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30.01.2008

Mettre en accord les paroles et les actes

 8bcf84e99c66a698b6f8078a4402f92c.jpg« J'attends des nouvelles de l'UCI. Mais je m'attends à payer 45.000 euros, entre l'Agence française (AFLD) pour les contrôles et l'UCI pour le passeport sanguin. Contre rien en 2006. 45.000 euros, c'est largement le coût de deux équipes et demie. C'est un système aberrant. En tant qu'organisateur d'une course internationale, je dois payer à l'AFLD pour les contrôles. Dans le même temps, ceux des matches de L1 (football) sont à la charge de l'Etat ! » Voilà ce que disait Thierry Cazeneuve l’organisateur du Critérium du Dauphiné Libéré, une des plus belles épreuves du calendrier cycliste international depuis 60 ans, remportée par la plupart des plus grands champions de l’histoire du cyclisme ( Bobet, Anquetil, Merckx, Hinault, Lemond, Indurain, Armstrong…).

Le plus grave dans cette affaire, c’est que l’organisateur va se voir contraint de refuser la participation de l’équipe Agritubel, celle de Christophe Moreau notre meilleur coureur actuel et…vainqueur l’an passé. Tout cela parce que financièrement, avec l’augmentation des coûts de la lutte antidopage, il fera des pertes s’il aligne plus que les 18 équipes du Pro-Tour. Or Agritubel ne fait pas (encore) partie des équipes du Pro-Tour. C’est aberrant !

Bien entendu, je fais partie de ceux qui souhaitent un sport propre, mais je ne peux que m’indigner quand je vois que l’Etat prend à sa charge les contrôles des matches de football et pas ceux du vélo. Pourquoi cette anomalie alors que tout le monde reconnaît, y compris au plus haut niveau de l’Etat, que le Tour de France par exemple est un monument national suivi par les médias du monde entier, ce qui est loin d’être le cas du championnat de France de football qui n’intéresse pas grand monde à l’étranger.

De plus, ce système « deux poids, deux mesures » est d’autant plus aberrant que, comme je le dis souvent, le cyclisme est à coup sûr le sport qui fait le plus dans le cadre de la lutte contre le dopage. Il suffit de voir le nombre de grands champions pris dans les mailles des contrôles pour en être convaincus. Alors pourquoi le cyclisme doit payer à l’Agence Française de Lutte contre le Dopage pour diligenter des contrôles et pas le football, alors que ce sport est déjà hyper médiatisé et réalise des milliards d’euros de recettes en tous genres ?

Dire cela ne signifie nullement que j’en veux au football, sport que j’aime énormément, et ceux qui me lisent régulièrement le savent. Cela étant je m’indigne d’entendre les pouvoirs publics souhaiter que le sport soit débarrassé du fléau du dopage et ne pas accorder les mêmes facilités à tous les sports. En fait, je finis par croire que le Ministère des Sports n’a pas les moyens de ses ambitions, ou plutôt ne veut pas se les donner, d’où cette sélectivité dans l’aide à la lutte contre le dopage. Il est quand même stupéfiant, si j’ose employer le mot, de privilégier la fédération qui brasse le plus d’argent au détriment d’autres beaucoup moins riches, qui ont fait de la lutte contre le dopage leur priorité.

Bien entendu, le courroux de Thierry Cazeneuve et l’éviction probable de l’équipe Agritubel ne seront sans doute pas suffisants pour convaincre l’Etat français de mettre la main à la poche, pour permettre de mieux lutter contre le dopage dans le sport, dans tous les sports. La France souffre déjà de très lourds déficits comme l’a reconnu récemment Nicolas Sarkozy en disant que les caisses étaient vides. Il n’empêche, il y a quand même des priorités pour un gouvernement, et le sport en est une aux dires de tous les membres du gouvernement.

Alors pourquoi ne pas mettre en accord les paroles et les actes, d’autant que le secrétaire d’Etat aux Sports est quand même bien placé pour savoir les dangers que le dopage fait courir aux jeunes. Il est vrai qu’il est tellement plus facile de voler au secours de la victoire, en envoyant des félicitations quand les Français gagnent, plutôt que mettre en œuvre des mesures de santé publique, certes moins médiatiques mais tellement plus essentielles.

Michel Escatafal

27.01.2008

Un week-end qui aurait pu être tellement beau

6723c2878d1087589276def99feb2438.jpgAdieu veau, vache, cochon, couvée…Ce qui s’est passé cette fin de semaine me fait effectivement penser à la fable de La Fontaine, La Laitière et le Pot au lait. Ici même, sur ce site, je pensais que nous allions vivre un week-end de rêve avec Loeb, Tsonga et le double Clément-Llodra, Mourey, l’Equipe de France de hand-ball. Résultat, à l’exception de Sébastien Loeb qui est vraiment le meilleur rallyman de sa génération et sans doute de tous les temps, tous les autres ont été battus. Pire même, un parmi eux (le cyclo-crossman Mourey) n’a même pas pu défendre ses chances jusqu’au bout car il est tombé.

Heureusement donc, il y a Sébastien Loeb pour éviter de parler de Bérésina pour nos sportifs en ce dernier week-end de janvier. Loeb est actuellement seul au monde sur la planète des rallyes que ce soit sur asphalte, sur terre, et sans doute maintenant sur neige. Bref, il était déjà le plus fort à l’époque où il affrontait Sainz, il l’était toujours du temps où Gronhlom courrait, et il le sera sans doute plus que jamais maintenant que son  meilleur ennemi s’est retiré de la compétition. En plus, si l’on regarde la performance de son coéquipier (Sordo) il semble que la Citroën C4 soit déjà au dessus du lot. Notre superchampion n’avait pas besoin de cela.

