs issus de l’immigration ? Certainement pas. Je rappelle simplement que les trois plus grands footballeurs français de tous les temps sont nés de parents d’origine étrangère que ce soit Kopa, Platini ou Zidane. Au passage j’en profite pour redire encore une fois que l’immigration a été et reste une grande chance pour la France,  et pas seulement au niveau du football.

Alors je reviens à mon propos initial : quand un pays africain va-t-il remporter la Coupe du Monde ? Je réponds bientôt. J’en profite aussi pour relever une anomalie, à savoir que si des pays comme le Cameroun, et à un degré moindre le Ghana ou le Nigéria qui ont remporté à plusieurs reprises la CAN, ont brillé en Coupe du Monde, cela n’a jamais été le cas pour l’Egypte. Pourtant les Pharaons détiennent le record de victoires à la CAN avec 6 titres contre aucun, par exemple, au Sénégal qui n’a jamais gagné cette compétition, mais qui a été quart de finaliste de la Coupe du Monde en 2002.

En fait, si l’Egypte n’a jamais brillé en Coupe du Monde, c’est tout simplement parce qu’elle a, pour le moment, trop peu de joueurs qui opèrent en Europe. En revanche, ses meilleurs joueurs opérant dans un ou deux clubs égyptiens ont toutes les facilités pour se préparer pour la CAN, contrairement aux stars évoluant en Europe qui arrivent au tout dernier moment avant la compétition. Ce sont les contraintes du football moderne, mais un  jour l’Equipe d’Egypte ne se contentera pas d’être la meilleure en Afrique et là, les Pharaons pourraient être les meilleurs au royaume du football.

Michel Escatafal

11.02.2008

A propos de la reine Christine...

e019708203357875ba1b067fe51ad346.jpgEn lisant une interview de Christine Arron  dans l’Equipe d’hier, je voudrais revenir sur un sujet, le dopage,  dont on ne cesse de parler dans ces deux sports majeurs que sont  l’athlétisme et le cyclisme. Il est en effet ahurissant de constater l’importance que peuvent avoir ces problèmes de dopage, au point de voir une championne pour qui j’ai beaucoup d’admiration et d’estime, trouver normal que Marion Jones fasse de la prison. Certes cette dernière a conquis nombre de médailles grâce à des produits illicites, mais de là à l’incarcérer parce qu’elle s’est dopée,  il y a un pas que je ne franchirais pas.

Il y a sans doute un moyen beaucoup plus simple de punir les tricheurs, tout simplement en les privant de tous leurs  records et médailles, s’il est prouvé  qu’ils ont  triché. La sanction serait, à mes yeux, suffisante dans la mesure où ils ne pourraient plus exploiter commercialement leurs performances, quels que soient les résultats des procès qu’ils pourraient intenter à leur fédération. Ensuite, si certains ont commis d’autres infractions hors de la piste, le problème ne concerne plus le sport.  En tout cas si j’avais le plaisir qu’elle me lise, je dirais à Christine Arron qu’il faut savoir raison garder.

Pourquoi ? Tout d’abord la prison est une sanction très lourde, sans doute trop lourde pour des faits de dopage dans le sport. Ensuite, quand elle dit que Marion Jones lui a volé beaucoup de médailles olympiques ou mondiales, ce n’est pas tout à fait exact. Elle n’a jamais été deuxième d’une épreuve planétaire avec devant elle Marion Jones. Par ailleurs tous les connaisseurs savent bien que Christine Arron a toujours souffert dans les grandes compétitions d’une mise en action défectueuse. On est d’autant plus à l’aise pour dire cela que lancée, dans un relais, elle est absolument imbattable.

Ce n’est quand même pas pour rien si son palmarès  en épreuves individuelles se limite à une médaille d’or aux Championnats d’Europe en 1998, et à deux médailles de bronze (100 et 200m) aux Championnats du monde en 2005. En revanche, en relais, elle a conquis 5 médailles dont un titre de Championne du Monde(2003) et un de Championne d’Europe(1997) sans oublier le bronze olympique en 2004. Pour être tout à fait objectif, il faut noter que sans elle  la France n’aurait pas obtenu ces 5 médailles en relais. Il suffit de se rappeler sa ligne droite en 2003 au stade de France, où elle avait repris deux mètres à la double championne du Monde Torrie  Edwards.

Donc, Christine Arron doit savoir relativiser ses jugements sur ses rivales, y compris les tricheuses, et je suis d’autant plus à l’aise pour le dire que je suis un admirateur de longue date de cette belle jeune femme. En valeur absolue, tous les spécialistes diront qu’elle est sans aucun doute la meilleure, au moins au niveau de Marion Jones… dopée. Ses 10,81 de Budapest en 1998, en demi-finale, en coupant son effort sur les derniers mètres valaient bien un peu moins de 10,70, soit un temps quasi équivalent aux meilleures performances de Marion Jones.