Et les autres ? Nous avons déjà parlé de Mourey qui a chuté dans le Championnat du Monde de cyclo-cross. Tsonga a bien débuté avec le premier set en poche, mais en fait à partir du début du 3è set, on avait l’impression qu’il était redescendu de son nuage. Je ne sais pas pourquoi, mais quand je le voyais mettre des coups droits décroisés un mètre dehors, j’étais très inquiet. En fait comme tout le monde j’y ai cru quand même au 4è set, car Djokovik avait l’air très fatigué. Ce joueur serbe a l’air très bon, mais je ne suis pas certain que son physique soit à la hauteur de son revers, et disons plutôt de son talent naturel. Quand au double Clément-Llodra, on attendait mieux de sa part.

L’Equipe de France de hand-ball a pour sa part perdu son titre, mais elle n’a pas démérité loin de là. Un but a suffi pour envoyer la Croatie en finale. La France aux dires des connaisseurs, que je ne suis pas, était sans doute un peu supérieure à cette équipe de Croatie, sauf que les Croates sont capables du meilleur comme du pire. Si Tsonga avait eu la même réussite contre Djokovik qu’il a eu contre Nadal, il aurait gagné. Avec des si…Cela étant, les Français ont bien fini leur tournoi avec une médaille de bronze. C’est déjà bien, même si nous sommes déçus.

Ces Croates sont, ne l’oublions pas, les enfants et les petits-enfants de l’école yougoslave, toujours excellente dans les sports d’équipe. Les moins de 20 ans n’ont pas eu le loisir de connaître la Yougoslavie, puisque celle-ci a cessé d’exister à partir de 1991. Mais auparavant, elle avait eu une équipe Championne du Monde en basket, mais aussi en volley-ball et en hand-ball. Il n’y a qu’en football où la Yougoslavie n’a jamais rien gagné, sauf un titre olympique en 1960, mais elle a été en demi-finale de la Coupe du Monde en 1962 avec une armada de joueurs tout à fait remarquable. Parmi ceux-ci, nous citerons Durkovic qui a joué à Saint-Etienne, mais aussi Kovacevic, Galic, Sekularac et Josip Skoblar qui fit par la suite les beaux jours de l’OM. Ils furent aussi 2 fois finalistes de la Coupe d’Europe des Nations (aujourd’hui Championnat d’Europe) en 1958 et en 1968.

Voilà ce que m’inspire à chaud, si j’ose dire, ce week-end. Finalement, il est un peu à l’image du sport français, capable de coups d’éclat retentissants  mais s’inscrivant rarement dans la durée, à la notable exception de quelques cracks comme Anquetil, Killy et Périllat, Morelon, Hinault, Prost, Marie-José Pérec, Florian Rousseau ou Laure Manaudou, sans oublier l’Equipe de France de football entre 1998 et 2001.

J’en oublie certainement, notamment des escrimeurs et des judokas, mais c’est ainsi malheureusement. Et comme si le week-end que nous vivons n’était pas assez triste, je viens d’apprendre que Ladji Doucouré est obligé de faire une IRM pour son genou, suite à une chute dans une compétition américaine de second ordre. Décidément quand ça ne veut pas sourire… Cela dit, gardons quand même le moral car le Tournoi des 6 Nations va commencer et nos joueurs vont le gagner.

Michel Escatafal

25.01.2008

Un week-end chargé… de bonheur!

64bdd6e36c73d0564309f8a7ffa7eeca.jpgAvec un peu de chance le sport français va vivre un week-end exceptionnel avec Loeb au rallye de Monte Carlo, Tsonga en finale à Melbourne, Mourey au Championnat du Monde de cyclo-cross et l’Equipe de France de hand-ball qualifiée pour les demi-finales du  Championnat d’Europe. Ouf !

Pour Sébastien Loeb tout a déjà bien commencé au Monte Carlo puisqu’il est en tête avec une bonne petite avance après 5 spéciales. A priori, sauf pépin toujours possible en sport automobile, il y a de bonnes chances de le voir gagner, d’autant que son principal rival est son coéquipier. Pour Tsonga, ce sera sans doute plus difficile, mais s’il joue comme il l’a fait contre Nadal, tous les techniciens affirment qu’il devrait gagner. Quelle magnifique aventure en tout cas pour le tennis français en Australie, avec des compatriotes présents dans les finales en simple et en double (Clément et Llodra). Restent  Mourey et l’Equipe de France de hand-ball.

Pour Mourey, cela ne sera pas facile, mais d’une part il est grande forme et d’autre part le parcours ne le désavantagera pas. Par ailleurs, il ne partira pas vraiment avec l’étiquette de favori contrairement à son principal rival Boom qui vient de remporter 2 victoires coup sur coup. Alors Mourey Champion du Monde de cyclo-cross? Peut-être,  d’autant que la France attend cela depuis 12 ans avec la victoire de Dominique Arnould. Cela fait effectivement une éternité pour un pays qui a eu dans les années 50, un des plus grands champions de tous les temps avec André Dufraisse (5 fois Champion du Monde entre 1954 et 1958).

Reste enfin l’équipe de France de hand-ball. Cette équipe est de loin celle qui a rapporté le plus de titres au sport français dans les sports collectifs. Les Français ont été 2 fois Champions du Monde, Champions d’Europe et médaillés olympiques. C’est d’ailleurs une des plus fortes  probabilités  de médaille aux prochains Jeux Olympiques à Pékin. Quel dommage que dans notre pays, qui n’est pas vraiment une nation sportive, on ne fasse la part belle qu’aux sports dits médiatiques. Du coup, on ne voit quasiment pas de hand-ball à la télévision, pas plus d’ailleurs qu’on aurait vu la finale des Internationaux d’Australie si Tsonga n’avait pas été en finale. On comprend pourquoi nos meilleurs joueurs de hand-ball s’expatrient en Allemagne ou en Espagne, car là-bas au moins ils sont considérés à leur juste valeur.

Voilà donc un petit résumé du week-end, peut-être fabuleux,  qui attend ceux qui aiment le sport. D’ailleurs, c’est en cela que les vrais sportifs ont de la chance : ils sont heureux quand leur équipe gagne ou leurs coureurs, leurs joueurs, leurs nageurs, leurs athlètes, leurs patineurs, leurs boxeurs etc. Tout est bon pour faire de ces rencontres, de ces tournois, de ces compétitions une fête. C’est d’autant plus vrai que le sport peut offrir des joies universelles, car on peut apprécier aussi des sportifs d’autres équipes ou d’autres nationalités.

Si on me demande de citer un pilote de F1, je pense que le premier nom qui me viendra à l’esprit sera celui de Senna, même si j’étais très heureux quand Prost était devant lui. Pareil pour un cycliste, je crois que je citerai Fausto Coppi ce qui ne m’a jamais empêché d’être un fan absolu de Roger Rivière, Bernard Hinault, Laurent Fignon ou Laurent Jalabert. En ce qui concerne le tennis, j’ai toujours eu une admiration sans bornes pour Connors ou Mac Enroe, même si j’étais supporter de Noah quand il jouait contre eux.

Toujours à propos de tennis, pour la première fois depuis son accession au sommet, je me suis « presque » réjoui de la défaite de Federer,  en me disant que Tsonga pourra plus facilement dominer Djokovik  qu’il ne l’aurait fait avec Federer, à cause de son statut d’indiscutable n° 1. Et pourtant, j’ai beaucoup espéré que Roger Federer  gagne Roland-Garros et qu’il réalise ce grand-chelem qu’il aurait tellement mérité. Et oui, c’est tout cela le sport et c’est ce qui fait sa grandeur. Il est simplement dommage que cet état d’esprit soit bafoué de plus en plus souvent, notamment dans le football, par quelques supporters imbéciles qui n’ont d’autre objectif en se rendant au stade qu’insulter  et vilipender l’équipe adverse et ses supporters… parce qu’ils ne soutiennent pas la même équipe qu’eux.

Michel Escatafal

23.01.2008

A propos du mercato...

cdfa94e54ad65006c3db08ed15fc741e.jpgOn ne peut pas écouter une émission sportive en ce moment sans que l’on parle du mercato de football. Donc, première question : à quoi sert ce mercato ? Réponse, le plus souvent à pas grand-chose, même si parfois il permet à un joueur de « rebondir ». Il permet aussi à certains clubs de se renforcer à bon marché, avec des joueurs qui ne jouent pas et qui veulent se relancer. Parfois, ces joueurs changent de club dans le seul et unique but de conserver leur place en Equipe de France.  Ce fut le cas par exemple de Dugarry en 1997, quand ayant participé à seulement 7 matches en 1997 avec Barcelone, de surcroît à un poste qui n’était pas le sien, il décida de quitter le F.C. Barcelone pour rejoindre l’Olympique de Marseille.

Ce fut une bonne décision, puisqu’il participa finalement à la Coupe du Monde 1998, ce qui lui valut d’être la même année  Champion d’Espagne et Champion du Monde. C’est ce qui s’appelle une saison bien remplie, alors qu’elle avait pourtant commencé sur de mauvaises bases. Cependant, tous les joueurs n’ont pas le talent, ni la réussite de Dugarry et beaucoup de joueurs ayant changé de club en milieu d’année l’ont fait sans grand succès. Espérons pour l’Equipe de France, que Lassana Diarra qui vient d’être transféré à Portsmouth en provenance d’Arsenal, où il était barré par un autre Français Flamini, trouvera dans son nouveau club les conditions pour sa pleine réussite et surtout jouera. Dans ce cas, il aura de grandes chances de participer à la phase finale de L’Euro en Suisse et Autriche.

L’histoire de Diarra me fait penser à celle de nombreux footballeurs décidant de quitter leur club (français ou autre), dans lequel généralement ils sont titulaires, pour arriver dans un club plus huppé, mais où règne une concurrence souvent féroce. Certes, la situation n’a rien de déshonorant d’être remplaçant à Chelsea, Liverpool, Arsenal, au FC Barcelone, au Real Madrid, à l'Inter ou l'AC Milan ou à la Juventus. Simplement, c’est une situation peu facile à accepter quelque soit le statut du joueur.

Chevchenko par exemple, le Ballon d’Or de 2004, a quitté  l’AC Milan où il était quasiment déifié pour signer un contrat à Chelsea en 2006 qui, certes, est loin d’avoir le palmarès de l’AC Milan, mais qui dispose de moyens financiers considérables. Or qu’arriva-t-il ? Tout Ballon d’Or qu’il fut, Chevchenko a plus souvent été remplaçant que titulaire dans la galaxie de Chelsea, barré qu’il est par Didier Drogba. Il a d’ailleurs quelque peu profité de l’absence du buteur franco-ivoirien pour se remettre un peu en confiance,  avant sans doute de faire à nouveau ses valises l’été venu.

Cela étant, si après avoir été remplaçant pendant deux saisons, on se bat encore pour faire signer un contrat à Chevchenko, il en va différemment pour des jeunes joueurs qui n’ont rien prouvé. Et c’est souvent le cas pour tous ces jeunes gens, souvent internationaux espoirs, qui quittent leur pays pour l’eldorado anglais, espagnol ou Italien. Notre football  fourmille d’exemples de joueurs qui se retrouvent 4 ou 5 ans après en Ligue 2, après être parti à 19 ou 20 ans dans un grand club. Citons pêle-mêle parmi les « grands flops » les noms de Sinama-Pongolle, Le Tallec, Meghni, ou Gourcuff. Tous ces jeunes joueurs talentueux ont gâché leur chance de faire une belle carrière pour être parti trop tôt.