Alors si je rappelle souvent cette course de Budapest, c’est pour dire qu’un jour ou l’autre elle va remporter enfin une médaille d’or, et pourquoi pas dès cette année à Pékin. Certains diront qu’elle a 34 ans, mais Merlène Ottey avait 36 ans quand elle obtint la médaille d’argent du 200m à Atlanta(1996) derrière Marie-Jo Pérec, et 40 ans quand elle récolta le bronze aux Jeux de Sydney en 2000. Donc, c’est tout à fait jouable pour la Reine Christine, d’autant que n’ayant pas été épargnée par les blessures, elle a sans doute moins couru que Merlène Ortey au même âge. Ce serait tellement beau et mérité de voir notre championne sur la plus haute marche du podium, et ce serait surtout le meilleur témoignage qu’on peut battre les autres sans dopage.

Michel Escatafal

09.02.2008

Le football de plus en plus soumis aux lois de l'argent

1462d4c9fc019494e8979238f927adb1.jpgLe football est capable d’offrir un spectacle magnifique et c’est pour cela que nous l’aimons. Mais il véhicule aussi des travers graves qui, à terme, pourrait faire de ce sport uniquement une machine à fric. Dans ce cas, il finira par mourir de sa belle mort. En disant cela j’exagère à peine, tellement le football est devenu une industrie, où seul comptent le résultat et les bénéfices qu’il génère. D’ailleurs il suffit de voir ce qui se passe dans le pays où il est né (l’Angleterre) pour en être convaincu, au point que même les plus fidèles supporters se posent des questions.

Tout d’abord les places sont horriblement chères. C’est d’autant plus scandaleux que le football est le sport le plus populaire dans le monde. En France, en Angleterre, en Italie ou en Espagne, il y a beaucoup de gens modestes qui vont au stade, et il est certain qu’ils doivent se priver de beaucoup de choses pour suivre leur équipe. Imagine-t-on les sacrifices qu’un ouvrier doit consentir s’il veut  aller au stade avec son fils, voir un match de Ligue 1 en France ou dans les autres pays européens. C’est dément, et en plus le merchandising impose quasiment aux parents l’obligation d’acheter à leurs enfants  un maillot (80 ou 100 euros) de leur club, et ou de leur joueur préféré. Tout cela est détestable.

Ce qui ne l’est pas moins, c’est l’état d’esprit qui règne de plus en plus dans les stades entre insultes à l’équipe et aux supporters adverses, ces insultes pouvant être à caractère raciste, et sifflets au moment des hymnes nationaux pour les matches internationaux. Je sais, on va me dire qu’il s’agit d’une minorité d’imbéciles, mais cette minorité est agissante et elle s’amplifie chaque année un peu plus, le stade servant de défouloir aux excités. Alors on est parfois obligé d’arriver très tôt au stade parce qu’on est fouillé au nom de la sécurité, cela afin d’éviter à tout prix les incidents. Et ce n’est pas du luxe parce que depuis une trentaine d’années, les morts se comptent par centaines dans les stades.

En faisant ou organisant ce type de contrôles, les dirigeants du football se donnent bonne conscience et croient s’exonérer d’autres obligations, comme celle d’offrir le meilleur spectacle au meilleur coût. Apparemment ce n’est pas leur problème, ni leur but. Ce qu’ils veulent c’est gagner le plus d’argent possible,  et pour cela tous les moyens sont bons. D’ailleurs comment en serait-il autrement quand on voit les grands clubs anglais achetés les uns après les autres par des fonds d‘investissements internationaux. Bien entendu ces gens là ne sont pas des philanthropes,  et s’ils investissent dans le football  c’est pour en tirer profit. Rares sont les investisseurs qui sont aussi des mécènes et, de toutes façons, s’ils investissent à fonds perdu cela ne dure qu’un temps et ils finissent par vendre leur club.

Pour revenir aux grands clubs anglais, n’est-il pas choquant de voir certaines équipes composées uniquement avec des joueurs étrangers ? Quelle est la meilleure équipe française actuelle ? Sans doute Arsenal, qui a un entraîneur français et qui compte dans son équipe une demi-douzaine de joueurs ayant un passeport français.  D’autres équipes anglaises ne sont pas en reste, mais pas à ce niveau. Le phénomène est moins important en Italie et en Espagne, mais là on se retrouve avec des clubs qui ont un endettement colossal, y compris auprès de l’Etat, et à qui on ne réclame jamais rien. Pire même, quand ils sont en faillite, comme le Real Madrid il y a quelques années, les pouvoirs publics rachètent leurs installations à des prix qui leur permettent non seulement de payer leurs dettes, mais aussi d’investir dans des installations de même niveau, le restant servant à acheter de nouveaux joueurs, dont une partie cirera le banc, mais que les clubs rivaux n’auront pas.