Toutefois, certains joueurs ont bien réussi le jour où ils sont partis, mais il s’agit généralement de très grands joueurs.  Dans le passé, Kopa mais aussi Muller ont très bien réussi au Real ou à Barcelone, Kopa étant même l’atout majeur du Real Madrid avec Di Stefano. Plus tard Michel Platini deviendra l’idole de Turin à la Juventus où s’illustreront aussi Zinedine Zidane, Didier Deschamps ou David Trézéguet. D’ailleurs, la quasi-totalité des champions du Monde et d’Europe de 1998 et 2000, Zidane et Henry en tête, feront carrière dans les plus grandes équipes italiennes, espagnoles, anglaises ou allemandes. Mais tout le monde n’a pas le talent de ces joueurs où de ceux de l’actuelle génération comme Gallas, Abidal, Malouda, Sagnol ou Ribéry. Rien que des grands noms qui auraient pu réussir partout.

En résumé, je souhaite de tout cœur que ces jeunes gens réfléchissent longuement avant de s’engager dans une équipe où la concurrence est de règle,  parce qu’elle possède dans son effectif 15 ou 20 internationaux. Il vaut mieux être bon et jouer à Lens, Saint-Etienne ou Nice, plutôt que côtoyer à l’entraînement les meilleurs joueurs de la planète, sans jamais les accompagner sur le terrain.  Je souhaite aussi que les clubs français fassent les efforts suffisants pour garder leurs meilleurs joueurs, au lieu de les former pour les voir partir peu après contre une bonne soulte d’argent.

N’oublions pas que Didier Drogba voulait rester à Marseille, mais les dirigeants de l’OM ont préféré le vendre pour 34 millions d’euros à Chelsea. Certes, le joueur a acquis une énorme dimension dans son nouveau club, mais qu’a fait l’OM depuis le départ de son attaquant vedette ? La question pourrait se poser aussi à propos de Ribéry. Mais l’OM n’est pas seul dans ce cas. Rappelons-nous aussi les conditions dans lesquelles Bordeaux a laissé partir son trio magique, Zidane-Dugarry-Lizarazu, alors que les joueurs étaient prêts à signer un contrat de longue durée aux Girondins. Combien de temps Bordeaux a-t-il mis pour se remettre de ces départs ?

Michel Escatafal

22.01.2008

Une première sélection très attendue

7d51771345198f0d472c62f4df535757.jpgLa première sélection d’un nouveau sélectionneur est toujours intéressante car elle permet de découvrir généralement les grandes lignes de son action future. Nous disons bien généralement car parfois ce n’est pas le cas. Donc, il vaut mieux ne pas trop se perdre en conjectures sur cette sélection, même si quelque chose nous dit que Lièvremont et ses adjoints semblent bien décidés à préparer dans les meilleures conditions la Coupe du Monde 2011, et à la remporter.

Rappelons une nouvelle fois que la France est la seule grande nation de rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde. Il serait donc temps en 2011 que le Quinze de France répare cette anomalie, d’autant que tout le monde reconnaît que le réservoir de bons joueurs en France est peut-être sans équivalent dans le monde. Alors, avec une ligne de conduite bien définie, avec un mélange à la fois de joueurs expérimentés et très jeunes, on peut légitimement espérer être fin prêt dans un peu moins de quatre ans.

Ce matin nous avons donc eu la première liste de joueurs,  qui auront d’abord pour mission de gagner une nouvelle fois le Tournoi des 6 Nations. Comme il l’avait annoncé, Lièvremont a assuré ses arrières en sélectionnant 11 joueurs qui ont disputé la Coupe du Monde, plus un joueur comme Florian Fritz qui ne fait que retrouver un poste qu’il avait perdu sur blessure. A coté de ces joueurs confirmés, les nouveaux sélectionneurs ont fait la part belle aux jeunes, notamment à des postes (pilier) où la relève sera absolument nécessaire à court terme. Lièvremont et ses acolytes ont enfin  sélectionné une paire de demis flambant neuve, montrant ainsi leur souci de ne pas renouveler les erreurs d’un passé récent.

Par ailleurs, autre élément rassurant, il y a 7 Toulousains et 5 Clermontois dans les 22 sélectionnés. Il est toujours bon de pouvoir s’appuyer sur une ossature de club pour maintenir cohésion et homogénéité. D’ailleurs,  les équipes les plus fortes sont souvent celles dans lesquelles il y une moitié de joueurs d’un même club. Les plus anciens se rappellent de l’équipe de France qui avait pulvérisé les Australiens, les Gallois et les Irlandais en 1958 avec toute la ligne de ¾ de Lourdes, plus l’ouvreur et deux troisièmes lignes. Plus près de nous, les Toulousains ont largement participé aux dernières victoires du Quinze de France dans le Tournoi avec un contingent de 7 ou 8 joueurs dans le quinze de départ.

Le même phénomène se retrouve dans le football, l'exemple le plus flagrant en étant l'équipe de France en Suède (1958) composée aux trois-quarts par des joueurs opérant ou ayant opéré au Stade de Reims. A contrario regardons un peu ce qui se passe en Angleterre. Les meilleurs clubs anglais participent chaque année avec succès aux phases finales de la Ligue des Champions, la remportent de temps en temps, mais leur équipe nationale n’a jamais rien gagné depuis 1966. Cela dit, comment pourrait-on s’appuyer sur une équipe de club en Angleterre, alors que Manchester, Chelsea, Liverpool ou Arsenal, jouent avec des équipes composées parfois uniquement d’étrangers. Le même phénomène commence à gagner le rugby, y compris en France. D’ailleurs, si les nouveaux sélectionneurs s’intéressent à des piliers de 20 ou 22 ans, c’est tout simplement parce qu’il n’y a quasiment plus de joueurs français expérimentés à ce poste.

Raison de plus pour approuver la décision des sélectionneurs de permettre à de jeunes joueurs de s’aguerrir au contact d’authentiques valeurs sûres internationales. Quel beau challenge que celui d’aller défier et battre les All-Black chez eux en 2011. Cela n’est pas arrivé souvent dans notre histoire rugbystique. Il aura fallu attendre le 14 juillet 1979 pour remporter une première victoire en test-match face aux Néo-Zélandais chez eux. Depuis cette date, on a dû gagner une ou deux fois en Nouvelle Zélande et c’est tout. Cela étant, tout le monde pensait que les Français seraient imbattables chez eux en 2007. On connaît le résultat. Donc soyons confiants pour l’avenir,  et soutenons autant que nous le pouvons Marc Lièvremont dans cette tâche difficile, mais ô combien exaltante.

Michel Escatafal

21.01.2008

La naissance d'un crack

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Cette fois on le tient le crack qu’on attendait depuis si longtemps. Je ne sais pas skier, mais je me suis toujours intéressé à ce qui se passe dans ce sport magnifique, quand il est pratiqué à ce niveau. C’est fabuleux de voir dévaler des jeunes gens à près de 140 ou 150 kmh sur une piste de descente. C’est magique de voir les slalomeurs dessiner leurs arabesques sur une pente agrémentée de piquets entre lesquels il faut absolument passer, sous peine de chuter ou d’être disqualifié. Oui le spectacle est magnifique et il est permis de se demander pourquoi, à l’instar de ce qui se passe à l’étranger, on ne voit quasiment jamais de ski à la télévision, hormis les Championnats du Monde ou les Jeux Olympiques.

Cela étant, comme nous ne sommes pas un pays vraiment sportif, la France et ses chaînes de télévision ne s’intéressent à un sport qu’à partir du moment où les Français y brillent, ou alors parce qu’un évènement se passe sur notre territoire. Et encore ce n’est pas toujours le cas, comme nous pouvons le voir en ce qui concerne le handball qui pourtant est le sport collectif qui nous a valu le plus de titres depuis 10 ans. Cela dit, gageons que si Jean-Baptiste Grange continue sur la lancée qui est la sienne depuis quelques semaines, les amateurs de ski vont être de nouveau gâtés et vont voir beaucoup de slaloms.

La France en effet semble enfin avoir trouvé en 2007 le successeur des Killy, Périllat ou Bonlieu, qui furent en leur temps les maîtres du ski mondial. Il reste à souhaiter que chez les féminines on trouve l’équivalent de Marie Goitschel pour compléter le tableau. Si nous faisons ce rappel, ce n’est pas pour remonter le temps, mais pour se remémorer quelques uns des plus beaux succès du sport français depuis une cinquantaine d’années. Et force est de constater que depuis la victoire en descente de Vuarnet aux J.O. de 1960, le ski français a multiplié les exploits au cours de la décennie 60.

Nous citerons simplement de mémoire l’extraordinaire série de succès de Périllat en 1961 où il avait gagné toutes les descentes,  le triplé de Killy aux J.O. de Grenoble réalisé une seule fois auparavant et jamais égalé depuis, sans oublier les résultats des Championnats du Monde à Portillo où les Français avaient gagné 7 titres  sur 8 possibles  avec Marielle Goitschel (3), Annie Famose, Killy (2) et Périllat.

 Sans vouloir enlever un quelconque mérite à ceux qui se sont illustrés plus tard, notamment ceux qui ont remporté une médaille d’or aux J.O. (Carole Montillet, Picard, Crétier, Vidal, Denériaz) ou qui ont remporté la Coupe du Monde (Alphand), la France attend toujours un successeur à ces champions que l’on vient de citer. Or de l’avis des spécialistes, ce successeur devrait être Jean-Baptiste Grange et tous lui voient une carrière à la Thoeni ou Stenmark, maîtres du slalom et du slalom géant dans les années 70, ou Tomba dans les années 90. Effectivement, s’il réalise les mêmes  exploits que ces derniers, alors il pourra entrer dans le Panthéon où siègent Marielle Goitschel, Killy ou Périllat. De plus, la France pourra enfin compter ses médailles aux Championnats du Monde et aux Jeux Olympiques.

Il reste donc à souhaiter que ce jeune homme soit aussi solide qu’il en a l’air, car la pression des médias ne va pas tarder à se manifester. Cette pression, seuls les très grands champions savent parfaitement la gérer. Cela leur permet d’être le plus souvent à l’abri des chutes et des erreurs, surtout dans une spécialité comme le slalom spécial. C’est vrai, il en est du ski comme du vélo : les meilleurs ne tombent pas. Quelque chose me dit que Jean-Baptiste Grange est de ceux-là. La manière dont il a gagné hier à Kitzbuhel en est le parfait témoignage : il gagne la première manche et il contrôle dans la seconde. Bravo l’artiste !

Michel Escatafal

20.01.2008

Le Bordeaux 2008 sera un très bon cru

Et si Bordeaux était Champion de France cette année !  Nous ne disons pas pour cela qu’il s’agit du meilleur cru que les Girondins aient produit, mais il semble que ce soit le cas depuis au moins une décennie y compris l’année où ils ont remporté le titre en 1999. En 2008, l’équipe de Bordeaux c’est du solide, ce qui n’empêche pas de faire du spectacle. Faut-il y voir l’influence de Laurent Blanc, entraîneur depuis cette année, et amateur de beau jeu quand il était joueur ? Sans doute.

En tout cas cela démontre à l’évidence que bien jouer au football peut rimer avec victoire, comme certains techniciens ont l’air de le nier et ce depuis très longtemps. Certes une grande équipe s’appuie toujours sur une bonne défense, mais la prise de risques comme on dit n’est pas interdite. Rares en effet ont été les grandes équipes qui se sont appuyées sur ce que les Italiens appellent le catenaccio pour remporter leurs plus grandes victoires. En fait, je n’en connais réellement qu’une seule, c’est l’Inter de Milan dans les années 60 qui a remporté plusieurs fois la Coupe d’Europe avec un libéro qui se trouvait 10 m derrière ses défenseurs.