Cependant, tout cela n’est rien à côté de ce qui attend les Anglais. Les dirigeants des clubs anglais ont en effet en projet de faire disputer quelques matches à l’étranger, comptant pour le classement du championnat, notamment en Amérique du Nord, en Australie, à Dubaï, à Singapour, en Inde  ou en Chine.  Bref, dans des lieux où l’argent coule à flot et où les taxes qui seront prélevées sur ces matches seront quasi inexistantes. Certes, les supporters sont farouchement hostiles à cette idée, mais pas certains managers comme Arsène Wenger (Arsenal) qui estime que c’est une bonne idée. Notre compatriote a semble-t-il tout compris du foot business et c’est bien dommage.

Pour ma part je regrette énormément ces dérives, même si j’ai toujours été très heureux que l’argent circule dans le sport mais à une seule condition, que l’argent soit au service du sport et non l’inverse comme c’est de plus en plus le cas aujourd’hui. Qu’il était beau le temps où les supporters pouvaient s’identifier à leur équipe !

Michel Escatafal

07.02.2008

Ridicule !

1c6af14dbdbdd3ab4e235fc5f473d6cb.jpgCertains vont me dire que le titre de cet article est un peu fort, mais je suis obligé de dire que ce changement de couleur de maillot, qui est passé du bleu au rouge, décidé par le sponsor et la Fédération Française de football (à supposer qu'elle ait eu son mot à dire), est tout à fait ridicule, car il fait fi de l’histoire de nos équipes nationales et de notre histoire tout court. Rappelons au départ ce qu’étaient les Bleus, à l’époque de la Révolution. Ce n’étaient pas des sportifs, mais des soldats qui défendaient les couleurs de la République, notamment contre les Vendéens (en 1793) qui leur ont donné ce nom à cause de la couleur de leur uniforme. Déjà !

La tradition se poursuivra de manière plus pacifique dans le sport, et les différentes équipes de France opèreront toujours en bleu, sauf obligations protocolaires, jusqu’à hier mercredi 6 février. Du coup, l’Espagne qui a l’habitude de jouer en rouge s’est vu  obligée de jouer en jaune, ce qui ne l’a pas empêché de battre l’Equipe de France. Certains y verront peut-être un présage, d’autres se diront qu’à la place de Domenech ils se poseraient des questions. Je ne vais bien sûr pas rentrer dans ces considérations mais je le répète, je n’arrive pas à comprendre pourquoi les Bleus vont devenir les Rouges.

Jusqu’à présent outre les Espagnols, quand on parlait des Rouges, on disait même les Diables Rouges, c’étaient à propos des Belges mais, aujourd’hui,  nos amis outre Quiévrain n’ont de diables que le nom car l’Equipe de Belgique ne fait plus peur à grand-monde. Ou sont passés les Jurion, Van Himst, Houf, Stockmann, Ceulemans ? Parmi les autres équipes évoluant en rouge, il y avait évidemment l’Union Soviétique du temps où cette dernière existait. L’URSS a d’ailleurs eu beaucoup de succès dans les années 50 et 60 (époque de Yachine, Netto, Strelzov, Metrevelli)  puisqu’elle a remporté les Jeux Olympiques en 1956, mais aussi le Championnat d’Europe des Nations en 1960. Les Chinois bien évidemment évoluent aussi en rouge, mais ils n’ont pas encore brillé dans le football, ce qui ne saurait tarder vu leur réservoir potentiel.

Il reste à espérer que les sponsors des autres équipes de France n’imposent pas le changement amorcé par notre équipe de football. Je n’arrive pas à m’imaginer voir le Quinze de France jouer en rouge dans le Tournoi, couleur d’habitude portée par les Gallois. Dans le rugby où la tradition est bien vivace, je suppose et j’espère qu’il sera impossible pour nos Bleus de devenir Rouges. Certes, les Italiens jouent aussi en bleu, mais la Squadra Azzura a toujours joué en bleu depuis 1911 (en hommage à l’époque à la famille royale de Savoie) et ce, dans tous les sports. Donc nous changerons de couleur quand les Italiens viendront chez nous, et j’espère que nous garderons le blanc qui est notre couleur de substitution.