Pourtant, sans vouloir jouer les techniciens que je ne suis pas, avec une équipe qui alignait autant de grands joueurs (Facchetti, Burgnich, Guarneri, Picchi, Jair, Mazzola, Suarez, Corso etc.) il aurait été possible à Helenio Herrera, entraîneur à l’époque, de faire une grande équipe davantage tournée sur l’offensive. Les plus anciens se rappelleront sans doute les débats qui avaient lieu à l’époque entre les tenants du système Herrera, et ceux moins nombreux qui souhaitaient un 4-2-4 à la brésilienne avec une défense en ligne. Ceux-là d’ailleurs oubliaient que le 4-2-4 adopté par l’Equipe du Brésil de 1958-1962 était déjà un peu un  4-3-3. Enfin passons, cela nous faisait de bonnes lectures à l’époque.

A ce propos, en France il y avait dans les années 60 au moins une équipe qui avait adopté un système de jeu similaire à celui de l’Inter : les Girondins de Bordeaux qui, pourtant eux-aussi, disposaient de joueurs de grande qualité capables d’offrir le meilleur spectacle.  Parmi ces joueurs, nous citerons Chorda, mais aussi Keita, De Bourgoing, Abossolo ou Robuschi,  tous internationaux français ou étrangers, dirigés par un entraîneur espagnol qui s’appelait Artigas. Cela dit, si cette armada paraissait sur le papier très difficile à battre, elle ne fut pas Championne de France et dut se contenter de deux finales de Coupe de France. Il faudra attendre l’ère Jacquet (déjà) pour que les Girondins décrochent de nouveau un titre de Champion de France en 1984, le premier depuis 1950.

Il est vrai qu’à cette époque les Girondins disposaient d’une très grande équipe qui aurait pu et dû gagner une Coupe d’Europe. Ceux qui ont plus de 30 ans, se rappellent à coup sûr de cette demi-finale retour contre la Juventus de Michel Platini, mais aussi de Boniek, Cabrini, Tardelli, et Rossi, où les joueurs italiens forts de leur victoire 3 à 0 au match aller à Turin, souffrirent mille morts pour arracher leur qualification à la finale de la Coupe d’Europe 1985. Une finale que par ailleurs nous n’oublierons jamais, parce qu’elle fut le théâtre de violences au stade du Heysel à Bruxelles qui firent 39 morts et 600 blessés, symbole ultime de la stupidité humaine.

Oui à cette époque les Girondins avaient une super équipe, sans doute la meilleure de leur histoire avec des joueurs comme Dropsy, Thouvenel, Specht, Battiston, Tusseau, Giresse, Girard, Tigana, Chalana, Lacombe ou Muller qui figuraient tous parmi les meilleurs en Europe à leur poste. C’était aussi l’époque où les Girondins avaient pour président un homme qui aimait profondément le football, Claude Bez, mais qui avait la tête qui avait gonflé au point d’être plus grosse qu’un ballon de foot.

Ce PDG d’un important cabinet comptable avait su convaincre Jacques Chaban Delmas, le maire de Bordeaux à ce moment là, d’injecter ou de garantir des sommes considérables pour le club. Cette politique qui avait donné d’excellents résultats sur le plan sportif, les Girondins accumulant les titres et faisant de beaux parcours en Coupe d’Europe, se révèlera par la suite désastreuse et entrainera le club à la faillite, faute sans doute d’avoir su maîtriser une croissance trop rapide pour un club qui n’avait pas les structures des grands clubs européens. En tout cas, cela a permis à de nombreux bordelais et même aquitains de rêver pendant quelques années.

Le FC des Girondins de Bordeaux se relèvera très vite de cet épisode douloureux de la fin des années Bez, puisqu’avec une équipe de jeunes joueurs extrêmement doués, formés ou arrivés depuis peu au club,  entourés par quelques vieux briscards français ou étrangers, les Girondins iront en finale de la Coupe de l’UEFA.  Parmi ces joueurs, nous en citerons trois qui furent de tous les succès de la grande équipe de France, Championne du Monde et d’Europe entre 1998 et 2000 : Zidane, Dugarry et Lizarazu. Malheureusement le président de l’époque,  Alain Afflelou ne saura pas garder ses joyaux et Bordeaux retombera dans un relatif anonymat, tout juste troublé par un titre de Champion de France en 1999 et une Coupe de la Ligue trois ans plus tard.

Alors cette saison,  c’est peut-être la grande année pour les Girondins. Les joueurs sont de qualité avec un excellent buteur argentin dont on n'a pas fini de parler (Cavenaghi), l’entraineur est jeune mais a une énorme expérience de joueur, les jeunes du club sont bons, voire même excellents. Tous les ingrédients sont réunis pour que Bordeaux soit champion pour la 6è fois. Dans ce cas il faudra savoir garder les joueurs pour bien figurer en Ligue des Champions. Il faudra même que le propriétaire du club, M6, fasse un effort supplémentaire pour améliorer ce qui peut l’être. Cela étant, si les millions d’euros suffisaient pour accumuler les titres européens, il y a longtemps que Chelsea aurait gagné la Ligue des Champions mais, en revanche, le FC Porto n’aurait pas gagné la Ligue des Champions et la Coupe Intercontinentale en 2004. Allez Bordeaux !