Cela étant, même si nous devions persister dans cette erreur historique,  je resterai quand même supporter des Bleus, pardon des Français. Je souhaite que nous ayons au Championnat d’Europe le même succès qu’ont eu les Bleus en 1984, où nous avions remporté le titre avec un extraordinaire Michel Platini, ou qu’en 2000 avec sans doute la plus grande équipe que nous ayons jamais eue. Je précise en outre que cette fameuse Equipe de France est considérée par beaucoup comme une des plus belles qui aient jamais existé, au même titre que celles de Hongrie entre 1952 et 1956, du Brésil  en  1958 et 1970 et de l’Allemagne entre 1972 et 1974. Une seule de ces équipes, la Hongrie,  jouait en rouge (chez elle) et elle n’a jamais gagné la Coupe du Monde. Cela dit, elle l’aurait gagnée en 1958 sans l’exode en 1956 de ses meilleurs joueurs. Alors bon vent à l’Equipe de France, même en rouge.

Michel Escatafal

05.02.2008

Un très grand champion tire sa révérence

a402c1b079f9c6c38873037524e6c929.jpgLe 100 m en athlétisme a toujours été  l’épreuve reine des Jeux olympiques, et quand un grand champion de la distance arrête sa carrière, inévitablement on parle de lui et de la place qu’il laissera dans l’histoire. Aujourd’hui c’est Maurice Greene qui stoppe sa carrière, après plusieurs années de galère qui auront été finalement les seules tâches de son palmarès. Un palmarès qui en impose et qui permet de le comparer aux plus grands de la discipline. Oh certes, il n’a jamais eu la grâce sur la piste d’un Carl Lewis, ni même d’un Bobby Morrow, mais il se montrait diablement efficace sur la piste, ce qui a été largement suffisant pour lui permettre de dominer le sprint mondial à la fin des années 90 et au début des années 2000.

Le souvenir qu’il laissera sera surtout celui de quelqu’un qui « roulait les mécaniques » parce que, finalement, il savait qu’il n’aurait jamais l’aura de quelques uns de ses plus grands prédécesseurs, à qui il pouvait parfaitement se comparer sur la piste. Même son surnom « le pitbull » avait un coté péjoratif, alors que selon plusieurs de ses collègues c’était un garçon charmant, pour qui l’amitié et la fidélité n’étaient pas un vain mot. Ainsi, il aura quasiment passé toute sa carrière avec le groupe d’athlètes (HSI) de John Smith , son entraîneur. Parmi ceux-ci figuraient notamment Ato Boldon qui fut Champion du Monde du 200m et médaille d’argent du 100m en 2000 aux J.O. de Sydney.

Il y a aussi autre chose qui lui sera reproché à demi-mots cette fois, à savoir sa masse musculaire impressionnante suspecte aux yeux de nombreux observateurs. Pour ma part, je ne lui ferai pas ce reproche dans la mesure où, contrairement à beaucoup d’autres, il n‘a jamais été pris à un quelconque contrôle antidopage. Maurice Greene a gardé tous ses records du monde (50 m, 60m et 100m) et toutes ses médailles, et je pense que c’est justice parce qu’il était tout simplement le plus fort. D'ailleurs que ses adversaires aient été dopés ou pas, il les a tous battus. N’oublions quand même pas qu’il a remporté 2 médailles d’or olympiques (100 m et 4X100m en 2000) et 6 médailles du même métal au Championnats du Monde en 1997, 1999 et 2001. Surtout, il a réalisé le triplé en 1999, en remportant le 100, le 200 et le 4X100, réservé aux seuls très grands comme Jesse Owens (J.O. de 1936), Bobby Morrow (J.O. de 1956), Carl Lewis (J.O. de 1984) ou Justin Gatlin l'an passé aux Championnats du Monde . Il figure en bonne compagnie !

Il aurait même pu faire encore mieux si en 2000, à l’apogée de sa forme, il n’avait été privé de disputer le 200 m aux Jeux Olympiques à cause d’une blessure survenue au cours des sélections américaines, dont tout le monde sait que le système de sélection est impitoyable. Ce n’est pas en France que nous verrions cela en athlétisme, nos athlètes refusant pour la plupart de disputer les Championnats de France pour ne pas interrompre leur préparation. Il est vrai que l’élite n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. Cela dit pour revenir à Maurice Greene, il n’a pas eu la chance de Bobby Morrow en 1956, qui avait vu ses meilleurs opposants Jim Golliday, Dave Sime et Leamon King, être éliminés sur blessure ou en être en méforme aux moment des sélections pour les Jeux Olympiques.

Ce rappel historique indique à quel point une carrière tient à peu de choses et Maurice Greene, malgré les « pépins » inhérents à l’activité qui était la sienne, a su tenir le cap jusqu’à ces deux dernières années. Sa carrière aura été très longue pour un sprinter,  plus de 10 ans, et il aura réussi à traverser sans encombre toutes les adversités de son époque. Il aura donc marqué l’histoire de l’athlétisme, et à ce titre nous ne pouvons que lui témoigner notre admiration.

Michel Escatafal

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