Michel Escatafal

17.01.2008

Un si beau record

6c15d248f97e0aec8916b01d20ee9fbe.jpgIl y a des moments magiques dans la vie de toute personne aimant le sport et ce 1er septembre 1990 en fut un. Les Français ont eu de tout temps des sprinters de qualité, surtout à l'échelle européenne. Mais, surtout, ils ont eu depuis le début des années 60 des relais 4X100 m de très grande qualité. Il n'y a pas de secret à cela : les Français sachant qu'ils allaient moins vite que les Américains ou les Jamaïcains travaillaient beaucoup plus leurs passages de témoin. C'est la raison pour laquelle tous les relais français (masculin et féminin) collectionnent les médailles. Alors, on imagine ce que cela donne quand on a un groupe de sprinters très rapides. C'était le cas avec les Français en 1990 avec Marie-Rose, recorman du monde en salle du 200m, avec Trouabal, Sangouma (2è du 100 m aux championnats d'Europe 1990) et Morinière. Tous valaient entre 10" et 10"15 au 100 mètres. Ils étaient trois en finale sur 100m au championnats d'Europe 1990 et Trouabal était 2è sur 200m.
En finale ils affrontaient les Britanniques emmenés par Linford Christie, champion d'Europe du 100m en 1990 et futur champion olympique à Barcelone. Le grand combat devait avoir lieu le dernier jour des championnats pour la suprématie européenne. Ce fut somptueux et quand au sortir du dernier virage Trouabal, qui avait fait un fabuleux parcours au même titre que Sangouma dans la ligne droite, passa le relais à Marie-Rose avec environ 1m d'avance j'ai su immédiatement que c'était gagné. Marie-Rose en effet, comme je l'avais prévu, ne perdit quasiment rien sur Christie et les Français l'emportèrent. Restait à regarder le temps réalisé car on sentait qu'on était allé très vite. Verdict : 39"79, c'est-à-dire le record du monde. C'était tout bonnement un des grands exploits du sport français et pourtant tout ne fut pas parfait au niveau des transmissions.
Les Français confirmeront ce résultat l'année suivante aux championnats du monde, en terminant 2è, médaille d'argent, derrière les Etats-Unis avec le grand Carl Lewis, mais aussi Leroy Burrell, tous deux figurant parmi les plus grands sprinters de tous les temps. Malgré tout ils finirent très proches des Américains, pourtant infiniment plus véloces. Comme quoi le travail paie. Les relais français en ont toujours fait la preuve. D'ailleurs avec 4 sprinters incapables de passer le cap des demi-finales ou quart de finales au championnats du monde de 2005, le relais français avait remporté la médaille d'or du 4X100 m. Cela dit, les Américains avaient été déclassés avant la finale. Cela ramène l'exploit à sa juste proportion, même si cela en fut un d'avoir gagné.
Michel Escatafal

Qui est le meilleur ?

638909379fb683346ee155d29cdbde65.jpgAmateur de cyclisme depuis toujours, j’ai essayé très souvent de faire de savants calculs afin de déterminer quel a été le plus grand champion de tous les temps. Faute d’informations fiables, je me suis ensuite cantonné à étudier le palmarès des coureurs cyclistes depuis la fin de la guerre en 1945 jusqu’à nos jours. Bien entendu, je continue de penser que cette méthode n’est sans doute pas la meilleure, en tout cas elle est peut-être la moins mauvaise.

Il est en effet impensable de comparer des coureurs comme Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain ou Armstrong et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord,  chaque époque a son champion, mais il y a des périodes où les grands étaient très nombreux. Par exemple dans les années 50, Coppi a dû affronter dans les grands tours Koblet, Bobet, Kubler, Magni, sans oublier Bartali même si ce dernier était vieillissant.

 En revanche, à la notable exception d’Ullrich, aucun coureur ne pouvait réellement rivaliser avec  Armstrong sur le Tour de France. Cela dit, à part le Tour de France, que faisait Armstrong pendant le reste de la saison ? Peu de choses si on compare l’activité qu’avaient un Coppi, un Merckx ou un Hinault qui gagnaient des classiques au printemps, le Giro et le Tour ensuite, le Championnat du Monde, le Grand Prix des Nations contre-la-montre, sans oublier le Tour de Lombardie.

A ce propos, si nous devons faire des comparaisons, il faut aussi regarder la variété des victoires remportées. Merckx a gagné tous les grands tours et la quasi-totalité des classiques. Hinault à un degré moindre a les mêmes caractéristiques. Coppi également a remporté les Tours de France et d’Italie et s’est imposé dans quelques grandes classiques comme Milan San Remo, Paris Roubaix ou le Tour de Lombardie. En revanche, Anquetil qui fut le roi des rouleurs n’a gagné que Gand-Wevelgem et Liège Bastogne Liège, soit un palmarès dans les classiques quasiment équivalent à celui d’Armstrong  et légèrement supérieur à celui d’Indurain. Il est vrai qu’à part Merckx et Hinault capables de gagner un sprint massif, les autres cracks manquaient de vitesse à l’emballage.

Autant d’éléments qui démontrent aisément que ces comparaisons ne sont pas faciles, mais qui permettent de se faire une idée comme en témoigne le classement que je vous propose, en précisant que les résultats ne concernent que la route. Sinon, un coureur comme Coppi serait très avantagé avec ses titres en poursuite, car le campionissimo était un très grand pistard tout comme Eddy Merckx. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il a passé une partie de ses plus belles années de jeunesse comme prisonnier ou sur les champs de bataille (de 1942 à 1945). Quel serait son palmarès sans cela ?

Cela dit, pour bien vous montrer que je me jette à l’eau, je vous envoie les résultats de mon "étude" qui donnent quand même de solides indications sur la hiérarchie des coureurs à travers le temps. D’ailleurs qui oserait prétendre que Merckx, Hinault et Coppi ne sont pas un ton au dessus de tous les autres ? Qui oserait contester que Rick Van Looy ait été sans doute le meilleur coureur de classiques ? Qui enfin, peut imaginer que Charly Gaul, l’Ange de la Montagne, et Federico  Bahamontès, l’Aigle de Tolède, n’aient pas été les meilleurs grimpeurs de tous les temps ? Je vous laisse le soin de méditer sur ces affirmations.

Classement des 20 premiers : Merckx, Hinault, Coppi, Anquetil, Kelly, Bartali, Armstrong, Indurain, Van Looy, Gimondi, De Vlaminck, Bobet, Moser, Kubler, Raas, Zoetemelk, Van Steenbergen, Maertens, Koblet, Rominger.

Michel Escatafal

France-Brésil, l'affiche reste toujours belle

Entre la France et le Brésil il y a une union presque fusionnelle en sport. Les deux pays ont souvent été confrontés, notamment dans deux sports hyper médiatisés, le football et la Formule 1. Il se trouve que la France et le Brésil sont deux nations parmi les plus fortes du football. Le Brésil a remporté 5 fois la Coupe du Monde, la première en 1958 en battant en demi-finale l’Equipe de France emmenée par Kopa, mais aussi Fontaine, Piantoni, Vincent, Kaelbel et Jonquet. C’est d’ailleurs lui qui fut le véritable héros (malheureux) de cette fameuse demi-finale qui opposait les deux meilleures équipes de la compétition.

En effet, et cela on l’oublie très souvent, au moment de la blessure de Jonquet son arrière central, victime d’un choc avec Vava l’avant-centre brésilien, le score était de 1 à 1. Cela voulait dire que rien n’était fait, et la manière dont Fontaine avait marqué son but à Gilmar, le gardien brésilien, laissait penser que les Français auraient pu en marquer d’autres si elle avait pu jouer à égalité de chances. N’oublions pas qu’à l’époque, il n’y avait pas de remplacement possible, ce qui signifie que la France a joué à 10 pendant une heure. Imaginons que ce soit l’inverse qui se soit produit et que dans le choc, ce soit Vava qui ait été blessé. On peut penser que les Brésiliens auraient été beaucoup moins dangereux, et que les Français déjà très forts en attaque auraient eu encore plus de facilité pour défier la défense brésilienne. La France aurait sans doute gagné la Coupe du Monde.

Avec des si, on pourrait faire beaucoup de choses, mais la réalité est là. Cela dit, je reste persuadé que si la Hongrie n’avait pas été envahie par les troupes soviétiques en 1956, provoquant l’exil de ses meilleurs attaquants, c’est elle qui aurait gagné la Coupe du Monde en Suède en 1958. Depuis cette époque, il y a eu de nombreux France-Brésil et la France l’a souvent emporté. Par exemple lors de la Coupe du Monde 1986, que nous aurions dû gagner, la France avait éliminé le Brésil aux tirs au but. Qui ne se souvient  du dernier tir de Luis Fernandez prenant à contre-pied le gardien brésilien, et propulsant la France en demi-finale où elle se fera éliminer par l’Allemagne, pourtant beaucoup moins forte. Parions que si la France n’avait pas joué sa prolongation contre le Brésil, elle l’eut emporté.

Bien entendu, nous ne pouvons pas éviter de parler de cette fameuse finale du Stade de France en 1998, où les Français l’emportèrent (3 à 0) avec deux buts de la tête de Zidane. Cette victoire qui fit chavirer tout un peuple dans le bonheur, fut un des deux plus grands succès d’une équipe bâtie par Aimé Jacquet à partir de 1996. Il est même permis de dire que l’équipe qui remporta deux ans plus tard le championnat d’Europe des Nations (en 2000) fut peut-être, au même titre que la Hongrie des années 50 ou le Brésil de 1970, la plus grande équipe de tous les temps.

Il faut noter enfin qu’en 2006, c’est encore une fois l’équipe de France, emmenée par un Zidane des grands jours qui élimina le Brésil de la Coupe du Monde en ¼ de finale, alors que les Sud-américains étaient comme d'habitude les grands favoris de l’épreuve. Au total, si nous regardons bien, il y a bien longtemps que le Brésil ne bat plus la France en compétition officielle.

Et en formule 1, est-ce que la France a souvent battu le Brésil ? En fait les seuls vrais duels entre Français et brésiliens se résument surtout à ceux ayant opposé Prost à Senna entre 1988 et 1990, c’est-à-dire avec des machines identiques ou très proches. Il y a bien eu des duels entre Prost et Piquet au début des années 1980, mais quelle que soit la qualité du pilote brésilien, il se situait un ton en dessous d’Alain Prost, même s’il fut quand même triple champion du monde. D’ailleurs quand il eut à affronter Mansell chez Williams, puis ensuite Schumacher, il eut beaucoup de difficultés. Or Mansell chez Ferrari avec Prost n’exista pas, le Français se montrant nettement supérieur.

D’ailleurs aucun équipier ne résista à Prost durant sa carrière sauf un : Ayrton Senna. Là ce fut un duel atteignant des sommets extraordinaires entre deux des 5 ou 6 plus grands champions de tous les temps. Résultat ? Senna prit nettement le dessus en qualifications, preuve si besoin en était qu’il fut sans doute le pilote le plus rapide qui ait jamais existé (avec peut-être Jim Clark dans les années 60), mais en course en revanche de domination franche il n’y eut pas. Prost était en effet très rapide sur la durée d’une course, et l’écart avec Senna diminuait au fil des tours, sauf si la piste était mouillée. En tout cas, entre 1988 et 1990, Prost fut champion en 1989, Senna en 1988 et 1990, et chaque fois avec un écart de points minime.

Depuis cette époque bénie pour la formule 1, nous n’avons jamais retrouvé de duels de cette intensité et de ce niveau, même si les duels Hakkinen-Schumacher furent parfois somptueux, même si  Alonso-Schumacher ou Alonso-Raikkonen c’est parfois grandiose.  Espérons quand même, pour terminer,  que la France à l’instar du Brésil retrouvera très vite toute sa place dans la discipline. Pour l’instant les Brésiliens peuvent compter sur un top pilote, FelipeMassa, mais aussi sur une valeur sûre, Rubens Barichello,  et un espoir avec Piquet le fils de Nelson. La France pour l’instant n’a qu’un pilote assuré de courir en 2008 : Sébastien Bourdais, quadruple champion de Champ’Car. Espérons qu’il domine son coéquipier dès le début de la saison, d’autant que celui-ci est considéré comme un grand espoir (Vettel), ce qui pourrait lui ouvrir très vite les portes d’une grande équipe.

Michel Escatafal

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